Aux diverses confessions et composantes politiques Libanaises:
nous avons les mêmes gènes!
27 Janvier 2008
Figurines de bronze, communément appelées statuettes phéniciennes,
découvertes à Byblos au Liban (Source: L'Orient-le-Jour)
Le débat sur l'identité Libanaise est constamment d'actualité et constitue le sujet d'innombrables polémiques, tensions et même conflits.
Qui sont les Libanais?
Répondre à cette question - et notamment au beau milieu d'une crise socio-économique et politique et dans un cadre d'attentats meurtriers continuels - n'est pas facile mais ne relève pas de l'impossible. Certains penchent pour une identité exclusivement "arabe", d'autres pour une identité exclusivement "phénicienne", et d'autres encore identifient l'identité libanaise en tant que "plurielle". C'est d'ailleurs mon cas, et tous mes travaux de recherche se concentrent à démontrer la richesse de la diversité identitaire des Libanais, une diversité mouvante, dynamique dans le temps et l'espace, et appelée à édifier des "lieux" de paix - ceux-ci existent, bien évidemment, mais ils devraient être plus nombreux.
Des études historiques, archéologiques, philologiques, linguistiques, etc. ont déjà apporté des preuves à l'appui de la vision d'une identité diversifiée et au carrefour de plusieurs ethnies, religions et cultures. Toutefois, la découverte la plus intéressante et la plus révolutionnaire actuellement est celle de la génétique. En effet, une récente étude effectuée par le généticien Libanais Pierre Zalloua oeuvrant sur l'histoire des Levantins, depuis la Syrie jusqu'à la Palestine, conclue que plus de 30% de la population Libanaise, toutes confessions confondues, possède le gène phénicien.
Mais avant de poursuivre la lecture un peu plus loin, quelques notions de départ sur les phéniciens s'avèrent essentielles:
Source: Wikipédia
Le territoire de la Phénicie correspond au Liban auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie, d'Israël et de la Palestine.
D'origine cananéenne (Le nom de Canaan est extrêmement ancien et semble être apparu au IIIe millénaire av. J.-C. Il s'agissait sans doute d'une terre d'une certaine diversité ethnique avant l'arrivée des Hébreux. Mais dans un contexte ethnique, il semble que les Canaanéens, voisins et proches parents des Amorites, correspondent exactement aux Phéniciens), les Phéniciens étaient un peuple antique d'habiles navigateurs et commerçants. Partis de leurs cités-États en Phénicie, ils fondèrent dès - 3000 de nombreux comptoirs en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage (en - 814). Rivaux des Mycéniens pour la navigation en Méditerranée à l'époque archaïque (IIe millénaire av. J.-C.), les Anciens s'accordèrent cependant à dire qu'ils furent les meilleurs navigateurs de l'Antiquité.
L'invasion des Peuples de la Mer va ravager leurs cités, de même que Mycènes et les autres territoires qu'ils traversent, mais c'est ce qui va permettre aux phéniciens de trouver leur indépendance vis à vis des puissances voisines qui les avaient assujetis en ce qu'elles seront elles aussi détruites par ces invasions. La chute de Mycènes en particulier va leur permettre de dominer les mers.
Après avoir supporté les assauts des Athéniens, des Assyriens, de Nabuchodonosor puis de Darius III, la Phénicie disparut finalement avec la conquête par Alexandre le Grand en - 332.
Le nom phénicien leur a été donné par les Grecs qui faisaient ainsi allusion à leur faculté à produire de la pourpre, qui se dit phoinix en grec. Ce nom évolua en latin en Punicii d'où le nom des guerres puniques.
Selon Pline, « le peuple phénicien a l'insigne honneur d'avoir inventé les lettres de l'alphabet ».
Remarque: pour plus de détails, consulter l'article complet de Wikipédia.
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L’étude du généticien Pierre Zalloua fait la lumière sur l’histoire des Levantins, depuis la Syrie jusqu’à la Palestine
Près de 30 % des Libanais de toutes confessions possèdent le gène phénicien
L'article d'Anne-Marie EL-HAGE
(L'Orient-le-Jour, Beyrouth, Liban; 27 Janvier 2008)
Il est désormais établi que près de 50 % des Libanais de toutes confessions habitent le Liban depuis 10 000 ans et qu’environ 30 % de l’ensemble des Libanais sont bel et bien les descendants des Phéniciens. Ces hommes de la mer, grands navigateurs et commerçants ont habité, il y a 4 000 ans, soit bien avant l’apparition des religions chrétienne et musulmane, le littoral méditerranéen et notamment les côtes libanaise, syrienne, palestinienne, tunisienne, espagnole, maltaise et anatolienne. Il est aussi démontré que les Libanais possèdent principalement le gène levantin, cananéen ou phénicien J2, indépendamment de leur appartenance communautaire et religieuse, même si certaines différences minimes ou au contraire certaines ressemblances apparaissent d’une communauté à l’autre, mais aussi d’une région à une autre. Cette caractéristique génétique, également retrouvée dans une grande proportion chez les Cananéens, peuple qui vivait dans les régions littorales, permet d’assimiler les Phéniciens aux Cananéens.
C’est à ces conclusions qu’a abouti le généticien libanais Pierre Zalloua, de la Lebanese American University (LAU), à l’issue de son étude sur le thème « Qui étaient les Phéniciens ? ». Une étude qui apporte désormais une réponse à la question que se posent de nombreux Libanais depuis bien longtemps : « Les Libanais sont-ils les descendants des Phéniciens ? » Entamée en 2002 par le docteur Pierre Zalloua, également passionné d’histoire, en collaboration avec le généticien et anthropologue américain Spencer Wells, cette étude menée sur un échantillon de 2 500 personnes au Levant, dont un important nombre de pêcheurs de Saïda, Tyr et Jbeil, et près de 3 000 personnes dans d’autres régions méditerranéennes, avait pour objectif de confirmer une évidence : celle que les Phéniciens ont effectivement semé leurs gènes dans les régions par lesquelles ils sont passés.
Cette étude, financée par la National Geographic Research and Exploration Society, avait fait l’objet d’une publication dans le National Geographic Magazine. Elle avait même été le sujet d’un documentaire télévisé qui a été diffusé sur la chaîne internationale National Geographic, après avoir été diffusé en prime time aux États-Unis.Deux grands groupes génétiques Quant au procédé utilisé par le généticien, il a consisté, à partir de prises de sang, à étudier les gènes de l’échantillon, exclusivement de sexe masculin. Ces gènes ont été comparés à l’ADN d’échantillons de dents phéniciennes remontant à près de 4 000 ans fournis par des archéologues libanais, ainsi qu’à des échantillons de dents et de peau de la momie phénicienne King Tabnet (le roi des Phéniciens de Saïda), qui lui ont été fournis par la Turquie.
Pierre Zalloua rappelle par ailleurs que deux raisons l’ont poussé à choisir un échantillon essentiellement masculin : la première explication, scientifique, est que « le chromosome sexuel masculin, transmis par l’homme à son fils, ne subit aucun croisement et ne change pas par mutation aléatoire ». On retrouve donc ce chromosome dans toute la descendance mâle. La seconde raison est que « ce sont les hommes qui ont voyagé et qui ont donc semé leurs gènes dans les pays où ils se sont installés ».C’est en identifiant une caractéristique génétique, « le J2, commune à près de 30 % des Libanais, mais aussi aux populations levantines, issues d’une partie de la Syrie et de la Palestine », que Pierre Zalloua a tiré ses conclusions. « Il est aussi clair et net que les régions méditerranéennes, notamment Malte, Chypre, la Sicile et la péninsule Ibérique, regorgent de populations qui ont des origines levantines et qui présentent les caractéristiques génétiques J2 », constate le docteur Zalloua.
En fait, le généticien tient à préciser qu’« il a été possible de retracer la présence de deux grands groupes génétiques qui se sont installés au Liban depuis 10 000 à 18 000 ans environ, mais à 5 000 ans d’écart, et donc bien avant l’apparition des religions » : le gène principal étant le J2, caractéristique cananéenne ou phénicienne. Quant à l’autre grand groupe génétique, il s’agit du gène J1. Quoique moins important en nombre que le J2, ce gène retrace le premier groupe moyen-oriental qui a habité le littoral levantin et qui est venu du Yémen, de la Péninsule arabique et de la Mésopotamie (Bilad ma beyn el-Nahreyn).Bien plus tard, le Liban sera le lieu de nombreuses invasions et la population libanaise sera génétiquement marquée par trois conquêtes, celle des croisés, qui répandront le gène R1B (de nombreux Libanais sont blonds aux yeux bleus, notamment à Tripoli et à Saïda, qui ont directement subi la présence des croisés), celle des Ottomans et celle des peuples de la Péninsule arabique, qui répandront le gène J1, déjà présent au Liban. « Mais ces influences génétiques n’ont pas réussi à noyer le génotype phénicien J2, qui demeure toujours la principale caractéristique génétique retrouvée parmi la population libanaise », tient à remarquer le généticien.
Il observe d’ailleurs que « le pourcentage de ce gène atteint 50 % dans certaines régions, notamment sur le littoral et dans la montagne de Jbeil ».Des similitudes entre les communautésPierre Zalloua refuse de donner de plus amples détails, notamment concernant les différences significatives qu’il a constatées au niveau de l’existence du gène phénicien dans les groupes communautaires. Il se contente de remarquer qu’il existe beaucoup de similitude entre toutes les communautés. « Mon seul message est un message de paix qui s’adresse à tous les Libanais, tient-il à dire. Nos ancêtres ont vécu sur ce territoire il y a 10 000 à 18 000 ans. Qu’ils soient devenus par la suite chrétiens, sunnites, chiites, ou druzes, ils ont tous en commun des origines communes, mais aussi cet attachement très fort à ce petit morceau de territoire à l’histoire si compliquée. La connaissance de leur passé pourrait aujourd’hui aider les gens à avancer et à s’entendre », observe-t-il encore, avant d’ajouter : « Notre patrimoine est très riche. C’est à travers le Moyen-Orient et le Levant que le monde a été peuplé. »
Le généticien ne peut cependant s’empêcher de déplorer « le manque d’intérêt des Libanais à leur histoire ». En effet, si les personnes qui font partie de l’échantillonnage ont participé avec fierté à l’étude, celle-ci semble avoir été fraîchement accueillie dans certains milieux confessionnels et politiques. « Les gens ont peur d’ouvrir des portes qui touchent aux minorités », observe-t-il. Mais cette réticence n’empêche pas le généticien de se fixer de nouveaux objectifs, malgré « le manque de fonds » et « l’absence de généticiens spécialisés pour l’assister dans ses recherches au Liban ». Après avoir finalisé son étude sur les Phéniciens, qu’il envisage de publier dans une revue scientifique, il fait le projet d’entamer une nouvelle étude sur les civilisations arabes, mais aussi d’« aller sur les traces des Phéniciens », par le biais d’un second documentaire.Dans l’espoir que des considérations politico-confessionnelles ne viendront pas entraver les travaux scientifiques du chercheur qui cherche par-dessus tout à prouver que la présence des populations sur le littoral levantin remonte à des milliers d’années.
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Sur l'historique de la recherche de Pierre Zalloua, consulter l'article suivant:
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A Marathon in Athens
By Michèle Chrabieh in Athens
Sunday 27th January, 2008
“You shouldn’t consider that underwears are given”: this is the literal translation of the words of a certain Athenian graffiti maker. Such self-explanatory say engraves the walls of Plaka, the oldest part of Athens. In this parallel and touristically embellished version of Gemmayze (Lebanon), I sipped a caffé latté with my wandering map Apostolis, a peculiar and witty Athenian sent by another of the same species to make the best out of my transit in this Godly city. I was supposed to dedicate the few hours I had to the most touristic areas of Athens; however, I ended up strolling the whole of its center and discovering its essence through the eyes and words of the young yet ancient Apostolis. Surely I visited the Acropolis, but I am not ashamed to say that it didn’t impregnate me as much as the rest of the city.
I walked through Psirri or what Apostolis called the entertainenemt hub of Athens with its neo trendy tavernas and traditional folk music.
I ate at Gevoune Kai Magevouve (literally translated as “I taste and get under the spell”), a tiny family restaurant in Thissio- one of those few remaining outlets characterized by home cooked meals. For those who are familiar with Gemmayze, it is a kind of Le Chef without the warm multilingual greetings of its head waiter.
I drank my Cappucino to get me going in the exquisitely old and partly renovated coffee shop with no name next to Nileos street. I doubt anyone would ever find it without Apostolis as a wandering map.
I discovered Exarkhis, the urban city center with apparently an erroneous reputation of leftist/anarchist, yet the focal point of the offices of the main political organizations.
I drank again to rest my feet and soul in one of the posh and inn places of Athens, The Rosebud. And that, to avoid the overpriced Da Plakka, the joint for the “rich and important”, as per Apostolis’s axiom.
I also walked through Omonia Square and its surrounding streets, the sad and poor section of Athens with the segregated migrants, the drug addicts and the filth.
At last, I ended up my tour in the starting point of my journey in Syntagma Square, where the parliament and the Hotel Grande Bretagne rest.
I am now at the airport of Athens waiting for my flight back home when a close friend’s sms brings me back to the reality of my country “ Fais attention demain cops! Ca s’agite! Kit a rester 1 jour de plus a athenes. Stp!”