Wednesday, July 25, 2012

Recovering from Psychological-Emotional Trauma?



The entire Lebanese nation is living under extreme circumstances which are much more damaging than a physical war: a continuous psychological-emotional war fueled by most Lebanese and external factors. Emotional and psychological trauma is the result of extraordinarily stressful events that shatter your sense of security, making you feel helpless and vulnerable in a dangerous world.  Traumatic experiences often involve a threat to life or safety, but any situation that leaves you feeling overwhelmed and alone can be traumatic, even if it doesn’t involve physical harm. It’s not the objective facts that determine whether an event is traumatic, but your subjective emotional experience of the event. The more frightened and helpless you feel, the more likely you are to be traumatized. Emotional and psychological trauma can be caused by single-blow, one-time events, such as a horrible accident, a natural disaster, or a violent attack. Trauma can also stem from ongoing, relentless stress. In Lebanon, both cases are to be found. Sick individuals, sick communities, sick nation. Just like Robert Fisk’s book title “Pity the Nation”, or Adnan Houballah diagnosis “Lebanese are caught with the virus of violence, thus continuously traumatized and unable to heal their wounds”.

Following a traumatic event, or repeated trauma, people react in different ways, experiencing a wide range of physical and emotional reactions. There is no “right” or “wrong” way to think, feel, or respond to trauma. Emotional and psychological symptoms of trauma include: Shock, denial, or disbelief; Anger, irritability, mood swings; Guilt, shame, self-blame; Feeling sad or hopeless; Confusion, difficulty concentrating; Anxiety and fear; Withdrawing from others; Feeling disconnected or numb. Physical symptoms of trauma include: Insomnia or nightmares; Being startled easily; Racing heartbeat; Aches and pains; Fatigue; Difficulty concentrating; Edginess and agitation; Muscle tension…

These symptoms and feelings typically last from a few days to a few months, gradually fading as you process the trauma. Still, when there is no recovery process, and the trauma is transmitted from generation to generation, physical violence is most likely to occur. Even when one feels better, he-she may be troubled from time to time by painful memories or emotions—especially in response to triggers such as an event or an image, sound, or situation that reminds him-her of the traumatic experience.

My students always ask me if there is still hope to recover from this dramatic situation and rebound from tragic and shocking experiences, or from experiences that, on the surface, appear to be less upsetting. Even if I am not optimistic anymore - I used to be before I came back to Lebanon from Canada -, there is a slight chance of change. The healing process should occur on both individual and national levels. Lebanese must face and resolve the unbearable feelings and memories they have long avoided. Otherwise they will return again and again, unbidden and uncontrollable. They have to build or rebuild the ability to trust each other, or, it will be too late.

Friday, June 29, 2012

De la télévision et du sexisme : le cas de la série Made in Lebanon ‘Ruby’


Une majorité de femmes libanaises suit religieusement depuis plusieurs semaines la série télévisée ‘Ruby’ ou l’histoire d’une jeune femme issue d’un milieu défavorisé qui use de ses charmes et mensonges pour fuir la précarité.  Voulant comprendre l’étrange attirance qu’exerce ce feuilleton Made in Lebanon, je me suis penchée sur quelques épisodes et en ai analysé le fond. Je livre donc ici les prémices d’une réflexion.

La première fois que j’ai regardé ‘Ruby, l’univers des intrigues amoureuses apparaissait amusant et à la rigueur, offrait l’image d’une féminité assumée, indépendante et ambitieuse. Toutefois, à mesure que l’histoire se compliquait, quelque chose gênait la féministe au fond de moi. Comment accepter de voir des femmes aussi mal traitées, battues et réduites à des femmes au foyer catatoniques ou à des objets sexuels, et toujours comparées à des petites filles inférieures aux hommes dont l’ultime rêve devrait être d’épouser le prince charmant? Comment faire fi des blagues et commentaires condescendants, du machisme érigé en mode de vie et de l’entretien des stéréotypes sexistes? A l’inverse, les hommes dans ‘Ruby’ ont une liberté totale. Ils peuvent mentir, tricher, tromper, traiter les femmes comme ils le souhaitent. Ils ne semblent pratiquement jamais subir les conséquences de leurs actions, même lorsqu’ils violentent leurs conjointes psychologiquement ou physiquement. Que dire également de la hiérarchisation des classes sociales ? Si certaines formes d’oppressions peuvent être vécues par toutes les femmes dans ‘Ruby’, comme la violence conjugale, les ressources dont elles disposent pour y faire face ne sont pas les mêmes : la pauvre et la bourgeoise n’ont pas la même marge de manœuvre au plan économique.

Jouant l’avocate du diable, je me fis croire que cette série décrit la misogynie ambiante du Liban contemporain non pour l’ériger en modèle mais pour mieux la dénoncer. A l’instar de la série américaine ‘Mad Men’. Néanmoins, le rôle des femmes dans ‘Mad Men’ évolue au fur et à  mesure des saisons ; celles-ci naviguent entre le sexisme des hommes qu’elles ont été programmées à intérioriser, et leurs propres pulsions féministes, naissantes ou refoulées. Ces femmes s’affirment comme leaders dans le milieu du travail à la fin de la saison 4. Et si l’ajustement est parfois difficile pour elles, c’est que la société américaine des années 60 ne peut pas changer en un jour mais leur exemple est bien là et leur réussite est un modèle de l’évolution de cette société. Dans ‘Ruby’, plus de 90 épisodes  nous balancent dans un univers d’hommes qui maintiennent leur égo et leur amour-propre, et de femmes lorsqu’insoumises ou souffrant d’une instabilité émotionnelle sont punies (l’exclusion, l’oubli), et vertueuses/soumises sont récompensées (le mariage réussi). De plus, cette série renforce les stéréotypes de l’idéal féminin : la beauté, le dévouement, la tendresse, la douceur, l’attention et le soin à autrui, la disponibilité sexuelle.

La série est définitivement sexiste, mais si le regard qui y est posé est critique, il permet de mettre en perspective la question de la place des femmes dans la société libanaise d’aujourd’hui puisqu’il révèle l’étendue des discriminations toujours bien vivantes et, de ce fait, les luttes à entreprendre. ‘Ruby’ et bien d’autres séries locales ou importées, appellent au débat sur les formes que prend le sexisme médiatique, et à la nécessité de s’opposer au sexisme des médias et dans les médias. Des médias antisexistes peuvent-ils émerger et trouver une audience de masse dans l’état actuel d’un monde médiatique largement soumis aux exigences de profitabilité?