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Monday, October 04, 2010

Une nouvelle guerre entre ISRAEL et le LIBAN? Telle n'est pas la question à poser

Il pleut une rafale de rapports ces derniers temps sur la possiblité ou non qu'il y ait une guerre entre Israel et le Liban. Les spéculations sur le vainqueur et le vaincu fusent de partout, ainsi que des analyses des armes qui seraient utilisées, leur efficacité, les tactiques militaires, etc. La quasi-totalité pose toujours la fameuse question de départ: y aura-t-il une nouvelle guerre entre Israel et le Liban? Or, cette question, à mon humble avis, ne devrait pas avoir lieu, du simple fait que le Liban et Israel sont en guerre; une guerre continue depuis des décennies. Le statut-quo à la frontière Sud du Liban n'est nullement synonyme de la paix. La chasse aux sorcières -espions à la solde d'Israel - ne rime pas avec 'relations stables'. Les infractions quotidiennes des eaux et du ciel libanais par l'armée israélienne ne relèvent pas de stratégies conviviales. La haine qui sévit dans les esprits des deux peuples - du moins en leur majorité - ne contribue qu'à ajouter du bois au feu du conflit. La guerre est bel et bien réelle. Elle n'a jamais disparu de la réalité des individus et des collectivités vivant dans ces deux territoires connexes et au sein de leur diasporas respectives. Elle est présente et ancrée dans les mémoires, le vécu, les politiques pensées et pratiquées.

La question qui serait 'posable' - et donc potable' : quand y aurait-il une reprise des combats physiques? Toutefois, les réponses à cette question se situent au stade de la spéculation, ou de la chiromancie. Il est certes probable qu'une guerre physique ait lieu à court ou moyen termes , mais de là à spécifier une ou des dates... Une autre question serait de miser sur la victoire et la défaite de tel ou tel autre parti, mais là aussi les visions sont diverses. Tout dépend du sens qu'on donne à ces termes.

Pour ma part, je suis en attente, tout en poursuivant mon oeuvre dans la construction de la paix. Mon attente, comme celle de bien d'autres individus, est pénible. La confusion entre l'espoir et le désespoir, la joie et la tristesse... Une sorte de no man's land qui serait habité par toutes sortes de créatures étranges, vampires et loups-garous, bonnes fées et lutins... Le comble de l'ironie: lorsqu'on me demande de choisir entre les guerres 'interne' et 'externe'... La guerre au Liban porte en elle est est portée par l'interne et l'externe. L'un ne va pas sans l'autre. Les deux processus/dynamiques/réalités font 'mal', voire très mal, puisqu'interconnectés.

L'attente se prolonge... Comme un veilleur qui attend l'aurore, que celle-ci soit la suite des peines ou le commencement d'une nouvelle ère!

Thursday, August 09, 2007

Self media - War 2006 in Lebanon

L'irruption du "self-media"
dans la guerre de juillet 2006

(Août 2007)
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L’icône et l’islam : Pamela Chrabieh

Émission Second Regard,

3 décembre 2006,

Radio Canada

Un reportage de Jean-Robert Faucher

Merci Robert et à toute l'équipe de Second Regard!

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De Philippe Martin:

'Voici la onzième édition des portraits de blogueurs, avec Pamela Chrabieh Badine'.

On peut trouver l'entrevue sur Dailymotion, Cent Papiers et YULBUZZ.

Merci à Philippe et Christian Aubry!

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Que ne fut ma surprise de découvrir aujourd'hui une étude intéressante sur la guerre de l'information lors de l'invasion Israélienne du Liban en juillet-août 2006. Cette étude est intitulée: " Une illustration de la guerre de l'information: le conflit entre Israël et le Hezbollah de l'été 2006" (février 2007; auteurs: Martial Baudot, Etienne Delcroix, Benoit Huiot, Briec le Gouvello, Matthieu Osada). Je vous fais part ci-dessous d'un chapitre sur le "self-media" tiré de cette étude:
A. La première "bloguerre mondiale"
Vecteurs autant que créateurs d'information, les blogs ont, durant la guerre de juillet 2006, joué un rôle considérable en matière de perception et d'influence. A bien des égards, ils constituent l'élément novateur d'une "cyberwar" proche-orientale dont l'enjeu réside dans la maîtrise des représentations du conflit entre Israël et la branche armée du "Parti de Dieu" (Hezbollah). La guerre de juillet fut perçue par de nombreux commentateurs et journalistes comme "la première bloguerre mondiale", préfigurant de nouvelles formes d'affrontements (...). Bien que les premiers "blogs de guerre" ont vu leur apparition lors de l'intervention américano-britannique en Irak, c'est dans le cadre de la dernière guerre au Liban que l'on a pu observer une intense activité d'une "blogosphère" mobilisée autour de ce conflit armé.
La spécificité et la résonnance souvent importante du média que constitue le blog - et à fortiori le "blog de guerre" - résultent en grande partie de son caractère personnalisé, même intimiste ou narcissique. Témoin direct d'un événement marquant, soucieux de reproduire son propre "vécu" face à la situation exceptionnelle autant que dramatique que constitue la guerre, le "blogger de guerre" adopte généralement une ligne éditoriale jouant sur toute la gamme des émotions (colère, révolte, enthousiasme, espérance, empathie, altruisme...). Parlant volontiers à la première personne, il cherche le plus souvent à faire partager aux lecteurs ses propres perceptions du conflit, sur un mode d'écriture qui se rapproche parfois du journal ou de la chronique quotidienne.
Pour comprendre comment la blogosphère a pu jouer un rôle majeur dans le traitement informationnel de la guerre de juillet et dans la construction des perceptions face à cette dernière, il est nécessaire de rappeler tant les atouts techniques de ce média que la conception de l'information qui préexiste à son émergence et à son succès. Sur un plan technique, le blog offre des capacités importantes en matière d'exploitation de tous les contenus multimédia et permet une publication simple et rapide. Il constitue aussi bien un outil d'information que de communication, son contenu étant susceptible de recevoir des commentaires publiés instantanément par les internautes. Autant d'avantages techniques qui font de ce média un formidable vecteur en matière d'information.
Mais la résonnace des blogs s'explique également par l'approche spécifique de l'information qu'ils véhiculent. L'apparition des blogs peut en effet être considérée comme l'effet d'un certain scepticisme à l'égard d'une information de masse jugée partiale et trop "citoyenne". Une information laissant peu de place aux témoignages directs, au dialogue, aux ressentis personnels, souvent suspectée d'être inféodée à telle ou telle autre puissance ou idéologie.
On retrouve cette approche de l'information dans la blogosphère de la guerre de juillet, au travers des blogs Libanais ou Israéliens traitant du conflit. Cela ne signifie pas que ces "bloggers de guerre" proposent une information objective, imperméable à toute forme de manipulation de l'information ou de propagande partisane. Au sein de cette blogosphère, les aspirations au dialogue entre Libanais et Israéliens cohabitent avec des prises de position très marquées, très loin de l'approche informationnelle du blog comme espace de compréhension et de respect mutuel (...). Cette "guerre des blogs" inaugure une situation assez inédite dans la guerre de l'information: les "cibles" - amies, ennemies ou neutres - que sont les témoins directs du conflit armé, peuvent devenir de véritables acteurs sur l'échiquier informationnel, disposant d'une résonnance et d'une capacité de modification des perceptions non-négligeables. Les blogs Libanais ou Israéliens qui, par la rédaction à la première personne de chroniques de guerre quotidiennes ou la diffusion de photos très dures ou marquantes, ont clairement contribué à la "mise en scène" de la guerre, tout en poursuivant bien souvent des objectifs idéologiques précis. Cette véritable "force de frappe" médiatique et psychologique dont ont disposé des blogs Libanais ou Israéliens, caractérise un échiquier informationnel de plus en plus atomisé et diffus au sein duquel, par voie de conséquence, le risque informationnel est beaucoup plus difficile à maîtriser. Car il est évident que, lorsque de simples individus prennent des photos très dures des victimes des raids Israéliens au Liban, et que ces mêmes photos sont publiées sur les blogs Libanais les plus consultés, suscitant immédiatement des commentaires horrifiés, le coût est lourd en matière de perception pour les Israéliens. Et il est autant plus élevé quand, dans le même temps, les journalistes utilisent ces mêmes informations livrées par les bloggers, avec toutes les problématiques de validation de l'information que ce procédé implique.
Or, il suffit de quelques photos marquantes assorties de témoignages personnels pour rendre inopérante la politique d'influence d'un acteur, pour atteindre durablement son image et décrédibiliser son discours. Une situation périlleuse dans laquelle se sont retrouvées les autorités Iraéliennes, rapidement débordées par des opinions "bouleversées par les images récurrentes des dommages infligés à la population civile Libanaise". Malgré la diversité des lignes éditoriales des différents blogs, il semble qu'Israël a fait les frais de cette "bloguerre", impuissante face à la profusion d'images et de récits accréditant la thèse d'une offensive Israélienne menée sans considérations pour les civils Libanais (...).
B. La blosophère Israélo-Libanaise de la guerre de juillet:
(...) Du côté Libanais, les blogs n'ont pas tous le même contenu, adoptant des lignes éditoriales différentes et poursuivant des objectifs idéologiques variés. Certains ont adopté une tonalité anti-israélienne comme (...) 'Loubnan ya Loubnan', 'My Lebanon', (...), 'Peace4Lebanon' ou 'Lebanon Under Attack' (...). Mais certains bloggers Libanais, bien que dénonçant les raids Israéliens, ont cherché à établir une forme de dialogue entre Libanais, plaidant pour un retour à la paix, parfois même pour certains avec le voisin Israélien. Ces blogs, se voulant non partisans et insistant sur le devoir d'entraide et de soutien entre Libanais, ont quelque sorte assuré un traitement informationnel du conflit venant perturber les stratégies de persuasion des deux belligérants (...): 'Bloggingbeirut', 'Letters Apart', 'Pamela Chrabieh Badine', Chroniques Beyrouthines', 'Pour que le Liban vive'.
D'autres blogs Libanais, comme 'Lebanese Political Journal', 'Coups de coeur, coups de guere', 'The Beirut Spring', ont formulé de vives critiques à l'endroit du Hezbollah (...).
Du côté Israélien, le blog 'Live from an Israeli Bunker' a bénéficié d'une audience particulièrement importante. Conçu par un jeune Israélien de 17 ans depuis un bunker de Haïfa, le blog adopte une posture plutôt pro-Israélienne (...). Il faut également citer le blog 'On the face ' de Lisa Goldman, journaliste israélo-canadienne vivant à Tel-Aviv, et cherche à établir un dialogue entre les différents acteurs du conflit (...).
Cette "bloguerre" Israélo-Libanaise constitue une véritable innovation dans le cadre de la guerre de l'information, dans le cadre spécifique des conflits armés. Si l'enjeu reste toujours le même - la maîtrise des perceptions-, il n'en reste pas moins que c'est la structure même de l'échiquier informationnel qui se trouve modifié, voire même révolutionné, par l'irruption de ces nouveaux acteurs que sont les bloggers; acteurs rencontrant une forte résonnance du fait parfois de leur qualité de témoins directs et de leur manière très personnalisée de diffuser ou de créer de l'information (...).
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Pour plus de détails sur l'étude en question, consulter le document suivant en format pdf.
Consulter aussi:
- "Première bloguerre mondiale", article de 'Libération', 29 juillet 2006.
- R. Girard, La guerre ratée d'Israël contre le Hezbollah, Perrin, 2006.
- Pour une liste exhaustive des blogs Libanais: Open Lebanon et Lebanese Blogger Forum. Côté Israélien: Jblogosphere et Webster.
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Quel avenir pour le Liban ?
L’instauration d’un vrai dialogue interconfessionnel est-elle possible ?
Conférence organisée par la Chaire Islam, pluralisme et globalisation, Initiatives et changements ainsi que le Cercle interreligieux de Montréal, suivi d'une table rondele samedi 28 janvier 2006 à 14hsalle Z-110 du pavillon Claire-McNicoll.
Conférencier invité : Samir Khalil Samir de l’Université Saint-Joseph (Beyrouth).Capsule vidéo (format .mov ; 50 Mo)
Intervenants de la table ronde : Pamela Chrabieh (Université de Montréal), Ali Daher (UQAM), Sami Aoun (Université de Sherbrooke).
La population du Liban se remet encore difficilement de la guerre qui a déchiré le pays de 1975 à 1990. Depuis l’assassinat au printemps dernier de l’ancien premier ministre Rafiq Hariri, et le retrait des troupes syriennes, le Liban vit des turbulences qui laissent craindre la reprise des affrontements meurtriers. Quel avenir attend le Liban? La construction d’un vrai dialogue entre les personnes de confessions religieuses et de cultures diverses est-elle possible? Comment prévenir les violences identitaires?
Remarque: si la capsule vidéo ne peut être visionnée directement, consulter la page-web 'archives' du CERUM (Université de Montréal).
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Ci-dessous un article très intéressant pour mon collègue Aziz Enhaili, publié récemment par Europe 2020:
Les élections législatives de septembre 2007 et l’hypothèse d’un raz-de-marée islamiste au Maroc
01/08/2007
Résumé :
Contrairement aux inquiétudes de la classe politique traditionnelle du Maroc, l’action conjuguée de plusieurs facteurs et acteurs lors des élections législatives de septembre 2007 ferait en sorte que le raz-de-marée islamiste tant redouté n’aura pas lieu et donc l’islamiste Parti de justice et de développement ne pourra rafler la majorité des sièges à la Chambre des représentants.
Dans un contexte de crise économique et de mauvaise gouvernance, les islamistes ne cessent de renforcer leur position face à une classe politique traditionnelle vieillissante et en perte de vitesse. C’est pourquoi, en prévision des élections législatives de septembre 2007, les adversaires du Parti de justice et de développement (PJD) s’inquiètent d’un éventuel raz-de-marée islamiste déferlant sur le pays et permettant à ce parti de rafler la majorité des sièges.
Dans cette étude consacrée à l’analyse de ce pronostic alarmiste, nous partons d’une hypothèse contraire pour affirmer que l’action conjuguée de plusieurs facteurs ferait en sorte qu’il n’y aurait pas de raz-de-marée islamiste aux élections législatives de 2007. Par conséquent, ces consultations nationales ne feraient pas du PJD le parti majoritaire dans la Chambre basse du parlement.
I. CONTEXTE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE DU MAROC
Le PJD est le seul parti islamiste légal au Maroc. Contrairement à son puissant concurrent : le Groupe Justice et Bienfaisance (GJB) qui demeure non reconnu, ce parti reconnaît la légitimité religieuse de la monarchie. [1] Il est présent dans quatre niveaux des institutions politiques du pays : le parlement, les conseils régionaux, les assemblées préfectorales et provinciales, et les conseils municipaux et communaux. Lors des élections législatives de septembre 2002, ce parti a récolté 42 sièges dans une Chambre basse de 325 députés (13%). Il s’y est ainsi classé comme troisième parti et s’est imposé comme la principale force d’opposition.
Depuis ces élections, cette formation islamiste n’a cessé de renforcer sa position dans la société, d’élargir sa base et d’étoffer son membership. Ses congrès nationaux réguliers ont été l’occasion de renouveler, de rajeunir et de « féminiser » son leadership. En face, la classe politique traditionnelle s’est révélée plus que jamais divisée, sclérosée, anti-démocratique et incapable de se renouveler. Ses partis politiques demeurent plus que jamais tenus de mains fermes par des gérontocraties politiques déphasées par rapport à une société très jeune. En plus de cette rupture de générations, cette élite politique se trouve en porte-à faux avec ce qu’elle dit être quand son discours démocratique favorable à la circulation des ressources du pouvoir entre différents groupes sociaux, se trouve contredit par sa propre gestion autocratique et clientéliste des organisations politiques et sociales qu’elle contrôle. En cela, elle partage avec le régime une culture monarchique conservatrice des ressources du pouvoir et peu ouverte à la rénovation effective.
Après un exercice de près de dix ans d’un cabinet de « transition » qui avait soulevé en 1998 beaucoup d’espoir, [2] le pays n’a pas résorbé sa fracture sociale pour cause notamment de crise économique et de mauvaise gouvernance. Il se classe au 125e rang de l’Indicateur du développement humain (2002) des Nations unies. Près de la moitié de sa population âgée de 15 ans et plus est analphabète (49,3%). Plus du tiers de la population (34,5%) est pauvre, avec 14,3% vivant avec $2 par jour. [3] Les rangs des chômeurs, dont ceux diplômés des cycles supérieurs, ne cessent de se gonfler. L’approche un peu plus chaque jour de la date fatidique de 2010, date de la levée des barrières douanières avec l’Union européenne, est appréhendée avec angoisse. Plusieurs secteurs économiques du pays ont le sentiment qu’ils n’ont pas eu assez de temps et de moyens pour se préparer adéquatement à cette ouverture économique. Ils pensent qu’une fois encore ce sont les mêmes groupes sociaux, c’est-à-dire les gros joueurs économiques proches de la Couronne, qui auront plus d’atouts pour éviter le pire ; alors qu’eux se verront amputer de pans entiers de leurs secteurs d’activité, notamment dans le milieu du textile et du prêt-à-porter. Déjà, la concurrence chinoise dans ce domaine a fait du mal à ce secteur. En plus d’avoir raté son rendez-vous avec la croissance et le développement économique, ce cabinet de « transition » n’a pu engager le pays sur la voie d’une réelle démocratisation.
Ce sont ces contextes politique et économique de crise qui expliquent l’inquiétude des adversaires du PJD de le voir devenir parti majoritaire dans la Chambre des représentants au lendemain des élections législatives de 2007. Cette appréhension est également partagée par de nombreux observateurs internationaux en Europe comme aux États-Unis. [4] Mais plusieurs obstacles éloigneront la coupe des lèvres islamistes !

II. LES OBSTACLES AU RAZ-DE-MARÉE ISLAMISTE REDOUTÉ AU MAROC
Il est vrai que ce contexte de double crise n’est pas à l’avantage de la classe politique traditionnelle. Cela dit, l’influence conjuguée de quatre facteurs importants ferait en sorte que le raz-de-marée islamiste redouté se révélerait plus une vue de l’esprit qu’une possibilité réaliste. L’impact prévisible de l’action de ces quatre défis sur les opportunités islamistes n’aura pas les mêmes retombées. Les trois premiers de ces facteurs sont hors du contrôle du PJD alors que le dernier le touche comme structure partisane. Ces facteurs sont la volonté royale, la réaction du « bloc » socio-politique anti-islamiste, la position de son frère-ennemi : le GJB, et la dynamique du PJD lui-même à l’approche des élections.
1. De la volonté royale et de quelques-uns de ses atouts
La monarchie marocaine contrôle les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Permettra-t-elle cette fois au parti islamiste de présenter ses candidats dans l’ensemble des circonscriptions électorales ou le persuadera-t-elle, comme en 2002, de faire preuve d’auto-retenue électorale, en limitant le nombre de ses candidatures et donc des éventuels sièges gagnés par le PJD ? Voudra-t-elle composer avec un parti islamiste puissant et majoritaire à la Chambre des représentants, advenant un hypothétique « raz-de-marée », ou préférera-t-elle priver les islamistes légalistes de leur victoire pour garder, à l’adresse du monde extérieur, une image d’un pouvoir en contrôle de la situation ? Mais que son choix se porte sur l’une ou l’autre de ces deux hypothèses, elle demeurera le dernier arbitre des élections et du remodelage à sa guise de la carte politique du pays. En contrôlant notamment le ministère de l’Intérieur, seul architecte des opérations électorales, son contrôle technique s’exerce à travers, entre autres, le modelage du type de scrutin et du découpage électoral ainsi que du seuil d’éligibilité adopté. Son contrôle du marché électoral renforce cette situation.
Au niveau du mode de scrutin, il semble que celui qui va être adopté sera le même que celui utilisé en 2002, c’est-à-dire celui proportionnel de liste avec le principe du plus fort reste. L’enjeu principal de ce type est essentiellement de faire porter le vote non sur des personnalités locales, fortes de la loyauté de réseaux de clientèle, mais sur les partis et favoriser ainsi l’émergence d’un système politique de partis. Son adoption est censée également pousser les petits partis à se regrouper dans des formations plus grandes et limiter ainsi l’éclatement du paysage partisan, situation qui est à l’avantage des islamistes. Tout comme les partis de la gauche gouvernementale, le PJD, un parti essentiellement de cadres, est favorable à ce type de scrutin car il offre à son élite politique deux avantages principaux. D’abord, contrairement au mode uninominal abandonné qui renforce les chances d’élection des notables, ce type de rechange est de nature à favoriser plus les membres de l’élite d’un parti, et donc du PJD. Ensuite, une fois élus, les membres de son aile parlementaire bénéficieront davantage de possibilités d’intégration institutionnelle et de mobilité sociale, renforçant ainsi un peu plus leur loyauté politique.
Au niveau du découpage électoral, le pouvoir dispose d’un levier d’importance. Il contrôle la date exacte du dévoilement des détails du découpage électoral définitif, l’architecture du découpage et son infrastructure sociologique. Pour un parti d’opposition comme le PJD, connaître le plutôt possible les détails du découpage est très important car une telle information stratégique est cruciale pour préparer sa campagne, connaître la socio-géographie de l’électorat et y adapter son discours électoral. Pour le découpage, la division du pays en circonscriptions plus réduites ou plus larges que celles de 2002 n’est pas un choix innocent. En divisant le pays en circonscriptions plus petites, le pouvoir pourrait rendre plus difficile la tâche d’élection des candidats d’un parti islamiste dont la surface financière n’est pas très importante. Ce facteur pourrait être un handicap important au moment du financement des campagnes électorales de 2007. Par crainte de représailles du pouvoir, la bourgeoisie pieuse pourrait ne pas apporter au PJD les fonds nécessaires pour combler ses besoins. Mais en découpant le pays en circonscriptions plus vastes que celles datant de 2002, la surface des électeurs à convaincre deviendra plus importante encore et exigera par conséquent un investissement plus conséquent en terme de ressources matérielles (locaux de campagne, argent, etc.) et humaines. Comme le PJD ne dispose ni d’armature territoriale à même d’encadrer l’ensemble du pays ni de ressources conséquentes, il lui sera très difficile de joindre le maximum des électeurs potentiels. Aussi, si on choisit des circonscriptions très vastes, la fourchette théorique des candidatures pjdistes se retrouvera inévitablement réduite. Devant une telle situation, les tensions s’exacerberaient au sein du parti entre les candidats à la candidature, encore plus pour les têtes de liste. Une fois la liste pjdiste ficelée, il y aura, par la force des choses, davantage d’appelés que d’élus. Les malheureux déçus pourraient, à leur corps défendant ou intentionnellement, faire le jeu des adversaires du parti islamiste. Ces derniers ne manqueraient pas cette occasion pour exploiter ces tensions internes au PJD et jeter de l’huile sur le feu. Toujours pour le découpage adopté, si le découpage compte plus de circonscriptions rurales qu’urbaines, le PJD, un parti qui s’est révélé en 2002 de profil urbain, verrait ses appuis potentiels largement fondre et une éventuelle majorité de sièges s’éloigner. Si en plus la technique du Gerrymandaring est encore une fois utilisée, l’opposition traditionnelle de l’électorat de circonscriptions urbaines sera « corrigée » par le collage de circonscriptions rurales dont le vote est traditionnellement loyaliste. Enfin, au non-enracinement de ce parti dans le monde rural, s’y ajoutent des facteurs socio-politiques liés à l’histoire même des campagnes, à la formation de leurs élites locales et à leurs rapports avec le centre politique. N’oublions pas que la stratégie adoptée par les rois Mohamed V ( -1961) et Hassan II (1961-1999) pour stabiliser le système politique était basée notamment sur l’alliance avec les élites locales du monde rural. [5] Cette alliance a permis aux notables locaux riches et puissants de faire des campagnes leur chasse gardée, et au pouvoir de faire échec aux visées « révolutionnaires » des classes urbaines montantes. Étant donné le lien organique de ces élites locales conservatrices avec la structure du pouvoir actuel et le renforcement très visible de leur puissance politique dans un monde rural marqué par plusieurs mutations sociologiques, dont le recul des propriétés foncières petites et moyennes au profit de grandes propriétés foncières passées aux mains de moins en moins de propriétaires terriens, [6] les tenants du statu quo politique et social dans les campagnes ne resteraient pas les bras croisés devant l’ascension de l’opposition islamiste. La paupérisation qui s’est de plus en plus renforcée serait de nature à réduire la marge de manœuvre de ces paysans pauvres avec ou sans terre qui seraient tentés de faire alliance avec cette nouvelle force d’opposition montante. Au niveau cette fois du seuil d’éligibilité, moins ce seuil atteindra les 10% des voix pour remporter un siège, plus le paysage politique sera émietté. L’adoption du seuil de 10% serait fatale pour de petits partis de gauche comme de droite. Ce seuil élevé favoriserait plus des partis comme l’Union socialiste des forces populaires (USFP) qui siège au gouvernement depuis 1998, ou le PJD. Un seuil égale ou inférieur à 5% serait d’un grand secours pour les petites formations et enlèverait virtuellement au PJD une somme supplémentaire de voix. Le marché de l’offre et de la demande électorales est un autre facteur qui pourrait nuire aux chances du PJD d’attirer le maximum de voix disponibles. D’abord, si la quantité des offres partisanes est virtuellement illimitée, puisque tout regroupement politique qui remplit les conditions légales exigées pourrait théoriquement se voir reconnu, la demande quant à elle se limite au nombre de voix disponibles sur le marché électoral. Si on retranche les secteurs qui traditionnellement portent leurs voix sur le même parti, la taille de l’offre électorale qui pourrait être captive pour le PJD se retrouve réduite. Si en plus de cela la structure du marché des partis politiques s’enrichit, comme d’habitude à l’approche des élections, par l’arrivée de nouveaux joueurs, les parts islamistes du marché électoral se réduiraient encore davantage. D’ailleurs, deux nouveaux partis à référentiel islamiste attendent leur agrément officiel. Leur arrivée éventuellement juste à temps ne serait pas de nature à rendre service à la stratégie électorale du PJD.
Au niveau politique, le régime politique pourrait le cas échéant mobiliser également son réseau territorial des collectivités locales, la Gendarmerie, les forces armées et son réseau des notables locaux disséminés à travers le pays, pour faire barrage au PJD.
2. Tout sauf le PJD
Le PJD devrait également compter avec une alliance de fait entre des forces sociales, politiques et sécuritaires « laïques » hostiles au projet islamiste. Ces forces pourraient être tentées au besoin de mettre tout en œuvre pour faire échec à la stratégie du PJD et stopper net son ascension électorale. D’éventuels attentats terroristes à l’approche des législatives porteraient à coup sûr un coup sérieux aux chances du PJD. Déjà au lendemain des attentats de 2003 à Casablanca des partis de la gauche gouvernementale flirtaient avec l’idée des sécuritaires d’interdire purement et simplement la formation islamiste. De plus, l’année 2006 a vu Nourredine Ayouch, un homme de publicité proche de la Couronne, fonder le groupe « 2007, Dabba » (2007, C’est maintenant). C’est en fait une association anti-islamiste qui comprend des intellectuels, de richissimes hommes et femmes d’affaires, des lobbyistes et des militants associatifs de divers horizons, mobilisés en vue des élections de septembre 2007, pour faire échec au PJD. Parions que plus le pays s’approche du jour électoral fatidique, d’autres cercles anti-islamistes feront leur apparition.
3. Le frère-ennemi GJB
Pour améliorer ses chances, le PJD aura fort à faire pour convaincre l’électorat islamiste de porter ses voix sur sa liste. Mais pour y arriver, il devra notamment venir à bout de la résistance d’un important mouvement islamiste comme le GJB qui demeure à l’extérieur des institutions politiques légales d’un régime dont il conteste la légitimité. En déclarant déjà son boycott des prochaines consultations de 2007, ce mouvement signifie au PJD qu’il ne va pas donner de consignes de vote en sa faveur. Comme le jeu électoral est à somme nulle, les gains de l’un sont des pertes pour l’autre. Dans ce contexte, le GJB ne pourrait se permettre de renforcer la position de son concurrent. Aussi, un appel en faveur du PJD pourrait être interprété comme une légitimation à posteriori d’un processus électoral considéré d’avance comme illégitime. Dans ces conditions, le PJD ne pourra pas, sauf en cas de miracle, faire le plein des voix islamistes.
4. Le PJD et sa cuisine
La cuisine interne de ce parti concerne quatre éléments qui pourraient nuire à ses opportunités électorales. D’abord, au niveau de son appareil politique, ses liens organiques avec l’association néofondamentaliste Mouvement Unicité et Renouveau (MUR) ne sont pas de nature à rassurer ses interlocuteurs laïcs et une partie de la population traumatisée par les dérives des salafistes marocains et leurs attentats terroristes en 2003 et 2007 à Casablanca. Pour rappel, son canard At-Tajdid avait défrayé la chronique locale en assimilant les terribles ravages du Tsunami dans le Sud-Est asiatique à un châtiment divin, pour, semble-t-il, mœurs dépravées. Plusieurs films et festivals artistiques marocains jugés islamiquement incorrects n’ont pas échappé à son courroux. Les concurrents du PJD pourraient se servir de cette relation organique ainsi que de liens troubles entre certains de ses militants et des salafistes pour semer le doute dans l’esprit de l’électorat sinon pour lui faire peur. À cet effet, ils disposent notamment de plusieurs relais et titres de presse. Ensuite, le deuxième élément qui pourrait nuire à la campagne pjdiste tient en la compétition pour les positions de pouvoir en son sein entre différentes personnalités. À preuve : les luttes feutrées au sein de sa direction entre les représentants du « courant » idéologue (Mostafa Ramid, Ahmed Raïssouni) et ceux du « courant » pragmatique (Saâdeddine el-Othmani, Lahcen Daoudi, Abdelillah Benkirane). Ces luttes ne sont pas de nature à souder les rangs pjdistes. Si l’on se réfère à cet effet à l’histoire contemporaine marocaine, on se rappellera aisément du destin d’un autre parti, dont le prestige, la légitimité, la puissance et la grandeur d’alors n’ont rien à voir avec une jeune formation comme le PJD. Cette formation n’est autre que le Parti de l’Istiqlal (PI) qui, à cause notamment des ambitions insatiables de pouvoir ou de prestige de personnalités fortes conservatrices comme de gauche parmi ses dirigeants, a fini par imploser, perdant ainsi toute possibilité de peser réellement sur le rapport des forces. Encore un autre facteur contraignant pour la marge du PJD réside dans le caractère porté sur le compromis de son nouveau chef Outhmani tout comme le type d’alliances privilégié ou les partis approchés par lui en prévision des élections législatives. Ces éléments pourraient être utilisés par certains cadres islamistes, éconduits au moment du choix des têtes de liste, comme un prétexte pour mener une fronde contre la direction, sinon aller voir ailleurs. La jeunesse de cette formation et donc son peu d’expérience en terme d’intrigues politiciennes pourraient lui jouer des tours. Une question se pose advenant une victoire pjdiste éclatante : cet appareil politique jeune serait-il capable de gérer l’explosion de sa croissance éventuelle ? En raison des limites intrinsèques du PJD, il serait présomptueux d’y croire.
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Si on ajoute à tous ces facteurs endiguants le fait que la gauche chasse sur les mêmes terres que le parti islamiste, c’est-à-dire auprès de la classe moyenne urbaine, il serait très difficile pour le PJD de récolter plus de 25% de sièges (contre 13% en 2002).

III. POUR NUANCER
Si la classe politique traditionnelle s’inquiète assez de la montée du PJD lors des prochaines élections législatives, il ne faut pas croire qu’il s’agit-là d’un parti tout-puissant ou dangereux pour la stabilité des institutions politiques nationales. L’enjeu pour le régime en place demeure encore l’évitement d’une victoire massive d’un parti, quelle que soit sa couleur, ou la formation d’une coalition homogène qui n’aurait pas besoin de l’appui de la Couronne. Ces deux situations pourraient affaiblir le pouvoir de négociation du Palais royal. Pour les autres partis, tout renforcement du PJD se fera à leurs dépens.
Dans ce pays, plusieurs garde-fous relativiseront toute éventuelle victoire islamiste sortie des urnes. Sans revenir sur la nature autocratique du régime et de ses alliances internationales qui font de la monarchie seul détenteur du pouvoir réel, on pourrait se contenter de deux éléments importants : le premier touche la révision constitutionnelle et le rôle de la Chambre haute du parlement ; le second la prérogative du choix du Premier ministre.
Pour que le PJD puisse réellement peser sur le cours des choses, il lui faudrait changer la Constitution. Pour piloter un tel chantier, il aurait besoin de la majorité des deux tiers des députés, majorité nécessaire pour toute révision constitutionnelle éventuelle (art. 98). Aura-t-il assez de force de caractère politique pour s’y engager ? Chose impensable avec un maximum de quart prévisible des sièges. Ses autres adversaires politiques, notamment l’USFP, voudront-ils lui laisser le leadership, eux dont le nom est lié notamment à la saga constitutionnelle depuis plusieurs décennies ? La monarchie gouvernante qui seule peut soumettre directement au peuple tout projet de révision (art. 97), voudra-t-elle d’une révision qui rognerait ses prérogatives ? Dans tous les cas de figure, la forme monarchique de l’État ne peut faire l’objet de révision (art. 100).
Pour la désignation du Premier ministre et sa charge de former le gouvernement, c’est une prérogative royale exclusive (art. 24). C’est pourquoi même si, dans l’hypothèse la plus heureuse, le PJD réussit à enregistrer une victoire électorale éclatante, Mohamed VI pourra, Constitution à l’appui, bouder le pjdiste el-Outhmani et charger, en toute liberté, un autre dirigeant politique ou une personnalité technocrate de former le prochain cabinet. Même si le roi chargeait el-Outhmani de former le gouvernement, il ne faudrait pas s’attendre à un changement de politique générale puisque la définition d’une telle politique relève au Maroc de la seule monarchie qui associe les différents membres du cabinet à sa gestion. En cas d’une surprise miraculeuse, la monarchie dispose d’un garde-fou supplémentaire en la qualité de la Chambre haute, où se retrouvent traditionnellement des notabilités loyalistes à la Cour. Cette Chambre peut dans certaines conditions censurer le gouvernement, prélude à sa chute. C’est notamment pour ces raisons et dans ces conditions qu’il ne faudrait pas s’attendre au moins à moyen terme à ce que l’ordre islamique règne dans ce royaume. En intégrant éventuellement le gouvernement à côté d’autres acteurs politiques, les islamistes permettraient l’intégration de nouvelles catégories sociales qui restent encore exclues du système politique et renouvelleraient ainsi la légitimité du régime. Mais une fois vaincus par l’immensité des défis à relever, ces islamistes loyalistes perdraient une partie de leur appui populaire.

CONCLUSION
En examinant l’action conjuguée de plusieurs facteurs sur les chances électorales du PJD, cette analyse nous a permis de relativiser la portée d’un hypothétique « raz-de-marée » islamiste en 2007. Mais en attendant, et pour mettre toutes les chances de son côté, le PJD devrait soigner son image politique, à l’aide d’une campagne de relations publiques en direction de la monarchie, de la société civile et des puissances occidentales, États-Unis et France en tête, sans oublier le voisin espagnol.
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* M. Aziz Enhaili :
M. Aziz Enhaili est co-auteur de trois ouvrages collectifs, dont deux dirigés par Barry Rubin : Political Islam (Londres : Routledge, 2007) & Global Survey on Islamism (États-Unis, à venir). Il a également publié de nombreux articles dans des revues académiques spécialisées de la Méditerranée (Confluences Méditerranée ; Confronto) et du Moyen-Orient (Middle East Review of International Affairs ; Journal d’étude des relations internationales au Moyen-Orient).

[1] Mohamed Tozy, Monarchie et islam politique au Maroc (Paris : Presses de Sciences Po : 1999).
[2] Aziz Enhaili, « Une transition politique verrouillée (au Maroc) », Confluences Méditerranée, No. 31 (Automne 1999), pp. 57-75.
[3] Ces chiffres sont tirés du Rapport mondial sur le développement humain 2004. La liberté culturelle dans un monde diversifié, PNUD (Paris : Économica, 2004).
[4] Selon un sondage de l’Institut républicain international (International Republican Institute : IRI) sur les probables intentions de vote des Marocains en 2007, le PJD, avec 47% des votes, se place en pôle position (contre 17% pour l’USFP et 12% pour le PI). Cf. Aboubker Jamaï (et alt.), « Demain les islamistes », Le Journal hebdo, (no. 247, 18-24 mars 2006), at : .
[5] Rémy Leveau, Le fellah marocain défenseur du trône (Paris : Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1985).
[6] Rémy Leveau, Le Sabre et le turban : l’avenir du Maghreb (Paris : François Bourin, 1993).

Friday, July 13, 2007

Lebanon Summer War 2006... One year later!

Le Liban et les combats de l'été 2006:
1 an plus tard
12-29 juillet 2007

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L’icône et l’islam : Pamela Chrabieh
Émission Second Regard,
3 décembre 2006,
Radio Canada
Un reportage de Jean-Robert Faucher
Merci Robert et à toute l'équipe de Second Regard!
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De Philippe Martin:
'Voici la onzième édition des portraits de blogueurs, avec Pamela Chrabieh Badine'.
On peut trouver l'entrevue sur Dailymotion, Cent Papiers et YULBUZZ.
Merci à Philippe et Christian Aubry!
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A l'occasion de la commémoration des victimes des combats de l'été 2006 entre Israël et le Liban, les mots me manquent pour exprimer l'horreur vécue, les traumatismes et les destructions massives. Heureusement que des acteurs de la société civile et de la diaspora Libanaises oeuvrent à la construction de mémoires de la guerre. Tel est le cas par exemple à Montréal:

GUERRE au LIBAN: 1 an après A Montréal, une commémoration communautaire de témoignages et réflexions sur l'attaque israélienne de 2006 contre le Liban.
SAMEDI, le 14 JUILLET, à 18h
Centre communautaire Côte-des-Neiges
5347 Côte-des-Neiges, 2ème étage Juste à côté du Métro Côte-des-Neiges
DONS: 0-20$
Témoignages de guerre * Poésie en arabe & anglais / Lectures * Exposition de photos / diaporama * Souper communautaire * Discussions * Micro-ouvert
Un réseau de groupes communautaires et d'organisations montréalaises de solidarité avec le Moyen Orient vous invitent à participer à un événement social important pour se souvenir et réfléchir sur l'attaque israélienne de 2006 contre le Liban, un an après.
La soirée inclura :
* Des témoignages de la guerre et un 'micro-ouvert' : une série de témoignages de personnes ayant vécu les attaques israéliennes sur le Liban ou la guerre à partir du Canada, incluant une prise de parole de Hasan Al Akhras, survivant de la famille Al Akhras dont 11 membres ont perdu la vie le 16 juillet 2006 dans un raid aérien israélien sur Aitaroun, au Sud du Liban. Il évoquera les crimes de guerre d'Israël et les stratégies pour lutter contre l'impunité internationale.
* Exposition de photos / diaporama : des photos des mobilisations montréalaises de l'été 2006 contre la guerre prises par des photographes locaux & des diaporamas d'informations sur l'attaque israélienne contre le Liban par Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen Orient (CJPMO).
* Discussions : cette soirée fournira un espace de discussion, de planification et de construction des résistances locales contre l'attaque israélienne de 2006. Ce sera une opportunité pour les militants locaux de se retrouver, provenant des multiples organisations et groupes locaux ainsi que des milliers d'individus qui s'étaient organisés activement l'été dernier en opposition à l'attaque israélienne contre le Liban et au soutien affiché du gouvernement canadien à la politique israélienne. Cet événement sera aussi l'occasion de discuter de la situation actuelle au Liban, des conséquences du siège du camp de réfugiés de Nahr el Bared qui a abouti à un désastre humanitaire pour des dizaines de milliers de réfugiés palestiniens.
* Souper communautaire : des groupes communautaires locaux, des individus & des restaurants vont fournir des repas pour le souper communautaire, en geste de solidarité avec le travail actuel de soutien aux luttes d' auto-détermination au Liban, en Palestine et à travers le Moyen Orient.
* Poésie en arabe, anglais & français / Lectures de : EHAB LOTAYEF, poète local renommé et militant égyptien de la Coalition pour la Justice et la Paix en Palestine (CJPP) à Montréal, GHADA CHEHADE, poète & doctorante à l' Université McGill, HAYDAR MOUSSA, militant et poète de AJLM, Association des jeunes libanais musulmans, HISHAM ELSALFITI, militant palestinien et membre de la Fondation Canado-palestinienne (CPF).
---> Information sur le contexte: Le 12 juillet 2006, le mouvement de résistance libanais Hezbollah capture deux soldats israéliens dans le cadre d'une campagne de libération de milliers de prisonniers politiques arabes des prisons israéliennes, dont certains y sont enfermés depuis plus de 20 ans. Le jour même, Israël attaque le Liban dans une campagne militaire violente qui a abouti au décès de plus de 1300 civils libanais, à la destruction d'une grande partie de l' infrastructure nationale et à la présence d'un million de bombes à fragmentation non explosées au sud du Liban. Cette campagne militaire israélienne de punition collective déclenchée contre le peuple libanais s' est poursuivie pendant 33 jours jusqu'au cessez-le-feu de l'ONU du 14 août 2006. Alors que des bombes s'abattaient sur le Liban, des militants pour la justice sociale et les droits humains sont descendus dans les rues, de Johannesburg à Londres, du Caire à New York et jusqu'aux rues de Montréal. Face aux nombreux communiqués publics de soutien aux bombardements israéliens contre le Liban émis par le gouvernement canadien qui a qualifié l'attaque de 'réponse mesurée', des milliers de personnes ont immédiatement réagi à Montréal. Des manifestations, des actions directes, des mobilisations spontanées, du travail de pression, des campagnes d'éducation populaire et d'autres actions ont exprimé durant tout l'été 2006 une résistance locale à l'attaque israélienne contre le Liban, représentant une des plus fortes réponses politiques d'une ville en dehors du Moyen Orient. Nombreuses sont les personnes dans la communauté libanaise, et au-delà, à avoir souffert des attaques israéliennes et perdu de la famille, des amis et des camarades.
Venez participer à cette soirée de résistance, de réflexion et de construction communautaire ! Organisé par:
* Association des Jeunes Libanais Musulmans (AJLM)
* Association Al Hidaya
* Tadamon ! Montréal INFO: 514-664-1036

Entretemps, d'autres acteurs de la société civile Libanaise oeuvrent à l'édification d'un comité de dialogue national qui ferait pression sur les principaux partis et leaders du pays. Certes, la tâche est rude, mais elle est louable. Tel est le cas du mouvement de jeunes activistes Ou3a (regroupement de plusieurs ONGs et groupes de jeunes) et de sa campagne de sensibilisation et de conscientisation à un véritable dialogue lequel engagerait les diverses composantes libanaises à cheminer vers la paix et la convivialité. Ci-dessous le contenu de leur appel:

Dear Friends and Partners. Our Country is in Danger… We Need to Act Immediately!

You are all invited to join us at a Press Conference on Friday, July 13 at 10:30 in The Crowne Plaza Hotel, Hamra to raise our voices and pressure the participants in the La Celle-Saint-Cloud dialogue to genuinely engage in a constructive dialogue to bring about an END TO THE POLITICAL DEADLOCK. The press conference is being organized by a diverse group of Lebanese activists, journalists, academics, intellectuals, and members of the private sector, originally brought together by the Ou3a network, in a two-day brainstorming forum on June 20-21.
At the press conference, we will present a series of citizen demands and alternative proposals aimed at achieving this necessary end. A final paper including these demands and proposals is being sent to all of the participants of the La Celle-Saint Cloud dialogue and is attached here in three languages.
We are calling on you to endorse this letter by sending an email by Thursday, July 12 at 24:00, in order to have your name added during the press conference.
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Il est certain que l'action citoyenne et les mouvements sociaux en vue de la paix se heurtent à plusieurs obstacles dont: le clanisme et le confessionnalisme exacerbés, l'ingérence excessive de puissances régionales et internationales, la mouvance croissante d'extrémistes de tous bords (rappelons ici que les combats entre l'armée Libanaise et Fateh el-Islam au nord du Liban se poursuivent et s'intensifient), etc. En outre, la plupart des groupes et des associations se mure dans des tours d'ivoire et est incapable d'édifier des partenariats pour constituer une force majeure de pression. En ce sens, il est souhaitable d'établir le plus grand nombre de liens possibles, qu'ils soient locaux ou transnationaux. L'exemple du mouvement Ou3a répond à ce besoin pressant. A mon avis, il constitue un point de départ qui ne peut être négligé et qu'il faudrait suivre de près, tout en essayant d'y contribuer.
Un an a passé depuis le fameux 12 juillet 2006, et un véritable cessez-le-feu entre le Liban et Israël n'a pas été établi. La situation au Liban est des plus critiques, et ce à plusieurs niveaux dont politique, sécuritaire et socio-économique. Le spectre d'un embrasement de grande envergure est toujours présent, mais aussi, l'espoir d'une solution inter-Libanaise. Un premier pas consiste à se rappeler pour ne pas oublier et pour ne pas commettre les mêmes erreurs du passé. Un deuxième pas complémentaire du premier consiste à opérer une ouverture entre les divers acteurs Libanais. Il ne suffit pas que celle-ci se trame dans les coulisses des leaders, mais elle devrait également inclure toutes les autres composantes de la société Libanaise - et de la diaspora. Sans ce mouvement progressif de solidarité et de convivialité qui prendrait nécessairement du temps et de la persévérance - mouvement qui s'étalerait sur une ou deux générations au minimum -, le Liban ne pourra se relever de ses cendres.
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Le Devoir (Montreal): La tentative d'hégémonie américaine au Moyen-Orient
Mardi 24 juillet 2007.
Hoda Asmar, Historienne, membre de Tadamon! Montreal.

Le 20 juillet, dans les colonnes du Devoir, M. Attali, consul général d'Israël à Montréal, pose la question suivante: «Quel est le point commun entre les nombreuses turbulences que traverse le Moyen-Orient actuellement, qu'il s'agisse de la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, de la lutte pour le pouvoir du Hezbollah au Liban, de l'agitation qui secoue l'Irak ou de l'acquisition prochaine de l'arme nucléaire par une dictature radicale? La réponse est l'Iran.» En réalité, cette réponse serait plutôt: les États-Unis. Lorsqu'on connaît les projets américains de «nouveau Moyen-Orient», agiter la «menace iranienne» constitue une stratégie de diversion qui ne résiste pas à l'examen des faits. Premièrement, l'Iran n'est pas responsable de l'attaque américaine en Irak. Rappelons que, après la Révolution islamique de 1979, celle-ci risquant de se répandre à l'Irak, Saddam Hussein avait lancé une guerre sanglante contre le nouveau régime iranien. La guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans (1980-1988) et a fait environ un million de morts, a été soutenue par les puissances occidentales, États-Unis en tête, qui armaient sans vergogne le régime dictatorial d'un Saddam qu'ils anéantiront un peu plus tard. Que le régime iranien, en tant que voisin, joue un rôle dans la guerre en Irak est une évidence, mais dire que «l'agitation» (qualifier 650 000 morts irakiens «d'agitation» est quelque peu troublant) vient de l'Iran ajoute la désinformation à l'euphémisme. Rappelons encore une fois que ce sont les États-Unis de Georges Bush avec leurs alliés qui ont attaqué l'Irak sous le prétexte de la présence menaçante d'armes de destruction massive (qui n'existaient pas, faut-il également le rappeler?).
Deuxièmement, les conflits qui secouent la Palestine actuellement sont, là encore, liés aux États-Unis (et bien évidemment à Israël). Lors d'élections reconnues comme démocratiques par la communauté internationale en janvier 2006, le Hamas a obtenu la majorité des suffrages dans les territoires palestiniens toujours occupés par Israël. Ouvertement, les États-Unis ont fait savoir qu'ils ne reconnaîtraient que le Fatah (le parti minoritaire) et qu'ils continueraient à le soutenir (comme ils avaient financé sa campagne électorale). Et si de nombreux Palestiniens ont voté pour le Hamas, c'est également pour exprimer leur opposition à cette ingérence impérialiste étrangère (étant donné leur histoire, les Palestiniens peuvent difficilement voter pour un parti soutenu par les Américains.).
Troisièmement, le Hezbollah. Là encore, le consul d'Israël réécrit l'histoire: «L'agression du Hezbollah contre Israël en 2006 a provoqué un affrontement majeur. Sans l'appui logistique et idéologique de l'Iran, jamais le Hezbollah n'aurait osé cette confrontation voulue par Téhéran.» Monsieur le consul ignore-t-il que son propre premier ministre, Éhoud Olmert, a reconnu publiquement que la guerre, déclenchée par Israël, était planifiée depuis des mois? Devant une commission d'enquête officielle, M. Olmert a affirmé que sa décision de riposter à l'enlèvement de soldats par une vaste opération militaire a été prise dès mars 2006, quatre mois avant que n'éclate la guerre au Liban (Haaretz, 8 mars 2007). Alors que les Libanais commémoraient ce 12 juillet le premier anniversaire du début de cette attaque israélienne qui a fait plus de 1100 morts civils (dont un tiers d'enfants) côté libanais, alors qu'Israël poursuit des exactions quotidiennes en Palestine et continue à construire un mur de la honte au mépris de toutes les résolutions internationales, accuser l'Iran d'être l'instigateur d'une «agression» contre Israël est un peu fort!
En outre, le consul d'Israël accuse le Hezbollah de vouloir «prendre le contrôle du Liban». En réalité, les élus du Hezbollah (parti politique légitime au Liban, qui participe aux élections) se sont retirés du gouvernement pour réclamer davantage de représentativité. Depuis la fin 2006, ils n'ont donc plus aucun portefeuille ministériel et ont rejoint l'opposition (composée d'une dizaine de partis) qui réclame (pacifiquement) des changements politiques. La coalition restée au pouvoir, soutenue là encore par les États-Unis et les puissances occidentales, continue donc de diriger le pays. Dans les faits, bien que le Hezbollah soit en partie financé par l'Iran, affirmer qu'il tente de «prendre le contrôle du Liban» est totalement infondé (il n'y a eu ni coup d'État ni agression interne qui puisse être attribuée au Hezbollah dans cette bataille politique). Il est évident que l'Iran joue un rôle majeur dans la politique au Moyen-Orient. C'est un grand pays, une puissance régionale et, en effet, un régime contestable pour de nombreux aspects de ses politiques intérieures et extérieures. Néanmoins, les puissances qui sont responsables, dans les faits, de déstabiliser la région sont les États-Unis et Israël (guerres contre l'Irak et l'Afghanistan, attaques militaires contre le Liban et occupation des territoires palestiniens).
En outre, venant de représentants politiques israéliens dont l'État a mis en place une politique d'apartheid, qui ne se cache plus de posséder l'arme nucléaire, qui est accusé de crimes de guerre par de nombreuses enquêtes au Liban comme en Palestine et qui viole plus de 70 résolutions onusiennes, ces accusations contre «l'axe du mal iranien» font grincer des dents. Le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël n'est un secret pour personne, et les visées américaines au Moyen-Orient non plus. Ces discours de diabolisation de l'Iran sont particulièrement dangereux car ils préparent le terrain à une future attaque contre ce pays, attaque dont les conséquences cette fois ne seront pas régionales mais bien mondiales. Le fait que les néoconservateurs américains ne semblent pas exclure une guerre contre l'Iran, que le régime israélien pourrait encourager, constitue la réelle menace qui pèse aujourd'hui sur le Moyen-Orient.

Monday, April 30, 2007

Guerre du Liban : Olmert coupable

Israeli war report charges Olmert with 'severe failure'
Semaine du 30 avril-6 mai 2007

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L’icône et l’islam : Pamela Chrabieh
Émission Second Regard,
3 décembre 2006, Radio Canada
Un reportage de Jean-Robert Faucher
Merci Robert et à toute l'équipe de Second Regard!
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De Philippe Martin:
'Voici la onzième édition des portraits de blogueurs, avec Pamela Chrabieh Badine'.
On peut trouver l'entrevue sur Dailymotion, Cent Papiers et YULBUZZ.
Merci à Philippe et Christian Aubry!
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Le rapport intérimaire de la commission Winograd critique sévèrement le chef de Kadima, Haloutz et Peretz (OJ, 1er mai 2007)
Plus dures que ce que les fuites avaient laissé filtrer, le rapport de la commission d’enquête sur la guerre au Liban, rendu public hier, critique sévèrement le Premier ministre israélien Ehud Olmert. Celui-ci est notamment accusé par le président de la commission, le juge Eliahou Winograd, d’« échecs sévères dans l’exercice du jugement, de la prise de responsabilité et de la prudence ». Le Premier ministre est « responsable du fait que les objectifs de la campagne n’aient pas été clairement et soigneusement définis ». Le rapport intérimaire critique durement aussi le ministre de la Défense, Amir Peretz, qui « n’a pas demandé à l’armée ses plans opérationnels et ne les a pas examinés », et le chef d’état-major de l’époque, Dan Haloutz, qui a été accusé d’avoir « échoué dans l’exercice de ses fonctions ». En soirée, le Premier ministre israélien, qui a reconnu ses erreurs, a néanmoins affirmé qu’il ne comptait pas quitter son poste. Alors que plus de deux tiers des Israéliens sont favorables à sa démission, selon un sondage, M. Olmert a obtenu le soutien de Washington qui l’estime « essentiel » aux efforts de paix avec les Palestiniens.
Pamela: cela nous rappelle forcément la situation politique au Liban puisque le gouvernement actuel est appuyé par Washington alors que plus de la moitié du peuple Libanais demande un cabinet d'union nationale. Et les Israéliens ne font que clamer haut et fort que leur système est le plus démocratique et le plus libre au Proche-Orient? Quelle illusion...! Tout dépend comment on définit 'démocratie' et 'liberté'. Si c'est aux dépens de la volonté du peuple, et que ça nécessite également de massacrer les peuples voisins, à quoi bon alors cette 'démocratie' et cette 'liberté'. Pour ma part et pour la plupart des Libanais, nous sommes tellement heureux du rapport intérimaire de la commission Winograd, en attendant le rapport final et la prochaine démission d'Olmert et compagnie, et nous espérons qu'il y aurait un processus similaire au Liban pour juger tous les Seigneurs de la guerre ayant entraîné le pays à feu et sang voilà plus de trois décennies. Espérons aussi qu'un jour la responsabilité des 'voisins' tant Syriens (ci-dessous un article sur les détenus Libanais en Syrie) qu'Israéliens soit exposée au grand jour à un niveau international et que ces derniers soient jugés pour leurs crimes commis au Liban. Que dire aussi de la responsabilité de puissances internationales, et celle des États-Unis en premier lieu...?!!!!
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Israeli war report charges Olmert with 'severe failure'
Premier has 'no intention' of resigning in wake of stinging criticism of conduct of 2006 war on lebanon
Compiled by Daily Star staff Tuesday, May 01, 2007
The much-anticipated interim report into the decisions of senior Israeli military and political officials to go to war in Lebanon last summer accused Prime Minister Ehud Olmert on Monday of a "severe failure" in his handling of the conflict, dealing a harsh blow that further weakened the embattled Israeli leader and his party.
The commission also charged that the Israeli Army "was not ready for this war," according to a statement released by the commission, headed by retired Judge Eliyahu Winograd.
The 232-page report, officially released at a 5 p.m. news conference in Jerusalem, says Olmert acted hastily in leading the country to war last July 12, without having a comprehensive plan.
The report cited a "severe failure in the lack of judgment, responsibility and caution."
"I have no intention of resigning," Olmert was quoted by Israeli television as telling members of his Kadima party after the report was released. A snap Israel Radio poll said 69 percent of the public believed he should quit.
Calls for Olmert's resignation were made by politicians across party lines even before the commission's results were made public.
"Failures will be remedied," Olmert swore after receiving a copy of the panel's findings.
In Lebanon, Hizbullah welcomed news of the report.
The report "confirmed the inability of the Israeli political and military leadership to make the appropriate decision in confronting Hizbullah during the summer war," said Sheik Hassan Ezzedine, Hizbullah's most senior political officer in Southern Lebanon.
The Winograd Commission report piled blame on the prime minister. "We impose the primary responsibility for these failures on the prime minister, the minister of defense and the [resigned] chief of staff. All three made a decisive personal contribution," the report said.
"The prime minister bears supreme and comprehensive responsibility for the decisions of his government and the operations of the army. His responsibility for the failures in the initial decisions concerning the war stem from both his position and from his behavior ... The prime minister made up his mind hastily, despite the fact that no detailed military plan was submitted to him and without asking for one," the statement said.
The Winograd Commission also assailed Defense Minister Amir Peretz in the interim report, saying he had failed in performing his duties and undermined government-level decision-making.
"His role as defense minister during the war weakened the government's abilities to meet its challenges," Winograd said in a segment of the report read out to reporters.
There has been widespread speculation that Peretz, a former trade boss who took the defense portfolio as part of a coalition deal with Olmert, could be forced to step down. Peretz, who heads the center-left Labor Party, is not expected to survive a party election scheduled for next month.
"The minister of defense did not have knowledge or experience in military, political or governmental matters. He also did not have good knowledge of the basic principles of using military force to achieve political goals. Despite these serious gaps, he made his decisions during this period without systemic consultations ... His serving as minister of defense during the war impaired Israel's ability to respond well to its challenges," the statement said.
Dan Halutz, who was Israeli Army chief of staff through the war, was criticized for entering the war "unprepared," and for failing to inform the Cabinet of the true state of the Israeli Army ahead of the ground operation. Halutz resigned in January.
"The army and the chief of staff were not prepared for the event of the abduction despite recurring alerts. When the abduction happened, he responded impulsively," the statement said of Halutz.
White House spokesman Tony Snow refused to comment on the report, calling the findings "obviously, internal investigations within the Israeli government." Snow did say that US President George W. Bush views Olmert as "essential" to Middle East peace efforts.
Bush "works very closely with Prime Minister Olmert and thinks that he's essential in working toward a two-state solution. The president remains committed to it," said Snow.
Senior Palestinian officials however expressed concerns that the report, by discrediting the Israeli premier, also threatened Olmert's ability to conduct peace talks with the Palestinian leadership.
"We view this as an internal Israeli matter," Palestinian negotiator Saeb Erekat said of Monday's report. "We want to continue making peace with the Israeli government. Having said that, we hope that this report and the findings of this report will not further complicate and hinder attempts to revive the peace process."
Deputy Prime Minister Azzam al-Ahmed of Abbas' Fatah movement said he expected Olmert's domestic woes to overshadow his dealings with the Palestinians. "The difficulties are expected to increase after the report," said Ahmed. "Even before the report, I had pointed out that there is no real Israeli peace partner, because there is no strong government in Israel."
Hamas spokesman Fawzi Barhoum went further, connecting the increased violence in the Occupied Palestinian Territories with the increased impotence of the Olmert Cabinet.
Israel "reflects [its] failure onto the Palestinians ... Perhaps the increase in aggression by Israel in the past days, in the West Bank and Gaza Strip, comes in the context of Israel's failure," Barhoum said.
The interim report focuses on decisions relating to the start of the war, with attention paid to the balance between a speedy resolution and an extensive mission and the decisions by top military and political officials.
The Winograd panel has not ruled out calling for Olmert or Peretz to step down in a final report due to be published in a few months and has hinted that it will publish recommendations on steps to be taken.
The summer 2006 war was sparked by the capture of two Israeli soldiers during a cross-border raid by Hizbullah. In 34 days of fighting, Israel failed to accomplish Olmert's publicly stated goals of getting the soldiers or destroying Hizbullah.
Up to 1,191 Lebanese, the vast majority civilians, were killed in the fighting, as were 119 Israeli soldiers and 39 civilians, according to official figures from the two sides.
- Agencies, with Haaretz
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Les familles de Libanais détenus en Syrie interpellent les Nations Unies et le gouvernement
01 Mai 2007
IRIN

Les activistes libanais exhortent les Nations Unies et le gouvernement libanais à accroître la pression sur Damas pour que le régime syrien divulgue les dernières informations concernant les quelque 600 Libanais détenus dans les prisons syriennes depuis les années 1970.
Alors que les familles des détenus manifestent pour la troisième année consécutive devant le siège des Nations Unies, à Beyrouth, les activistes demandent aux Nations Unies que l’affaire des détenus portés disparus soit prise en compte lors de la mise en oeuvre d’une série de résolutions du Conseil de sécurité, qui exige de la part de la Syrie le respect de la souveraineté du Liban. « Depuis l’assassinat de [l’ancien Premier ministre] Rafik Hariri, les Nations Unies enquêtent sur l’ensemble des meurtres perpétrés au Liban. En conséquence, une enquête internationale indépendante devrait être menée sur les cas des prisonniers disparus », a déclaré Ghazi Aad, le président de l’organisation non gouvernementale Solide (Soutien aux Libanais détenus en exil). « Les autorités libanaises ne sont pas en mesure de régler ce problème, tout comme elles ne sont pas parvenues à honorer les engagements pris auprès des citoyens », a-t-il poursuivi. Au cours des 15 années de guerre civile qui ont ravagé le pays, quelque 17 000 personnes ont été portées disparues. La Syrie est intervenue au Liban en 1976, un an après le début de la guerre, et le pays du cèdre a été de facto dirigé par les forces syriennes en 1990, à la fin de la guerre.
Depuis le retrait des forces de Damas du Liban, conformément à la résolution 1559 adoptée par les Nations Unies en avril 2005, 643 prisonniers auraient été incarcérés dans des prisons syriennes, selon l’ONG Solide. Ghazi Aad et d’autres activistes poussent les Nations Unies à reconnaître que l’application de la résolution 1559 - qui exige le retrait de toutes les forces étrangères du Liban - par la Syrie demeurera incomplète tant que Damas ne fournira pas des renseignements sur les prisonniers libanais portés disparus et qu’elle est supposée détenir. Par le passé, les gouvernements libanais, sous mainmise syrienne, niaient l’existence de prisonniers libanais en Syrie. En 1995, Beyrouth a promulgué une loi stipulant que toute personne disparue pendant la guerre civile était officiellement morte. En outre, la Syrie a également nié, à plusieurs occasions, détenir des ressortissants libanais dans ses prisons. Cependant, en 2000, des détenus libanais ont été libérés, après avoir été enlevés au Liban et passé plusieurs années en prison. « Dépêchez-vous » Sur la dernière photographie que Violette Nassif a de son fils Johnny, ce dernier est vêtu d’un t-shirt sur lequel est écrit « Dépêchez-vous ». Cette image hante Mme Nassif depuis 17 ans, lorsque le jeune caporal de l’armée libanaise a été enlevé puis emprisonné à Damas, avec quelque 150 autres soldats, après la victoire syrienne sur l’armée libanaise en 1990. Des larmes coulent sur le visage de Violette Nassif lorsqu’elle se souvient des années d’efforts vains pour, dans un premier temps, retrouver son fils qui aurait maintenant 34 ans s’il était toujours en vie, puis essayer de le ramener au Liban. « Après la disparition de Johnny, en 1990, j’ai cherché son corps pendant des semaines, à la morgue, dans les hôpitaux et dans les prisons. Puis, des amis en Syrie m’ont annoncé qu’il avait été transféré à Damas », a confié Mme Nassif, alors qu’elle se trouvait à l’extérieur des bâtiments des Nations Unies à Beyrouth. En novembre 1990, un mois après la disparition de son fils, Violette Nassif a reçu un télégramme de la part d’un officier de l’armée libanaise annonçant que Johnny et cinq autre Libanais n’étaient pas morts, mais emprisonnés en Syrie. Quatre ans plus tard, Mme Nassif est finalement parvenue à rendre visite à son fils, incarcéré dans la prison centrale de Damas. Elle l’a revu deux ans plus tard, pour la dernière fois. Puis, en 2001, un ancien détenu libanais a déclaré à Violette Nassif avoir été dans la même prison que Johnny et lui a annoncé que son fils était encore en vie. Portée par l’espoir de revoir un jour son fils, Violette Nassif manifeste devant le siège des Nations Unies, attendant des informations qui ne viennent jamais. « Le gouvernement nous a abandonnés, en conséquence, une enquête indépendante internationale doit être menée. Cela fait maintenant deux années que nous manifestons. S’attendent-ils à nous voir mourir aussi? Pourquoi ne recherchent-ils pas leurs soldats portés disparus? », a-t-elle déploré. Les responsables syriens ont annoncé qu’ils mèneraient leur propre enquête afin de retrouver les quelque 800 Syriens disparus au Liban. « Les crimes commis par le Liban sur les citoyens syriens ont été pour la plupart motivés par la haine politique, dans le but de diviser le Liban en de petits états dévoués aux gouvernements d’Israël », a dit, l’année dernière, le député Faysal Kalthoum, porte-parole du Comité National pour les Syriens disparus au Liban, au quotidien syrien Tishrine. Ghassan Moukheiber, député libanais et président de la Commission parlementaire des droits de l’homme, a déclaré la semaine dernière que la commission étudierait tous les dossiers des Libanais disparus en Syrie, en Israël et en Libye. « Il est grand temps que nous nous penchions sur cette question humanitaire et morale afin de dévoiler la vérité sur ceux qui sont toujours en vie et sur ceux qui ne le sont plus », a-t-il conclu.
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By Charles Batach

« Who ever tries to annihilate the will of one of the communities of the country is trying to annihilate Lebanon » Michel Chiha.1

Lebanon is composed from 18 different communities which are confessional entities. No single community forms a dominant majority. Each community is a minority. The constitution develops a regime based on confessional democracy where every confession is attributed a key position in the state as a symbol of its power and its influence. In order to prevail over other communities, each of them formed lines of alliances with foreign countries. As a consequence the independence of Lebanon became fragile, sensible to external influences that weakened its state and contributed in activating internal conflicts that led into civil war.
Lebanon became divided into two parts. The power of the state vanished. The republic found itself without a president, in a condition where existed simultaneously two prime ministers in each part of the country acting as the legal head of the state. The demarcation line that divided Beirut into two parts embodied this conflict between the communities and their different views on the living. Major public spaces that reflected the space of dialogue and democracy were destroyed. Public life became non existent. Democracy was perverted. Separation became the condition of living. Spaces of Barriers were formed.
The project takes as a starting point this condition of living (illustrated by the composition of Bar_riers), as well as the particular composition of the population. It aims to activate a process of contamination between them by inserting internal spaces of common use or shared spaces that have no predefined form “a priori”. The purpose of this choice is to define forms for future public spaces that derive from the specific use of the common spaces by the communities, instead of imposing imported forms of public space into which they have to fit in.
The space that result from such a composition functions as a labyrinth in which is simulated the condition of total loss (Bars are 436 meters long) in order to create an interiority (polygonal forms) that activates the contamination between the different communities.

1-Michel Chiha is considered the “father of the Lebanese constitution”- Rf: D.Ammoun, Histoire contemporaine du Liban, Fayard, Octobre 1997. page 304-305.

Sunday, March 25, 2007

LIBAN, 'A LA RECHERCHE DE L'IDENTITÉ PERDUE'



Semaine du 26 mars au 1er avril 2007





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L’icône et l’islam : Pamela Chrabieh
Émission Second Regard,
3 décembre 2006, Radio Canada
Un reportage de Jean-Robert Faucher
Merci Robert et à toute l'équipe de Second Regard!
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De Philippe Martin:
'Voici la onzième édition des portraits de blogueurs, avec Pamela Chrabieh Badine'.

On peut trouver l'entrevue sur Dailymotion, Cent Papiers et YULBUZZ.
Merci à Philippe et Christian Aubry!

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En cette fin du mois de mars 2007, la recherche d'une solution à la crise Libanaise se poursuit, avec des facteurs-ingérences étrangers qui tantôt la favorisent et d'autres fois l'handicapent. La division des Libanais-es en plusieurs factions (dont les pro-gouvernement et les pro-opposition) constitue, selon le patriarche maronite Mar Nasrallah Boutros Sfeir, "la chose la plus grave qui puisse atteindre le pays dans son entité", puisque cette division s'intensifie avec les mois et ne semble pas vouloir laisser la place à une entente-consensus à long terme. Et plus cette division s'accroît, plus la crise perdure, et l'identité Libanaise est ballottée entre des intérêts politiques locaux et internationaux, diluée dans un marasme de tensions, d'exclusions, de haine et de rejet; une identité prise dans l'étau de la culture de la guerre sévissant au Liban depuis des décennies.
Il est vrai que l'avenir du Liban et son identité dépendent en partie des conjonctures étrangères (selon Michel Touma, "Le visage du Liban de demain, son rôle, sa vocation dans ce Moyen-Orient en pleine mutation dépendront dans une large mesure de l’évolution, et de l’aboutissement, de ces diverses motivations qui dictent l’action des acteurs qui se bousculent sur la scène libanaise", dans l'Orient-le-Jour, 26 mars 2007) , mais en large partie des Libanais eux-mêmes, et en particulier des jeunes générations se trouvant au Liban et ailleurs (ces jeunes lesquels pour Michel Touma poussent un cri de colère et un sentiment de révolte et de frustration, voire de répugnance face à la situation présente).


"Ce dont le pays et les jeunes ont besoin, dans le contexte actuel, ce ne sont sûrement pas des solutions boiteuses, « à la libanaise », pour sortir de la crise. Maintenant que les dés sont jetés, que tous les dossiers sont ouverts, en toute franchise, sans complaisance ni distorsion, n’est-il pas grand temps que les Libanais planchent, selon une approche radicale, sur la détermination de l’identité et du rôle de leur pays, qu’ils s’entendent enfin sur la physionomie de leur système politique ? N’est-il pas temps que les jeunes et les acteurs de la société civile se voient offrir l’opportunité de ne plus broyer du noir et de contribuer à la recherche de l’équilibre libanais et de l’identité nationale trop longtemps perdus dans les méandres de la politique politicienne ?(...) Les Libanais ont suffisamment enduré. Tous les abcès ont été crevés. Les pôles politiques, les intellectuels, les cadres supérieurs ont désormais l’audace de poser les problèmes tels qu’ils se présentent, sans complaisance. Les jeunes attendent avec anxiété de pouvoir surmonter leur désespoir, leur révolte, leur colère. Dans le sillage de la révolution du Cèdre, il est donc grand temps de s’atteler à la recherche de l’identité perdue".

Je n'irai pas jusqu'à affirmer comme le fait Michel Touma que cette identité est 'perdue'; à mon avis, le processus de sa construction-reconstruction se poursuit, mais non sans écueils et obstacles. D'ailleurs, quelle identité nationale à travers le monde s'est-elle édifiée sans larmes?
De plus, il n'est pas nécessaire qu'on aboutisse à une identité nationale unicitaire pour que l'on puisse parler d'identité 'trouvée' ou 'retrouvée'; l'identité Libanaise, forgée tout au long de milliers d'années, est plurielle et extrêmement riche de par sa diversité. Reste à trouver une mailleure formule qui gèrerait cette diversité.

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Ci-dessous un article sur l'affaire Habtoor (je réponds ainsi par quelques clarifications à un commentaire qui me fut envoyé la semaine passée par Sami concernant ce grand investisseur des Émirats arabes unis au Liban):

L’image du Liban écornée par l’émirati Al Habtour

26 mars 2007
Web Manager Center

Confronté en tant qu’investisseur à de multiples tracas au Liban, Khalaf Al Habtour brandit la menace d’un recours contre l’Etat libanais devant la Commission des Nations unies pour le Droit Commercial International et le Centre International pour le Règlement des Litiges d’Investissement. «Je suis venu dans ce pays en tant qu’investisseur croyant profondément dans ses lois et sa constitution. Mais malgré l’existence du cadre politique et légal, l’application de la loi est l’objet d’une grande interrogation. Les investissements nationaux et étrangers au Liban ont subi d’énormes pertes du fait de l’instabilité politique, économique et sociale causée par la composition actuelle du régime. Le pays est frappé d’une sorte de paralysie du fait des manifestations et grandes marches à répétition organisées par tous les acteurs politiques. Ce qui empêche le déroulement normal de la vie et déstabilise l’économie. D’autant que l’Etat a échoué à maîtriser la situation».

Ce cri d’alarme a été lancé par l’homme d’affaires émirati Khalaf Al Habtour, mercredi 21 mars, à l’aéroport de Beyrouth. Ce magnat de la construction, né à Dubai, en 1950, a investi à ce jour près de 500 millions de dollars au Liban. Il y possède le Metropolitan Palace, gigantesque hôtel cinq étoiles, un complexe résidentiel, le "Jamhour Village", les grands magasins Metropolitan City Center et le parc d'attraction Metropolitan Park.

Pour cet homme d’affaires, l’Etat «doit créer les bases de la paix dans le pays, garantir la justice pour tous et la sécurité aux investisseurs». Ce qui, d’après lui, n’est pas en train de se faire au Liban.

En effet, l’investisseur émirati a plus d’un grief à l’encontre de l’Etat libanais. D’abord, la paralysie du pays. Tout en reconnaissant que «les protestations, les manifestations et les actions terroristes se produisent partout et pas seulement au Liban», Khalaf Al Habtour constate une différence : «les autres pays n’entrent dans une phase de paralysie totale ; les commerces n’y ferment pas et les hôtels ne sont pas vides». Aussi, l’homme d’affaires émirati tire-t-il la conclusion que le Liban «a besoin d’une direction forte, puisque le bateau ne peut pas supporter plus d’un timonier», alors qu’il se distingue par un «éparpillement de ses directions». Et circonstance aggravante, «les institutions locales et les administrations de l’Etat fonctionnent comme des autorités indépendantes».

Ensuite, Khalaf Al Habtour reproche aux autorités libanaises de lui réclamer «des impôts injustifiés, dont personne ne nous a parlés lorsque nous sommes venus investir au Liban».

De même, la justice libanaise est un autre motif de récrimination pour l’homme d’affaires. A ce sujet, Khalaf Al Habtour fait état de «réserves concernant certains juges», car certaines de ses sociétés ont fait l’objet «d’actes suscitant de grandes interrogations». Des actes dont l’investisseur a «immédiatement informé le président de la République, le Président du Conseil des ministres et le Procureur général, sans que personne ne prenne la moindre décision contre ces juges». Et Khalaf Al Habtour d’ajouter que, en raison de «cet environnement défavorable à l’investissement au Liban, certains investisseurs arabes et libanais m’ont demandé de se joindre à eux pour porter plainte contre l’Etat libanais devant la Commission des Nations unies pour le Droit Commercial International et le Centre International pour le Règlement des Litiges d’Investissement». Mais après avoir dans un premier temps «convaincu» ses interlocuteurs de différer le recours à ces instances, Khalaf Al Habtour brandit la menace d’un passage à l’acte en se demandant s’il pourra retenir plus longtemps les investisseurs qui veulent en découdre avec l’Etat libanais.
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Ci-dessous un article très intéressant sur la possibilité - ou l'impossibilité - d'une guerre civile au Liban:

Another Civil War in Lebanon? Will Hezbollah Hand Israel Its 6th Defeat?

25-03-2007, Counterpunch

Franklin Lamb - A recent poll in Lebanon suggests deep pessimism about the chances of avoiding another civil war. Plenty of 'wise owls' here think civil war is just a matter of time. No less an oracle than Tarek, the doorman at the Alexandria Hotel in Ashrafiyeh, where the Israeli Military Command had it's HQ during its 1982 invasion says Civil war is certain. So does the sous-chef at Chez Paul's where Sharon, Bashir Gemayel and Eli Hobeika used to meet and discuss 'business'. And many in Lebanon's Parliament agree.
For months now large wooden crates have been arriving in various locals in East Beirut and the mountains and hurriedly carried into buildings and various party Headquarters, in violation of the 1989 Taif Accords which required local militias to disarm (Rafik Hariri exempted Hezbollah from Taif arguing that Hezbollah was not a militia but the Lebanese resistance force since it only used its weapons against Israel).
What's in those boxes? Are they weapons? If so, who paid for them? Hard to blame Iran and Syria this time since the recipients are their sworn enemies and are itching to fight them both, or more precisely, have Israel or the US act on their behalf. What about all that promised Bush administration cash and weaponry to shore up the Siniora regime? More than 200 million worth? It there a glitch with the shipping agent and is some of it is going to local addresses other than the "new robust Lebanese army"?
To know for sure, one would want to walk around the Gemezzeh neighborhood in east Beirut around 2 in the morning near the rebuilt Phalange Party HQ.where Baschir Gemeyal was blown up on September 14, 1982 and nose around a bit..
And what's that frenetic activity behind the Walid Jumblatt's estate at El Moukhtara in the Chouf? It has increased since his long meeting with GW Bush a couple of weeks ago.
And those fine new military style boots and swagger one sees among some of Saad Hariri's March 14 movement young men. Armani or US Army or Israeli issue?

Civil war may well be coming to Lebanon and there is currently plenty of sectarian tension and hatred in Lebanon . Some surfaced in late January when three Hezbollah supporters were killed. When the beautiful widow and young children of 29 year old Adnan Shamas, who was ambushed as he walked home following a visit to the opposition created 'tent city' in downtown Beirut, appeared at his funeral there were calls of "blood for blood."
Sabra-Shatilla massacre participant Samir Geagea, now the leader of the Lebanese Forces Militia and recently feted in Washington DC, beats his chest and taunts Hezbollah's Secretary-General with threats like "Don't you dare think Hassan Nassrallah that Beirut is Haifa (referring to the July War) or else Lebanon is headed for the worst."
Some in the opposition dismiss the Siniora government as nothing more than 'an organized crime syndicate that wants to turn Lebanon into another Iraq,' as Talal Arslan, an anti-government Druze leader (breaking ranks with Jumblatt) recently roared. Many accuse the government of functioning as agents of Israel and the Bush administration and demand early elections and a greater share of government posts for the growing anti-government coalition.

Other observers are concluding that Israel and the Bush administration must foment a civil war in order not to 'lose' Lebanon and be driven from the region.

Pro-Israel "tink tanks" (Robert Fisk's label) argue that having created a disaster for both the US and Israel in Iraq and Afghanistan, and having failed miserably to destroy, much less seriously damage. Hezbollah during the July War, both Olmert and Bush desperately need a Lebanese civil war.

Their reasoning is that if Bush and Olmert can provoke Hezbollah into turning its guns on Lebanese rivals, which it has never done and refuses to do,(Nasrallah recently declaring that "they can kill 1,000 of the opposition and we will still refuse to participate in a civil war") the US and Israel can invade, destroy the Lebanese resistance and set up another 'more sustainable' government, to borrow a pet term from Condoleezza Rice.

Other objectives expected to be achieve by another Lebanese Civil War are to restore Israel's deterrent credibility, intimidate the region and occupied territories, create a opening to attack Syria and conceivably go for a spectacular Trifecta and bomb Iran as well.

The other side of the coin.

Hassan Nassrallah and his allies have vowed to prevent a Civil War. In this goal they have the support of elements (if not a majority) in all the confessions and political parties.
Hezbollah has a habit to defeating Israel on the battle field and increasingly in political circles and they may just prevail in preventing a civil war.

Five brief examples:

1. The April 30, 1985 Israel withdrawal from Sidon, Tyre, Nabatieh, and some Western Bekaa villages were the direct result of military pressure from a new organization which was publicly announced on February 16, 1985 and calling itself Hezbollah. Interestingly the same day Hezbollah went public Israel began its withdrawal and it was Hezbollah's first victory over the Israeli military.

2. July 1993. Israel's "operation accountability". Same Israeli goals. Destroy Hezbollah, break its connection with the populace and pressure the Lebanese government to fight Hezbollah. The UN counted 1,224 air raids and more than 28,000 shells fired into Lebanon by Israel, killing more than 150 civilians, wounding more than 500 and displacing more than 200,000 from 120 south Lebanon villages. In retaliation Hezbollah fired Katusha rockets for 10 hours into Galilee settlements creating what Agence France Press of July 25, 1993 called a 'hell of shelling" Israel had enough and contacted Washington to arrange a ceasefire.

3. April 11, 1996 Israel's 'Operation Grapes of Wrath'. Same Israeli goals. Israel attacked Tallat al-Kayyal in Baalbek and expanded its attack the next against the Lebanese army base in Tyre and neighborhoods in Beirut. Israel killed more than 250 civilians. Hundreds of thousands were displaced, more than 7,000 homes partially or completely destroyed.

Hezbollah had planned well and Katyusha rockets were fired on Israeli forces and settlements on a daily basis. As in 1993, Israel asked the Clinton administration to have Warren Christopher arrange a ceasefire which began at 6 pm on April 27, 1996. Hezbollah's victory cost Shimon Peres, Clinton's candidate, to lose the May 29, 1996 Israeli election. Interestingly on March 23, 2007 Peres acknowledged before the Winograd Commission looking into Israel's performance in the July War, that he would not have invaded Lebanon and tried to defeat Hezbollah in July of 2006. Peres told the Commission: "We can't defeat Hezbollah unless we burn every inch of Lebanon".

4. May 24, 2000. After 22 years of occupying more than 10% of Lebanon, Hezbollah forced Israel to withdraw from all but the Shebaa farms in one night, abandoning its planned phased withdrawal as well as its agents, the South Lebanon's Army. Contrary to Israeli scare tactics, there was no Hezbollah retaliation against Lebanese collaborators. This fact earned Hezbollah the respect of all Lebanon's confessions, not least, the Christian community.

5. Hezbollah's victory in the 2006 July war is common knowledge and discussed in the new volume: The Price We Pay: A Quarter Century of Israel's use of American Weapons in Lebanon, available at ngolebanon@aol.com.

The consequences of these five Israeli defeats have been unacceptable for Israel. Its invincibility myth is now the butt of late night TV jokes. The Hezbollah led Lebanese resistance has caught the imagination of much of the World including the occupied Palestinian territories. Israel and the Bush administration believe the only solution is another Civil War Lebanon so they can destroy Hezbollah. As former US envoy John Bolton made clear to the BBC on March 22, 2007 he also favors 'another round'.

Bolton is aware of the recent reports sent to the US Senate Intelligence Committee in February, 2007 which suggests that the CIA believes Israel may well cease to exist in its current form by the centenary of the 1947-48 Nakba which led to the establishment of the Jewish state. The Report predicts a significant increase in the current emigration from Israel mainly to the US, Western Europe and Russia and continuing decline in immigration to Israel. Bolton blames Hezbollah. But a Congressional staff member offered the CIA view on March 21, 2007:

"History teaches us that resistance eventually trumps occupation every time and Israel has never seriously considered a just peace with the Palestinians or its Arab neighbors. There is no rational reason to think that they will now. It's the Masada syndrome. Fanatics run Israel and they would rather destroy themselves than give back what they stole from the Palestinians".

"Persia rising, Zionism sinking"! As another Congressional staff member put it.

As Israel continues its nearly daily violations of Lebanese sovereignty, the main concern of the US Intelligence analysts is not a nuclear Iran, but rather how to get Israel's finger off its 350+ nuclear warheads. Some US Defense Intelligence Agency analysts believe that Israel will indeed try to use its arsenal and that a nuclear holocaust is likely.

Rapture seeking Christian fundamentalists told the March 2007 AIPAC conference in Washington DC that when this happens it will be God's will and any surviving Jews will then convert to Jesus or burn in hell. Either way works for them.

Few in the US intelligence community doubt that if Israel fires its nuclear arsenal that their targets will include America. Why would Israel not spare the US after 60 years of support including total aid in excess of one trillion dollars? The reason is because Israel sees the American public as getting " all wobbly" (read: slightly more informed thanks to the diligent efforts of dozens of courageous pro-Palestinian/pro Arab and pro Peace interest groups in the US as well as the Iraq catastrophe) and will sooner rather than later, dump Israel.

Freezing Israel's nuclear trigger is the question of the hour. Meanwhile, Israel and the Bush administration continue trying to ignite an Iraq style Civil War in Lebanon. Hezbollah and their Christian and Muslim allies are trying to prevent one. Which side will prevail?

Ladies and gentlemen, the bell has sounded for Round Six: Israel vs. Hezbollah. The arena is holding its collective breadth. The outcome is uncertain. To date the score is Hezbollah 5, Israel 0. On the issue of a Civil War in Lebanon, place your bets please.