Friday, April 11, 2014

Colloque Présence Libanaise dans le Monde - USEK, Mars 2014 - Coupures de presse

Merci Maya Khadra pour le beau compte-rendu de notre panel - Colloque 'Présence Libanaise dans le Monde' - USEK, Liban, Mars 2014.


(L'Orient-le-Jour, Liban, 12-04-2014)

Autres articles (en arabe):

افتتاح مؤتمر "الحضور اللبناني في العالم" في جامعة الكسليك والكلمات اكدت اهمية التواصل والتعددية الثقافية

أما الجلسة الثانية فانعقدت بإدارة الإعلامية مايا خضرا، وتحدث فيها الدكتور جورج يرق والدكتورة باميلا شرابيه من 
جامعة الروح القدس.
(http://www.nna-leb.gov.lb/ 28-03-2014)


ثم انعقدت جلسات اليوم الأول التي تركزت مواضيعها على محاور المؤتمر الثلاث. وأدارت الجلسة الأولى البروفسورة نيكول شلهوب، وشارك فيها د. نبيل الآزان من جامعة باريس3- سوربون، والسيدة لينا سعادة جبران من جامعة الروح القدس ود. أنطوان خوري حرب من الجامعة اللبنانية. أما الجلسة الثانية فانعقدت بإدارة الإعلامية مايا خضرا، وتحدث فيها د. جورج يرق ود. باميلا شرابيه من جامعة الروح. وانعقدت بعدها جلسة ثالثة بإدارة د. أندريه عفيش، تخللها مداخلات لكل من د. فادي فغالي من جامعة باليرما – إيطاليا، ود.هادي مخلوف من ميونيخ – المانيا ود. فادي الديك، نائب رئيس المعهد التكنولوجي في نيو جرسي - الولايات المتحدة الأميركية
(www.lebanonfiles.com, 28-03-2014)

Wednesday, April 02, 2014

Introduction aux oeuvres de libano-canadiens-nes: Sami Aoun, Maria Mourani et Rawi Hage (Résumé)



Ci-dessous le résumé de ma conférence lors du colloque 'La Présence Libanaise dans le Monde' (USEK, Liban, 27 Mars 2014).

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Les libanais-es sont établis-es au Canada depuis la fin du 19ème siècle. Leur émigration se décline en cinq vagues. Leur communauté n’est pas uniquement réputée pour la fraude, la bonne cuisine et le fiasco de l’évacuation de l’été 2006. Disparate, cloisonnée et formée de multiples identités et modalités d’appartenances, celle-ci contribue de manière substantielle à l'évolution et la prospérité du pays d'accueil, et ce à plusieurs niveaux: politique, social, économique, artistique, académique et littéraire.

Je présente dans mon texte, lequel serait publié à la suite de ce colloque, un aperçu historique de cette présence et de ces contributions, ainsi qu’une introduction descriptive et analytique aux oeuvres de trois auteurs-es/ écrivains-es, issus de la troisième vague (les années 70-80 du siècle dernier), qui ont acquis une notoriété nationale, au carrefour des sciences politiques et sociales et essais sur la guerre et l'exil, mais qui ne sont pas connus du public libanais vivant au Liban : Sami Aoun, Maria Mourani et Rawi Hage.

(...)

1- J’eus l’honneur de rencontrer le professeur Sami Aoun lorsque je vivais à Montréal. Nous participâmes ensemble à quelques conférences et il fut l’un des membres du jury lors de la soutenance de ma thèse doctorale. Politologue, professeur titulaire à l’Ecole de politique appliquée à l'Université de Sherbrooke, Sami Aoun est détenteur d’un doctorat en Philosophie de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (1980), d’un M..A. en philosophie et d’un B.A. en philosophie et psychologie de l’Université Libanaise. Suite à quelques années d’enseignement universitaire (Université Libanaise), celui-ci s’exila au Québec, où il découvrit un système alliant liberté et civisme social - un rêve qu’il aimerait encore d’ailleurs voir concrétiser un jour au Liban. Les nombreux écrits et analyses du Dr. Aoun, nommé ‘le passeur culturel au Québec’ sont caractérisés par  le sens de la nuance, qu’il lie à son père (son premier ‘lieu’, son premier sens de la nuance), et par l’ouverture et le dialogue, qu’il lie à sa mère et au Liban d’avant la guerre - un milieu qu’il qualifie d’ailleurs de ‘cosmopolite ouvert au dialogue’ –  mais qui a perdu cette qualité dès les années 70, surtout au sein du milieu politique.  

Le printemps arabe : mirage ou virage ? (Médiaspaul, Montréal, 2013),
Le retour turbulent de Dieu (Médiaspaul, Montréal, 2011)
Aujourd’hui l’Islam Fractures, intégrisme et modernité (Médiaspaul, Montréal, 2007), 

(...)

2-      Rawi Hage naquit à Beyrouth en 1964. Il quitta le Liban en 1984, vécut à New York où il étudia la photographie, immigra au Canada en 1991 et poursuivit ses études tout en travaillant comme gardien de sécurité la nuit, chauffeur de taxi et photographe, avant de se lancer dans l’écriture. Son premier roman en 2006, ‘De Niro’s Game’, connut un énorme succès. Il y relate l’histoire de Bassam et Georges (alias De Niro), deux amis d’enfance qui ont grandi dans un Liban déchiré par la guerre et qui ont dû choisir entre rester à Beyrouth et s’enliser dans la violence, ou s’exiler et devenir aliénés. ‘De Niro’s Game’ montre bien que la vie en contexte de guerre n’est qu’une partie de roulette russe, un voyage au bout de l’enfer, où les blessures subies sont difficiles à cicatriser. La roulette russe, comme image de la futilité de la guerre, de la légèreté de nos vies, de la marche implacable du destin. (...) Le deuxième roman de Rawi Hage, ‘Cockroach’ (2008), traite plus précisément le thème de l’aliénation. Le protagoniste vit dans la pauvreté en marge de la communauté immigrante de Montréal et rate une tentative de suicide. On l'oblige à entreprendre une thérapie avec une psychologue pleine de bonnes intentions, à qui il livre malgré lui une confession de voleur solitaire, révélant peu à peu son enfance, ses rêves, la haine qui l'habite, sa vie de cafard, voire de misère, de rejet et de mépris, de statut d’immigré sans le sou, décalé, indésirable, invisible. Celui-ci reste anonyme – son prénom n’est pas révélé, ni son pays d’origine. L’auteur insiste sur la notion d’anonymat, d’insignifiance de l’individu. Condamné à la solitude et la précarité, le protagoniste se définit lui-même comme une vermine qui, pour survivre, rampe à ras du sol. Le mal du protagoniste n’est pas celui d’un immigrant fortuné qu’on célèbre avec ses identités multiples dont la richesse est bénéfique pour tous, mais d’un immigrant dont les identités se soustraient pour ‘nullifier’ tous ses compatriotes sans exception, dépouillent le monde et font en sorte qu’il y vit par en-dessous, sans lumière, sans bruit, dans un univers d’insectes!

(...)

3    3- Maria Mourani est d’origine libanaise, maronite, née à Abidjan (Côte d’Ivoire). Elle émigra au Québec en 1988. Sociologue et criminologue,  elle travailla comme agente de libération conditionnelle pour le Service correctionnel canadien et comme éducatrice dans les Centres jeunesse de Montréal. Députée fédérale de la circonscription d'Ahuntsic de 2006 à 2011, elle fut porte-parole de différentes causes à caractère social et décorée de la médaille d’honneur de l’Union libanaise culturelle mondiale en août 2008 à Beyrouth. Publiquement opposée au projet du gouvernement québécois d’interdire le port des signes religieux distinctifs chez les fonctionnaires, elle est expulsée du caucus du Bloc québécois le 12 septembre 2013 et coupe tout lien avec ce parti. En décembre 2013, elle annonça ne plus être souverainiste et être devenue fédéraliste. Les ouvrages de Mourani font partie de la série de livres criminologiques dit ‘populaires’, où elle décrit le phénomène des gangs de rue à Montréal en utilisant des extraits d’entrevue avec des jeunes qu’elle a connus comme praticienne. L’importance de ces ouvrages réside dans une insurrection contre la pensée unique, la désinformation, et l’amalgame trop facile entre délinquance des jeunes et jeunes issus de l’immigration. En effet, selon Mourani, le phénomène des gangs de rue n’est pas associé à un problème d’immigration, ni à un échec du processus d’intégration des immigrants. Etre immigrant n’équivaut pas à être violent. Les causes restent multiples et complexes : pauvreté, exclusion sociale, décrochage scolaire, marginalisation, négligence de la part des parents, banalisation de la violence, etc. Sur une autre note, Mourani se rive contre la montée de l’hypersexualisation ou de l’objectification sexuelle dans les médias, laquelle touche en premier lieu les filles et les femmes. Sans pour autant la qualifier d’auteure féministe, on ne peut que louer Mourani pour sa position ouvertement humaniste et pluraliste.

'    La face cachée des gangs de rue' (Les Editions de l’Homme, Montréal, 2006) et ‘Gangs de rue inc. : leurs réseaux au Canada et dans les Amériques’ (Les Editions de l’Homme, 2009)

(...)

Conclusion :
Maria Mourani est un exemple d’immigrant-e intégré-e (du latin integrare, qui signifie ‘faire entrer une partie dans un tout’) à la société d’accueil, et elle lutte pour l’intégration, voire pour la cohésion sociale, où l’ensemble des valeurs et des normes d’une société sont partagés par tous et toutes. Toutefois, elle se rive contre l’assimilation – en tant que processus par lequel un ensemble d’individus se fond dans un nouveau cadre social plus large et qui vise à faire disparaître les spécificités des assimilés, ce qui implique leur renonciation à leur culture d’origine, la mise au pas de leur personnalité et leur atomisation au sein de la société qui les absorbe. 

(...)

 A mon avis, Sami Aoun adopte la même position que celle de Mourani . Celui-ci, à travers la médiation et le dialogue, appelle à un vivre ensemble respectueux des différences. Egalement pour Rawi Hage, qui tente de transformer le vécu de l’immigrant – que ce soit le sien, ou celui d’autres – à celui d’un être épanoui, créatif, un ‘plus’ pour la société et son évolution. Les parias chez Sami Aoun - le moyen-oriental, le musulman -, chez Maria Mourani - les jeunes enrôlés dans les gangs, les filles et les femmes victimes de la traite, les membres des minorités dont religieuses -, chez Rawi Hage - l’immigrant pauvre -, sont perçus par les autres d’êtres mi-cafards/mi-humains - pour reprendre la métaphore de Hage -, se perçoivent parfois de la sorte, mais sont appelés à découvrir ce qui fait d’eux/d’elles des êtres humains à part entière, des citoyens-es, et à dénoncer les apparences trompeuses et les stéréotypes. On est bien loin de la vision canadienne du multiculturalisme mise en place par l’ancien premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau lequel mène tout droit à la ghettoïsation, à un communautarisme de repli.

Par ailleurs, Aoun et Hage sont des auteurs qui rejoignent en quelque sorte le cortège d’auteurs libano-canadiens qui tendent pour la plupart vers la compréhension du sens de la vie lorsque physiquement loin de la terre d’origine : je cite ici par exemple Abla Farhoud et Wajdi Mouawad. Leur écriture est un travail de la mémoire et du deuil ; une écriture soucieuse, qui se tient près du passé mais qui est préoccupée par le présent et l’avenir, justement, pour que la vie continue - l'image du verre d'eau fraîche contient toute cette vie problématique, inachevée et inachevable - ; une écriture engagée pour un changement au sein de la société. 

(...)

Deux questions ouvrent la voie au débat :
1)      L’écrivain-e migrant-e, qu’il/e lle soit académicien-ne, politicien-ne, romancier-ère, etc., doit-il/elle « faire du migrant » pendant toute sa carrière (incluant sa carrière d’écriture) ou peut-il/elle y échapper et être libre de faire du nouveau ? Dans le cas de la plupart des auteurs libano-canadiens issus de la 3e vague et plus tard, il est difficile de trouver ce ‘tout à fait autre’, mais des différences sont perceptibles. Avec Aoun par exemple, il s’agit d’une évasion partielle puisque le sujet-objet d’étude se retrouve au Québec, au Moyen-Orient, et ailleurs, comme aux Etats-Unis lorsqu’il publia un ouvrage sur Obama. Avec Mourani, l’évasion semble beaucoup plus forte vu qu’elle s’intéresse à la politique locale québécoise, toutefois, ses origines la rattrapent lorsqu’elle lutte pour la préservation des droits des minorités (dont celle dont elle est issue). Dans le cas de Hage, le risque d’enfermement semble être le plus marqué à première vue. Hage « fait du migrant » dans toutes ses œuvres.
2)      Faut-il choisir entre l’ancrage et l’errance ? Plusieurs auteurs libano-canadiens perçoivent et qualifient l’exil comme événement déstabilisant, puisqu’il y a rupture entre l’être qui était et celui qui devient et restera à jamais. Un être fragmenté entre deux états : le pré et le post-migratoire, inconciliables, qui ne pourront jamais se réunir, situés de part et d’autre de la faille, comme pour Mouawad par exemple et Farhoud ; mais pour Mouawad, l’écriture agit comme remède et peut colmater cette faille. Pour Abla Farhoud, l’écriture empêche de mourir (émotionnellement, spirituellement) – écrire le pays d’origine empêche de mourir à sa suite puisque selon elle, le Liban est déjà mort ; c’est donc une question de survie. Pour Hage, le migrant se trouve certes dans l’entre-deux du dilemme de l’ancrage et de l’errance, mais il a la possibilité de se projeter au-delà de cette faille, au-delà toute appartenance nationale, au-delà d’une simple somme d’identités multiples à la Maalouf, pour une identité humaine universelle. Avec Mourani, l’engagement politique à plusieurs niveaux dans la société d’accueil colmate la faille – ce qu’elle qualifie d’intégration. Et avec Aoun, il n’est pas nécessaire de choisir entre l’ancrage et l’errance. On peut faire avec les deux, tant que les attitudes que les pratiques adoptées, à tous les niveaux dont l’écriture, et quel que soit l’endroit où l’on se trouve, au Liban ou au Québec-Canada, sont l’ouverture à l’autre et le dialogue. 

Sunday, March 30, 2014

Our history is not drawn linearly, it is a braid of stories!


Dr. Pamela Chrabieh
(Balamand University, 21-03-2014)
I started to be interested in the war and peace issues in Lebanon when I left my home country to pursue my studies at the University of Montreal (QC, Canada). While living abroad, I learned that once the war grabs hold of you, it never loses its grip; it shapes one’s emotions, thoughts, attitudes and actions. It becomes part of one’s identity. Therefore, tackling the issues of war and peace is first, to me, a personal struggle, and catharsis, incarnated in my academic work, my artistic work and my activism on an individual level and in local, regional and international NGOs.
This personal struggle is linked to a collective one, to the common concern of other intellectuals and activists who advance the idea that confronting the war in its past and current dynamics, and the psychosocial aspect of the war, or the war of traumas and wounded identities within the Lebanese society – quoting the late Lebanese psychiatrist Adnan Houballah -, is necessary for breaking the war vicious cycle, and for political and cultural renewal. After all, we live in a country where the State encourages forgetfulness and political parties create sectarian interpretations of the war and disseminate conflictual discourses and images through different media.
I have closely studied the initiatives and visions of many peace activists in Lebanon since 2001. Let me refer you here to my book ‘Voix-es de paix au Liban” published by Dar el-Machreq in 2008, and Dr. Sune Haugbolle’s book “War and Memory in Lebanon’, published in 2010, where we show, through an analysis of different written and cultural productions how the recollection and reconstruction of political and sectarian violence that took place during the 1970s and 1980s war period contribute somehow to Lebanon’s healing process, or at least give hope for a better future. When I started teaching in Lebanon in 2007, I expanded my research to high school and university students – also refer to my book ‘La gestion de la diversité au Liban. Visions de jeunes du secondaire’ (Dar el-Machreq, 2009). As I see it, many of the reasons why a process of critical reflection on the past is absent in this generation may lie in the Lebanese Education system and the absence of extensive Peace Education.
In my paper, I present one of the many aspects of a qualitative research targeting 500 students in three universities: St Josef, Notre Dame and Holy Spirit – students I taught while using an approach I developed over the years, which I called the ‘Inter-human pedagogy’ – the characteristics of this pedagogy are displayed in my paper, as well as the theoretical frame, the major concepts and the application in my classrooms. One of the goals of my approach is to contribute to the needed memorialization process by shedding light on existing narratives of the past and encouraging young people to construct their own while trying to find common truths with others. This generation needs to receive specific attention, as it is the generation that inherits the experience of violence as still living memory, and which molds and converts this remembrance into some form of collective memory or historical knowledge.
Dr. Pamela Chrabieh
(Balamand University, 21-03-2013)
The three main objectives of my research are the following: 1) To assess my pedagogical approach 2) To further understand the challenges of Peace Education and provide valuable insight on the advantages and difficulties of teaching and learning about war, peace, human rights, etc. in a university context 3) To identify the representations of war and visions of peace of university students, often neglected in academic studies and policy-making reports.
Two kinds of activities were used as ‘data generating’ platforms:  Storytelling activities on War and Art workshops on Peace. Storytelling activities in my classrooms included oral stories’ sharing and creative writing – at least 3 sessions per semester – with an assignment using Digital Storytelling.  As for Artistic Workshops, I ask my students to express individually and collectively their visions of Peace using Visual arts – at least 2 sessions per semester. In group workshops, students from different backgrounds learn how to create ‘shared spaces’ that may help them better understand each other’s beliefs and practices. Art can help them feel the pathos and waste of war and help to instill a desire and commitment to end war and work for peace. I believe that to create a culture of Peace, we must first imagine it and arts can help us do that.
The major methodologies of data collection I used are that of Storysharing and Participant Observation, and methodologies of Analysis are the Narrative Analysis and the Analysis of my field notes. Details are found in my paper.
The following table presents the students religious and political affiliations, as well as their social-economic status:
Students Religious AffiliationsStudents Political AffiliationsStudents Social Classes
25% Muslims
40% Christians
7% Druze
28% Other (other religious movements/ non-official sectarian branches/ non-religious affiliations: agnostics, atheists…)
30% March 8
35% March 14
25% Independent
25% Upper social-economic class/ Bourgeoisie
75% Middle-class

52% Women, 46% Men, 2% Other (Transgender, Queer…)

Here are few of the many themes I identified when analyzing the collected data:
War memories versus a culture of silence
Based on a survey I conducted in my classrooms, about 40% of the 500 students, all born in the 1990s, were not able to tell stories of the past. They knew very little of most of Lebanon’s history. Many of these students’ parents were not affiliated to political parties, or they were ex-militia who never raised the war subject at home. According to these students, they “never experienced the wars in Lebanon”.  However, while 30% preferred following the ‘blank page’ approach, believing the prospects of ending conflict were bleak, or the ‘wait and see’ approach, saying that to be Lebanese is to be in a constant state of wait, by the end of the course, 70% were seeking ways to cope with the memory of past violence in order not to repeat it, and to work on healing wounds.
Inherited (Micro-Macro) War Memories
60% of the students told stories about how their parents experienced physical war during the 1970s and 1980s. Stories of bombings, shelters, every day survival tips, death in family… Few shared what they experienced during the summer 2006 combats. 
 ’My father taught me the basics of shooting guns when I was a child. He never clearly explained why he thought it was important for me to be trained, until the events of May 7, 2008 (when inter-sectarian clashes in Beirut occurred). He told me then ‘Do you see why I taught you how to fight?’
This is what I call the micro level of inherited war memories or micro trans-generational narratives.
 As for the macro level of inherited war memories or macro trans-generational narratives: at least 70% of these students associated with a certain collective narrative. According to the pro-Kataeb students, the starting point of the war in Lebanon is the presence of Palestinians who wanted to expand beyond the refugee camps, thus attacking Christians and the Lebanese State. According to the pro-Leftists students, the right-wing Maronite Christians held great power and did not want to share it with others, thus creating social and political inequalities. Other students named Israel and Syria to be the only responsible forces at the basis of wars in Lebanon and their continuous ‘fuel’. Some blamed colonial powers such as Great Britain and France following the end of First World War and the dismantlement of the Ottoman Empire. Others blame the Ottomans, then the Turks, or the Cold War between the United States and USSR. Also, some students described the wars in Lebanon to be only civil wars and in particular Muslim-Christian conflicts.
 Furthermore, historical events were made to fit the individual narratives, by being added to or excluded from the narratives. For example, when students were asked about the massacre of Palestinian civilians which occurred in Sabra and Chatila refugee camps in 1982, many acknowledged the Israeli responsibility while dismissing the right-wing Christian Lebanese Forces’. When they were asked about the conflicts in Mount Lebanon between Christian Maronites and Druze, those who identified themselves as being Maronites only recalled the massacres of Christians by Druze. Similarly, anti-Hezbollah students failed to acknowledge the numerous Israeli invasions and occupations of Southern Lebanon.
 War memories: from hatred to conviviality
 There are students who portray peace as the elimination, deportation or destruction of the ‘other’, perceived as an enemy, while backing their vision on a particular perception of Lebanon’s past.
 Two people with their own different beliefs and perspectives concerning life, and life goals, can never unify and become one in a same country, especially if one people dominate the other by the use of force (i.e. Muslims and Christians).
Also, there are students who think that peace is achieved when sectarianism (as social-political system and attitude) is abolished, or even religions.
 However, a large part of the artistic work produced showed students had positive attitudes toward others. Positive war memories were being shared in the classroom, especially stories of interreligious/inter-sectarian dialogue and conviviality. A student argued that peace comes with “the acceptance of the fact that I am a rock among many other rocks, here to stay, but nonetheless working in harmony with other rocks to allow the structure to stand”. Another student associated the idea of being Lebanese with “living in a plural society and respecting the opinion of others”.
 In fact, at least 65% of  students see peace as harmonious relations between Lebanese, whether interreligious/intersectarian or inter-human. It was clear in their artistic work, interventions in class and written assignments. One of the students drew a musical key with the caption “we are all part of the symphony!”. Another student used a famous juice ad slogan. He drew a carton can of juice, and then added all the different denominations which form Lebanon as if they were the main ingredients, with the slogan “There is a little bit of Lebanon in all fruits!”.
Conclusion:
My research revealed that despite the ongoing violence, participation in various activities in class yields positive changes in perceptions and relations. Storytelling activities reveal emotional memories, whether conflictual or convivial, that are passed on from generation to generation, allowing individuals to both relate better and distance themselves critically from macro historical discourses; allocating them also to re-discover and understand the pain endured by their family/community, as well as the pain of others, and to recognize that the diversity of memories should be gathered to build a national memory.
Many of the narratives I have collected and then analyzed as part of my research were not experienced by the storytellers themselves. These stories belong to the students’ parents, friends, colleagues, political parties, sectarian communities… Despite this weakness, the process of re-encountering these memories as a mirror of the storyteller’s own experiences of physical violence or as a trigger that will force the storyteller to critically reconsider their family and political party’s narrative is in itself extremely valuable. As such, these stories become an integral part of their own autobiographies, history and identity.
Along with dialogue occurring in the classrooms. these stories have a far wider scope than the lifetime of individuals. They belong to Lebanon’s history. This history does not operate through a linear juxtaposition of facts, but through the co-presence of historical subjectivities. History emerges as a patchwork of truth’s fragments, not as a missing link in the quest for progress. Such a vision of history would help deconstruct the current top-down approach to teaching the history of Lebanon, responsible for promoting political disempowerment. It will develop a shared vision of the past, present and future. “Our history is not drawn linearly; it is a braid of stories”.

This is the summary of my paper “War and Peace Representations in the Lebanese University Context (Introduction to the Inter-Human Pedagogy)”