Sunday, December 02, 2007

Remembering Gebran Badine

En souvenir de Gebran Badine, victime de la violence meurtrière
par Pamela Chrabieh Badine[1]
Décembre 2007
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Cet article fut récemment publié par Scriptura Nouvelle Série (Faculté de Théologie et de Sciences de Religions de l'Université de Montréal, Québec, Canada). Vol.9-1, 2007, p.109-118 (Thème de la parution: Le suicide. Cancer de l'âme ou courage de la décision? )
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Résumé :
Cet article se fonde sur un témoignage personnel de l’assassinat d’un Libano-Canadien en Irak en 2004 et du traumatisme vécu par sa famille et ses amis. Le premier objectif est la dénonciation de la violence meurtrière qui sévit au Proche-Orient et le second est la mise en mémoire des victimes de guerre dont le souvenir est souvent relégué aux oubliettes.

Summary :
This article is based on a personal testimony of the assassination of a Lebanese-Canadian in Irak in 2004 and of the trauma experienced by his family and friends. The first goal is to denounce the murderous violence in the Near-East, and the second goal is to memorialize war victims who are often forgotten.

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Le 10 septembre 2004, mon beau-père Gebran Badine fut assassiné en Irak. Il avait cinquante-trois ans et tentait de lancer un commerce régional de produits alimentaires. Il était accompagné d’un de ses meilleurs amis et d’un couple de nouveaux mariés. A l’aube du 10 septembre, un groupe d’hommes armés envahit la maison qu’occupait Gebran et ses collègues dans le quartier des ambassades - réputé pour être sécuritaire - séquestra ces derniers dans une chambre et les cribla de balles. Seul l’ami de Gebran y survécut et put fuir en direction du Liban. La nouvelle de la mort atroce de Gebran et de ses collègues fit la une des journaux et provoqua un énorme traumatisme
[2] auprès de ses proches et de ses amis.

Dans quel but Gebran fut-t-il assassiné ? Pour des raisons confessionnelles ? Gebran était chrétien grec-catholique dans un environnement à majorité musulmane, mais les attentats qui devenaient de plus en plus fréquents en 2004 étaient perpétrés envers des individus et des collectivités de toutes confessions et appartenances. Pour des raisons politiques ? Gebran n’était membre d’aucun parti ou mouvement politique. Pour des raisons d’intérêts stratégiques et de course au pouvoir entre des clans et des tribus au sein de Bagdad ? Dans ce cas, Gebran et ses collègues constitueraient ce que l’on qualifie en politique internationale de « dommages collatéraux »
[3], ou alors de boucs émissaires dans une guerre qui n’était pas la leur.

A ce jour, la cause de la mort de Gebran reste inconnue. Tel est également le cas des auteurs du crime. Ni la justice irakienne, ni celle libanaise ou même canadienne - Gebran étant détenteur d’une double nationalité libano-canadienne - ne se sont penchées sur ce crime odieux advenu à Bagdad, capitale ensanglantée qui se meurt à grands feux. Après tout, qui est Gebran ? Vaut-il la peine d’être remémoré ? Sa mort, à l’instar de beaucoup d’autres, compte-t-elle sur l’échiquier national, régional et international ? Depuis l’invasion américaine en 2003, les massacres perpétrés quotidiennement dans cette région qui vit se développer les plus anciennes civilisations de l’Histoire, ne sont plus que des événements relégués aux oubliettes, des concours de circonstances, des accidents faisant partie du lot dit normal de la guerre. En ce sens, la mort de Gebran ferait partie de l’ordre des choses, du cycle de la vie et de la mort. Elle ferait partie des tragédies enfouies dans les méandres de l’Histoire, jugées par des politiciens, des historiens, des institutions médiatiques et des peuples entiers, inaptes à porter le qualificatif de mal absolu, d’horreur extrême, et donc inaptes à être même pointées du doigt.

Que de crimes commis contre l’humanité dans le passé et encore aujourd’hui sont sous-estimés, banalisés, oubliés, en dépit de la convention sur la prévention et la répression du crime de génocide adoptée par les Nations-Unies en 1948 et de la Convention de Genève stipulant la protection des civils en temps de guerre ? Ces nobles principes n’existent pas en pratique, et les civils souffrent en tous lieux : Vietnam, Hiroshima, Liban, Sarajevo, Rwanda, Palestine…Certes, l’on s’attarde parfois aux phénomènes dits massifs, mais si ce n’est pas le nombre de victimes qui pèse dans la balance, serait-ce leur qualité, leur nationalité, leur ethnie, leur religion ? Serait-ce une question de jeux de pouvoirs, d’intérêts? D’enjeux économiques, politiques, judiciaires ? De purification, d’unification, de sécurisation, de nettoyage ? D’implantation d’une quelconque démocratie ? De légitime défense ? Le fait d’États faibles ou alors d’États forts ?

Est-ce une poignée de juristes et d’experts qui sont habilités à nommer des génocides, des politicides
[4] ou des démocides[5], des guerres justes ou injustes, légitimes ou illégitimes, et donc à reconnaître et faire reconnaître aux yeux de tous l’annihilation d’êtres humains ? Le terme « génocide » ne peut-il pas être la pièce maîtresse d’une rhétorique agressive contre un adversaire politique ? Ne sert-il pas à la fois de bouclier et d’épée ? Selon l’historien Steven Katz, le seul génocide ayant été perpétré dans l’Histoire est celui des juifs.[6] Alors que pour le psychologue Israël Charny, tout massacre est un génocide.[7] Les définitions de cette notion sont bien plus nombreuses. Il en est de même pour celles de tragédie, d’holocauste, de meurtre, de crime, de destruction involontaire ou d’intention de détruire, la part du calcul ou le passage à l’acte, la « froide » ou la « chaude » décision de massacre etc… : les avis se partagent. À ce jour, il n’existe aucun modus vivendi sur lequel se baser pour déterminer qui serait la victime, le bourreau, le calculateur, le procureur… et de surcroît, quelle mémoire faudrait-il sauver des décombres. Pour ma part, toute guerre constitue un génocide, et tout être humain ayant péri de la folie meurtrière vaut la peine d’être remémoré, pour que justement cesse cette folie.

Malheureusement, depuis la deuxième guerre mondiale, les recherches sur les traumatismes de guerre et la mémoire de la guerre se concentrent principalement sur la situation des militaires. Récemment, une panoplie de films et d’ouvrages ont mis l’accent sur le traumatisme vécu par les anciens combattants des deux premières guerres mondiales, du Vietnam et de la première guerre du Golfe.
[8] Rares sont les recherches qui traitent des traumatismes vécus par ce que le psychiatre Libanais Adnan Houballah qualifie de combattants ou d’acteurs « passifs ». Il en est de même pour l’ensemble des individus et des collectivités victimes de violences extrêmes, et qui diffèrent des combattants « actifs » (armée, milices…), lesquels génèrent ces violences.[9] En ce sens, rares sont les recherches qui se concentrent sur le personnel, le psychosocial, l’humain, tels que représentés par les photographies de Rania Matar à travers le quotidien d’individus aux prises avec le lendemain des combats armés, ignorés et déshumanisés, souffrant de l’adaptation à la réalité de ce qu’ils ont perdu. Tel est notamment le cas au Liban, en Irak, et plus généralement aux Proche et Moyen-Orients, ce qui constitue un obstacle majeur face à la déconstruction des traumatismes de guerre et au soin des blessures psychosociales.

Or, la mise en œuvre de ce processus thérapeutique, tant au niveau individuel que collectif et national, est indispensable en vue de la construction de la paix et de la convivialité à long terme. En ce sens, il ne suffit pas de poursuivre des logiques de survie (assurer les besoins élémentaires), mais aussi des logiques que les ONGs qualifient d’immatérielles et qui sont multiples. En d’autres termes, il ne suffit pas de faire taire les canons et de s’engager dans un processus de ‘peacekeeping’ qui vise principalement les combattants « actifs », mais de s’engager dans un processus de ‘peacebuilding’ lequel vise surtout les acteurs « passifs » et a pour objectif de tisser des liens entre la diversité des composantes d’une société. Il est bien évident que l’irréparable - comme la mort de Gebran - ne se répare pas et que le traumatisme ne s’efface pas. Toutefois, il s’agit de permettre de vivre avec le traumatisme et non pas dans le traumatisme, de se libérer du passé tout en s’attachant à construire et reconstruire des liens familiaux et sociaux protecteurs. Or, comment se libérer du passé si l’omerta est de rigueur?

Au Liban par exemple, il est habituellement demandé tant aux enfants qu’aux adultes de ne pas revenir sur le passé, de taire les blessures, de se murer dans un mutisme approbateur de la fatalité du destin, privilégiant la survie sociale et politique à la survie psychique et humaine. La société entière est soumise aux chuchotements et à l’autocensure qui font que la moindre pensée subversive est automatiquement réprimée. Cette omerta ou loi du silence est renforcée au niveau national par l’auto-amnistie des leaders de la guerre en 1991. En effet, la loi no.84 du 26 août 1991 a voulu voiler le passé récent en accordant une amnistie aux criminels pour tous les actes commis avant le 28 mars 1991. Cette loi fut élaborée en fonction de critères politiques et non des droits de l’Homme. Les ‘Seigneurs de la guerre’ - expression utilisée en politologie Libanaise - ont fait en sorte que leurs crimes soient oubliés. Or, suffit-il de d’affirmer que le passé n’existe plus en droit pour qu’il cesse d’exister dans la réalité et les consciences, pour que victimes et bourreaux se valent ?

L’oubli n’est qu’une illusion, le temps nous rattrape à grandes enjambées et la souffrance nous descend, même si nous tentons de fuir. « Gare au retour du refoulé ! », avait prévenu un célèbre architecte Libanais lors d’une conférence en février 2004 intitulée « Le centre-ville, exploit ou fracture? ». Comment tourner la page sur des milliers de morts, de blessés, de disparus, de déplacés, de prisonniers, d’émigrés forcés, de destructions, d’horreurs ? Comment dépasser la peur qui marque sa présence et la dépression qui suit la fin de l’espoir ? Comment envisager ce qui sera sans tenir compte de ce qui a été ?

« Je désire savoir où sont les choses futures et passées, si l’on peut dire qu’elles sont. Si cette connaissance est au-dessus de moi, au moins je suis assuré qu’en quelque lieu qu’elles soient, elles n’y sont ni futures ni passées, mais présentes, puisque si elles y sont futures, elles n’y sont pas encore, et que si elles y sont passées, elles n’y sont plus ».

Aux interrogations de Saint Augustin, dans les Confessions (livre XI, chapitre XVII), répondent certaines certitudes : si l’avenir n’est pas encore et si le passé n’est plus, celui-ci n’est pas sans influencer celui-là. En ce sens, un avenir pacifié ne peut être envisageable si la politique de la tabula rasa relevant de la terre brûlée est adoptée. Celui-ci requiert la reconnaissance de la douleur en la muant en souvenir fondateur qui puisse nous en affranchir, notamment en construisant une mémoire
[10] individuelle et collective de la guerre. Dans cette perspective, la parole ou la mise en récit de l’événement traumatique occupe une place centrale dans le processus thérapeutique qui constitue la base du processus de ‘peacebuilding’ – construction de la paix. Donner un espace de parole, d’où l’on peut s’exprimer en toute sécurité et liberté, est indispensable pour passer de la simple reviviscence à la représentation, du souvenir au « ressouvenir » - un terme utilisé par Amin Maalouf[11] et qui signifie une réécriture, un déchiffrage, un dévoilement, un travail de critique et d’auto-critique (intériorisation), un projet herméneutique, un travail de deuil, un acte refondateur, une transformation - pour qu’on puisse dire les blessures, leur attribuer un sens, les comprendre et vivre avec.

La construction d’une mémoire individuelle et collective de la guerre accompagne nécessairement l’implantation d’un système judiciaire qui n’est pas fondamentalement axé sur la sanction mais sur la guérison des blessures. Telle est la différence entre la justice réparatrice telle qu’appliquée par exemple en Afrique du Sud et la justice punitive clamée haut et fort par des leaders Libanais depuis l’assassinat de l’ex-premier ministre Rafic Hariri en février 2005. Une commission Vérité et Réconciliation pourrait être pensée et implantée à long terme tant au Liban qu’en Irak et adaptée à leurs contextes respectifs.
[12] Au Liban par exemple, elle pourrait se baser sur les valeurs du dialogue interreligieux longtemps pensé et pratiqué, tant dans le quotidien du peuple Libanais qu’en milieux académiques et institutionnels. Ces valeurs pourraient être élargies à une vision-pratique plus large de la convivialité inter-humaine, à l’instar de l’ubuntu africain, lequel exprime une attitude d’humanité à l’égard d’autrui et accorde une importance à la communauté humaine.[13]

En ce sens, le principe ‘œil pour œil, dent pour dent’ ou la culture de la vendetta sont remplacés par un processus réparateur impliquant toutes les parties, constituant une manière puissante d’aborder non seulement les préjudices matériels et physiques causés par les crimes, mais aussi les préjudices sociaux, psychologiques et relationnels. Cette démarche est centrée sur la victime, et la communauté et le dialogue en sont les éléments centraux. Le but n’est pas la vengeance, mais que la vérité soit connue et qu’une reconnaissance publique soit officiellement sanctionnée. Les auteurs de crimes de guerre ont beau répéter que personne n’entendra les victimes, que personne ne se soucie d’elles, que personne ne le saura jamais… D’où la nécessité de faire face à ce que le journaliste Lawrence Weschler qualifie d’ « instant primordial » :

« Qui était là ? Qui criait ? Qui se tenait aux côtés de la victime, et que faisaient-ils ? Qui, encore maintenant oserait écouter ses cris ? Qui souhaite le savoir ? Qui sera tenu responsable ? Et qui leur en demandera des comptes ? »
[14]

Le but est donc la compréhension de ce qui s’est passé, l’établissement d’un état des lieux, des causes, de la nature et de l’étendue des dégâts, le dévoilement du passé sans complaisance et sans maquillage, l’apaisement social par le désamorçage des rancoeurs, la réhabilitation et la restauration de la dignité civile et humaine des victimes. La paix en soi et avec les autres est à ce prix. Tel fut le cas en Afrique du Sud, au Guatemala, au Maroc, etc. Tel peut être le cas au Liban en particulier et au Proche-Orient en général. Sans cela, le massacre de centaines de milliers d’êtres humains, tel celui de Gebran, continuera d’être perpétré et la société restera empoisonnée par les maux passés qui réapparaîtront inévitablement dans l’avenir. En ce sens, cet article se veut un premier effort pour faire reculer l’omerta, pour redonner à Gebran la mémoire qui lui est due.
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NOTES
[1] Pamela Chrabieh est détentrice d’un doctorat en Sciences des Religions de l’Université de Montréal. Elle est chercheure post-doctorante depuis juin 2006 à la Chaire de recherche du Canada en Islam, Pluralisme et Globalisation de l’Université de Montréal et à l’Institut d’études islamo-chrétiennes de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Sa recherche qui est financée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (CRSH) de juin 2006 à mai 2008 s’intitule : « Voix-es de reconstruction nationale au Liban. Contributions des 25-40 ans ».
[2] Le traumatisme peut se définir comme l’effet d’un événement qui sort de la norme et au cours duquel les défenses psychiques ont été submergées. A maints égards, on peut comparer cette expérience à une blessure émotionnelle. L’événement vécu laisse par la suite une cicatrice dont l’importance dépend de l’ampleur du choc vécu et du soutien reçu. Consulter à cet effet : http://www.aubonnebridge.net/data/traumaflier_fr.pdf; L.CROCQ, Les traumatismes psychiques de guerre, Paris, Odile Jacob, 1999.
[3] Ce type de vocabulaire est passé dans le langage militaire courant puis dans celui du politique et des médias pour cacher le massacre de populations civiles au cours de combats guerriers et qui devrait être qualifié de crime de guerre ou de crime contre l’humanité. Consulter à cet effet : I. VALE MAJERUS, De quel droit? Le Droit international humanitaire et les Dommages collatéraux, Paris, Le Serpent à plumes, 2003; G. ACHCAR, Le Choc des barbaries, Paris, Complexe, 2002.
[4] Le terme politicide est un néologisme signifiant littéralement « tuerie politique » et peut être utilisé pour définir un massacre de personnes pour des motivations politiques ou l’élimination d’une entité politique (Source : Wikipédia).
[5] Le terme démocide signifie « le meurtre d’une personne ou d’une population par un gouvernement, y compris le génocide, le politicide et les exécutions de masse » (Source : Wikipédia).
[6] Voir S. KATZ, The Holocaust in Historical Context, vol. 1, New York, Oxford University Press, 1994.
[7] Voir G. ANDREOPOULOS (ed.), Genocide: The Conceptual and Historical Dimensions, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1994.
[8] Voir J.Y. LE NAOUR, The Living Unknown Soldier : A Story of Grief and the Great War, London, Metropolitan Books, 2004; T. NHU TANG, A Vietcong Memoir: An Inside Account of the Vietnam War and Its Aftermath, New York, Vintage, 1986; G. NICOSIA, Home to War: A History of the Vietnam Veteran’s Movement, New York, Caroll & Graf, 2004; M. HONG KINGSTON (ed.), Veterans of War, Veterans of Peace, Kihei (Hawai), Koa Books, 2006.
[9] Voir A. HOUBALLAH, Le virus de la violence, Paris, Albin Michel, 1996.
[10] Le terme « mémoire » est défini de multiples manières (polysémie que l’on trouve dans des travaux académiques : études culturelles, historiques, anthropologiques, psychologiques, sociologiques…). En témoignent les travaux fondateurs du sociologue français Maurice Halbwachs, de l’historien Pierre Nora, du sociologue américain Jeffrey Olick, etc. Voir M. HALBWACHS, On Collective Memory, Chicago, University of Chicago Press, 1992, p.51; P. NORA (dir.), Les lieux de mémoire, t.1-2-3, Paris, Gallimard, 1993 ; J. OLICK, In the House of the Hangman: The Agonies of German Defeat, 1943-1949, Chicago, University of Chicago Press, 2005; et “Genre Memories and Memory Genres: A Dialogical Analysis of May 8th, 1945 Commemorations in the Federal Republic of Germany”, American Sociological Review, no.64 (1999) p.381-402. Dans cet article, le terme « mémoire » est défini en tant que passage du souvenir ou de la simple reviviscence au ressouvenir, signifiant une réécriture, un déchiffrage, une mise en récit, une représentation, un dévoilement, un travail de critique et d’auto-critique (intériorisation), un projet herméneutique,, un travail de deuil, un acte refondateur et une transformation.
[11] Voir A. MAALOUF, Les identités meurtrières, Paris, Grasset, 1998; Origines, Paris, Grasset, 2004.
[12] Voir Truth and Reconciliation Commission of South Africa, Hampshire, Palgrave Macmillan, 1999.
[13] Voir M. BATTLE,. Reconciliation : The Ubuntu Theology of Desmond Tutu, Cleveland (Ohio), Pilgrim Press, 1997.
[14] Voir L. WESCHLER, ‘Afterword’, State Crimes: Punishment or Pardon, Queenstown, Aspen Institute, 1988, p.91-92.

26 comments:

Anonymous said...

Excellent article Pamela et très émouvant. Nos condoléances pour ton beau-père. En espérant que la vérité sur tous les crimes commis contre l'humanité soit un jour connue pour que ces crimes ne soient plus perpétrés.

G.

Pamela Chrabieh Badine said...

Merci G.
L'anniversaire de mon beau-père était le samedi 1er décembre. En son souvenir, j'ai aimé publier cet article sur mon blog. L'important est de ne jamais oublier, et de commémorer les personnes que nous aimons. L'oubli entraîne automatiquement la perte de sens, de repères, et nous garde enfermés dans le cercle de la violence.
Quel que soit le 'lieu' dans lequel tu te trouves Gebran, nous pensons à toi, nous t'aimons et nous n'allons jamais t'oublier.

From Nahwa al-Muwatiniya said...

Nahwa al Muwatiniya is pleased to invite you to join its Hiwar session:
A conflict resolution
training session presented by Lebanese Youth for
Tolerance
"Lebanese Youth for Tolerance is a new NGO whose
mission is to promote a culture of tolerance that will
result in respect, acceptance and appreciation of
religious and political diversity in Lebanon.

The organization tries to achieve its objectives by
carrying out training sessions targeting the youth. The sessions are
moderated discussion periods that focus on conflict
resolution training with special focus on the Lebanese
War and the present political situation.

During this session of Naam Lil Hiwar, Elie Awad will
present sections of the training sessions on conflict
resolution. A discussion will follow about the social
and political role of Lebanese youth.

Hope to see you all there.

Date & Time: Monday 3 December, 2007 at 8:30pm

Place: Tonga- Hamra- Sourati Street, close to Evergreen (For directions please call: 03-562478 or 01354466)

Nahwa al Muwatiniya

www.na-am.org

01-354466

03-562478

Marchello said...

Très beau texte Pamela, idéaliste pour ce temps mais prometteur et plein d'espoir pour l'avenir.

Ce premier pas est surement d'outrepasser cette culture de l'omerta et de l'oublie du passé que tu nous décris.

Qui a intérêt à ce que le peuple oublie et qu'ainsi tout se répètent "ad vitam aeternam"?

Faysal A. Bentahar said...

Merci beaucoup Pamela pour ce texte. Comme dit avec raison Marchello, il faut combattre l'oubli surtout lorsque celui-ci cherche à occulter l'horreur. Si l'oubli veut cacher l'horreur c'est parceque il sait pertinement que l'horreur n'a pu être commise que grâce pa un oubli... Oublier que l'autre était un sujet et non pas un objet, oublier que l'autre est un être et non pas un paraître, oublier, en fin de compte, que l'autre n'est pas, et malgré les apparences, si autre que je le crois (en faite il suffirait de partager un peu de temps avec lui, avec cet autre, pour retrouver des ressemblances, un miroir humain, justement).
Il y a toujours une voix humaine qui s'est perdue parmi les ombres, les tenêbres et les silences et que seuls ceux qui croient à la vie s'obstinent à repêcher. Et Dieu sait si la nuit est vivante ! C'est un simple geste qui peut rendre la vie là où il n'y avait que mort, qui peut rendre la lumière là où il n'y avait qu'obscurité, qui peut rendre une voix là où il n'y avait qu'un silence. Un simple geste, pas une intention, mais un geste.
"A toi le geste, de Dieu le mouvement". La phrase fut prononcé il y a trois siècles par un soufi anonyme. Sa voix demeure

Pamela Chrabieh Badine said...

Merci Marchello pour ton message! Cela m'encourage à poursuivre...
Merci aussi à Faysal. Tes paroles sont poignantes de vérité.
"A toi le geste, de Dieu le mouvement"... Certainement que je méditerai dessus ce soir...

Sociétés et Décadence said...

Quel texte poignant, Pamela…

Que de crimes ont été commis par l’homme au nom de la défense des droits « humains » ; quelle parade inadmissible !

Non, il ne faut jamais oublier ; jamais ! Non seulement doit-on se souvenir, mais nous nous devons de parler, d’accuser les responsables de toutes ces atrocités commises par quelques « juges » qui se croient être les seuls investis de la vérité. Peut-être qu’avec beaucoup de patience et de détermination parviendrons-nous un jour à museler tous ces chefs d’états oppresseurs. Mais, pour parvenir à libérer les peuples de ces despotes, de ces « assassins de droit divin », il nous faudra lutter encore et encore. Toi, Pamela, tu es l’exemple irréprochable de cette lutte tenace, incessante. Je crois sincèrement que nous devrions tous prendre modèle sur toi. En tout cas, mois j’essaye, tant bien que mal, de suivre tes pas dans ta marche vers la liberté et la justice.

Salutations à tous les tiens,

André.

Pamela Chrabieh Badine said...

Merci André!
Permettez-moi ici de citer ici un proverbe africain:

"Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur "

A chacun d'entre nous alors d'écrire son histoire et de la partager avec autrui.

Pamela Chrabieh Badine said...

N.B. le message précédent contient deux fois le terme 'ici'. Je m'en excuse.

Raya (du Liban) said...

J'ai trouvé sur le site de afrikara.com un petit commentaire concernant le proverbe cité par Pamela et qui m'a semblé très intéressant:

"Comment dire autrement que l’histoire des vainqueurs n’est pas l’histoire tout court, que le débat sur la mémoire collective n’est pas seulement question d’objectivité mais de rapport de force.

On peut méditer ce proverbe à travers une infinité de situations mettant en relation un dominant, colonisateur par exemple et un dominé, supplicié. Chacun sait aujourd’hui que l’histoire de la seconde guerre mondiale, écrite par les vainqueurs est loin d’avoir tout dit, tout révélé, ne serait-ce que …la vérité. Ainsi, de façon complaisante a t-on laissé fleurir après guerre des colonies de résistants bien discrets au moment de l’occupation allemande.

Aussi notamment a t-on pu minorer l’impact de la participation africaine, première force réelle des Forces de la France libre à être entrer en confrontation avec les Allemands, essuyant en 1940 de très lourdes pertes. Les prisonniers africains capturés par les allemands allaient connaître les affres des camps, crimes de guerres, traitements d’une rare violence.

La même réflexion s’applique aux pratiques coloniales, toutes les guerres non avouées, non reconnues, toutes les fosses communes sauvages qui parsèment l’Afrique ex-colonisée. Les enjeux de la mémoire de la traite négrière -qui a significativement contribué à faire prospérer l’Europe et le Nouveau Monde-, sont constamment écartés des débats des humanistes encartés, comme si ceux-ci craignaient d’être démasqués, à l’instar de Voltaire qui vécut des capitaux de la traite négrière, démasqués prêcheurs humanistes le jour, pillards colonialistes la nuit.

Ce proverbe d’une certaine façon invite les dominés, faibles, vaincus à donner leur version de l’histoire, une écriture alternative à celle inculquée par les historiens –noter le rien de historien- du château et même du statu quo.

Bien sûr il ne s’agit que d’un proverbe africain, …on ne va pas lui donner autant de profondeur critique et philosophique comme aurait pu dire Hegel, philosophe allemand pour qui l’Afrique était en dehors de tout mouvement, en dehors de l’histoire. Histoire de chasse ?

Pamela Chrabieh Badine said...

Un grand merci Raya! En effet, ce texte est très éclairant, et nous pousse à entamer un processus de critique et d'autocritique sur notre savoir, nos connaissances, nos préjugés et nos visions du monde.
J'encourage fortement tous ceux et toutes celles qui ont des histoires à partager sur des victimes de guerre ou de crimes contre l'humanité de le faire sur ce blog - et ailleurs aussi.

From Tadamon! Montreal said...

Community Convergence on 'Reasonable Accommodation'.A Panel Discussion on Racism in Quebec. :SATURDAY, DECEMBER 8th. 7pm Center Communautaire Musulman de Montreal [CCMM]3300 Cremazie East, corner of St. Michel[Saint-Michel Metro]Donations Appreciated.Child Care Available
http://tadamon.resist.ca/index.php/post/1021 Organized by Refusing Intolerance in Québec (R.I.Qc), a network made up of a broad spectrum of groups, organizations, and individuals in the Montreal area opposed to the racist assumptions and the political manipulation of the current 'debate' surrounding "reasonable accommodations" by all major political parties in Québec and sensationalized by the corporate media. A community forum aimed to create a space to collectively examine the real political and social roots of "Reasonable Accommodation", an opportunity to challenge its foundations in political opportunism, racism and xenophobia. An event organized to come together in an effort to build support and solidarity with the organizing efforts of marginalized communities to fight against racism, to demand respect and equality in Quebec, not 'accommodation' or 'tolerance'. ---> Presentations / Performances: * HICHAM HALLAL: Community organizer with the Centre Communautaire Musulman de Montréal, established in 1999 mainly by the Lebanese community, located in north Montreal and dedicated to meet the spiritual, social and educational needs of Muslims in Montreal. Hicham has been intrinsically involved in the organizing and establishment of the network Refusing Intolerance in Québec (R.I.Qc) aiming to respond to the racism in Quebec surrounding the Bouchard-Taylor Commission. * GADA MAHROUSE: Completing a doctoral degree in the Department of Sociology and Equity studies at the Ontario Institute for Studies in Education of the University of Toronto. Her graduate studies were prompted by experiences in community feminist organizations. Her specific areas of interest include critical race, feminist & post-colonial theories; questions of power in solidarity and resistance movements; and social justice education. She has taught several courses with a focus on race and gender at the University of Toronto and at the University of Ottawa. * NO ONE IS ILLEGAL: Presentation from the grassroots anti-colonial immigrant and refugee rights collective which has been centrally involved in the anti-racist organizing response surrounding the current 'debate' on 'reasonable accommodation', including the organization of the recent pickets and speak-outs outside the Bouchard-Taylor Commission, which faced a police attack in which, uniformed officers pushed and punched protesters, and used batons; several police had also drawn their taser guns. * 23 (tu-three): A Muslim artist transplanted from Florida now residing in Montréal, who will be performing a series of poems concerning the current 'debate' in Quebec surrounding 'Reasonable Accommodation'. 23 (tu-three) has been directly involved in the creation of the organizing network Refusing Intolerance in Québec (R.I.Qc). For more information on the grassroots organizing response from groups, organizations and collectives involved in the Refusing Intolerance in Québec (R.I.Qc) network visit the links below. * Refusing Intolerance in Quebec.http://tadamon.resist.ca/index.php/post/1019 * No One is Illegal: Police attack anti-racist protesters at Commissionhttp://nooneisillegal-montreal.blogspot.com/2007/11/police-attack-anti-racist-protesters-at.html

Faysal A. Bentahar said...

Question aux lecteurs de ce blog :

Qu'en pensez-vous du dernier rapport NIE (National Intelligence Estimates), publié ce lundi et dans lequel les seize agences fédérales de renseignement américain (dont la CIA) affirment que l'Iran a gelé en 2003 son programme nucléaire militaire ?

Sociétés et Décadence said...

Rien ne fera changer d'idée le « fou » qui loge à la Maison Blanche : Pour lui, il n'y a que le pétrole et la guerre...le pétrole et la guerre...le pétrole et la guerre...

Faysal A. Bentahar said...

Iran : inquiétant rapport, par Bruno Tertrais

Attendue depuis plusieurs mois, la publication du rapport de la communauté américaine du renseignement sur le programme nucléaire iranien est, si l'on ose dire, une petite bombe, dont les effets politiques et diplomatiques vont être considérables. Mais ce rapport est en fait beaucoup plus inquiétant qu'il n'y paraît.

D'abord, deux bonnes nouvelles. La première est que la communauté américaine du renseignement vient de faire la preuve de son indépendance : dire d'emblée que les activités militaires de l'Iran ont été interrompues fin 2003 ne va pas exactement plaire aux faucons de l'administration Bush, et en particulier au vice-président Cheney... La seconde est que, de l'avis des espions américains, la stratégie de pression internationale est utile et fonctionne bien, puisque c'est elle qui aurait conduit à cette décision iranienne de 2003.

Malheureusement, le rapport ne s'arrête pas là, et nous dit ensuite beaucoup de choses inquiétantes. Plusieurs points méritent d'être soulignés. Premièrement, l'existence d'un programme parallèle, à vocation strictement militaire, depuis le milieu des années 1980, est confirmée pour la première fois.
Deuxièmement, personne ne sait si ce programme demeure suspendu ou s'il a repris : en effet, le rapport ne s'engage pas sur ce qu'il en est advenu après juin 2007, et dit par ailleurs que deux agences de renseignement ont des doutes sur l'arrêt complet de toute activité à visée militaire.
Troisièmement, l'on apprend, et c'est une vraie surprise pour tous les experts du dossier, que Téhéran aurait importé de l'étranger de la matière fissile de qualité militaire, sans que l'on sache ce que l'Iran a pu faire de cette matière fissile...

Quatrièmement, les spécialistes américains nous disent clairement qu'au minimum Téhéran veut maintenir une "option nucléaire", c'est-à-dire se garder la possibilité à tout moment de faire une bombe atomique. Cinquièmement enfin, la communauté américaine du renseignement est devenue un peu plus pessimiste sur le temps qu'il faudrait à l'Iran pour produire dans ses propres installations suffisamment d'uranium hautement enrichi pour fabriquer la bombe : alors qu'elle évoquait traditionnellement la période 2010-2015, elle n'exclut pas désormais que cela puisse arriver dès 2009.

Le problème nucléaire iranien reste donc entier, et tout cela devrait conforter la communauté internationale dans sa demande réitérée de suspension des activités d'enrichissement conduites par Téhéran. Car même en admettant que les activités strictement militaires de l'Iran soient encore dormantes, il faut rappeler ici que les installations "duales" - celles qui peuvent servir soit à des fins civiles, soit à des fins militaires - continuent de fonctionner...
Dans l'usine d'enrichissement de Natanz, en effet, les centrifugeuses P1 installées sont de plus en plus nombreuses, et commencent à fonctionner en cascade. Sans compter que le mystère demeure entier sur les centrifugeuses P2, plus modernes, dont l'Iran a acheté la technologie au Pakistan, et qui sont peut-être aujourd'hui testées dans une installation secrète.

Mais, paradoxalement, le problème est subitement devenu beaucoup plus difficile à régler. Car le premier effet politique de la publication du texte américain est de réduire à néant la perspective de nouvelles sanctions unanimes par le Conseil de sécurité. Depuis mardi soir, la Russie et la Chine font savoir qu'il est absolument hors de question, dans ces conditions, de voter une nouvelle résolution à l'ONU. Ainsi, alors même que la communauté américaine du renseignement nous dit que les pressions internationales ont fait preuve de leur efficacité, puisqu'elles auraient poussé l'Iran à interrompre ses activités militaires, pour un temps au moins, à la fin 2003, la conséquence de la publication de son rapport est de rendre désormais beaucoup plus difficile la poursuite de ces pressions... A n'en pas douter, on doit se réjouir à Téhéran.

Bruno Tertrais est maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, auteur d'Iran, la prochaine guerre (Editions du Cherche Midi, 2007).

Article paru dans Le Monde, édition 08.12.07

Anonymous said...

Rapport ou pas, on ne sait jamais si l'administration Bush arrêtera la machine de guerre au Moyen-Orient. A moins qu'une nouvelle stratégie serve mieux ses intérêts. Personnellement, je doute que les moyens diplomatiques soient l'option retenue à court ou moyen terme.

L.

Sociétés et Décadence said...

Belle et Bonne semaine ! Pamela.

From Nahwa al-Muwatiniya said...

Nahwa al-Muwatiniya is pleased to invite you to a session with

Dr. Nassim Khoury: President of the democratic gathering and member of the National Unity forum who will discuss:

Lebanon between Political Security and Military Security

Date & Time: Monday 10 December, 2007 at 8:30pm

Place: Tonga- Hamra- Sourati Street, close to Evergreen (For directions please call: 03-562478 or 01354466)



لبنان بين الأمن السياسي والأمن العسكري


هل ينفع تعدد وتضخم القوى العسكرية في ظل هذا الموزاييك السياسي - الزئبقي - في لبنان؟! وفي حال تحقق الوفاق.. هل يستطيع كبح الغليان الإقليمي من التمدد الى بلد صغير وهش في غياب درع عسكري واقٍ؟

هذه الأسئلة وتشعباتها موضوع ندوة (نعم للحوار) مع رئيس تكتل اللقاء الديمقراطي وعضو منبر الوحدة الوطنية الدكتور نسيم خوري.

الإثنين - 10 كانون اول - الساعة 8 مساءً


tonga club الحمرا - شارع مستشففى الجامعة الأمركية - قبل وزارة الإقتصاد ب50 متر - بناية بيروت إكسبرس

From Maya Barakat said...

The Department of Social and Behavioral Sciences

(Faculty of Arts and Sciences at the American University of Beirut)

The Canadian Embassy in Lebanon
and the Human Rights and Peace Club (AUB)cordially invite you to a lecture by Patrice Brodeur

Professor, Canada Research Chair on Islam, Pluralism, and Globalization, University of Montréal

Multiculturalism, Interculturalism, and Pluralism

in Canada and the Middle East

Lessons and Challenges

Thursday, December 13, 2007. 5:00–6:30 pm

West Hall, Room 204, followed by a reception
LEBANON

Marchello said...

Pour énerver un occidentale assis à coté de soi dans un avion: lui montrer son portable avec ce site:

A_T_T_E_N_T_I_O_N
.... Faut bien rire un peu...lol.

Pamela Chrabieh Badine said...

Encore un attentat à la voiture piégée aujourd'hui le 12 décembre 2007 à 7h du matin, survenu à Baabda au Liban. Un général de l'armée Libanaise, François al-Hajj, fut tué sur le coup, ainsi que d'autres personnes (et plusieurs blessés). Une 'première' visant le corps de l'armée. Le cercle de la violence est continu, et cela à l'approche des fêtes de Noël, du Nouvel An et d'al-Adha. Comment fêter dans ces conditions?

From Associated Press:
A car bomb attack killed one of Lebanon's top military generals and at least two others Wednesday, the military and state media said, putting even more pressure on the country's delicate political situation.
The target of the attack, Brig. Gen. Francois Hajj, a top Maronite Catholic in the command, was considered a leading candidate to succeed the head of the military, Gen. Michel Suleiman, if Suleiman is elected president.

Hajj, 55, also led a major military campaign against Islamic militants over the summer.

The blast is the first such attack against the Lebanese army, which has remained neutral in Lebanon's yearlong political crisis and is widely seen as the only force that can hold the country together amid the bitter infighting between parliament's rival factions.

The political divisions have paralyzed the government and prevented the election of a president, leaving the post empty since Nov. 23 in a dangerous power vacuum. Under Lebanon's sectarian division of political posts, the president must be a Christian Maronite, like the army commander.

The slaying of Hajj and its timing amid the deadlock over the presidency raised immediate speculation over who was behind the bombing, which blasted Hajj's SUV as he drove through a busy street of Baabda district.

Sociétés et Décadence said...

Tous ces carnages ne cesseront donc jamais ?

Pour la ennième fois, soyez tous très prudents !

Siham (de Beyrouth) said...

L'éditorial de Issa GORAIEB
Soleil rouge

L'Orient-le-Jour, 13 dec. 2007

C’était à l’heure où Beyrouth s’éveille, où les bus de ramassage scolaire sillonnent déjà les routes, où les banlieusards commencent à affluer vers la capitale pour gagner leur lieu de travail. Connu pour son acharnement à la tâche autant que pour sa compétence professionnelle et ses hautes qualités morales, le général François el-Hajj était un de ces lève-tôt guettant les premières lueurs du jour et rognant volontiers sur la trêve de la nuit. Et c’est à l’entrée de Baabda, sur ce rond-point jouxtant le siège de la municipalité – et où le stationnement est rigoureusement interdit pourtant –, que l’attendait tranquillement la classique pourvoyeuse de mort sur quatre roues.

Par son procédé, l’attentat à la bombe d’hier n’est guère nouveau hélas, et il rappelle plus particulièrement celui qui, il y a deux ans jour pour jour, emporta le très regretté journaliste et député Gebran Tuéni. À la différence de tous les autres cependant, cet attentat ne visait pas une personnalité du 14 Mars, mais un des principaux rouages humains de l’armée, seule institution demeurée intacte, incontestée, dans un pays au gouvernement bancal, au Parlement neutralisé par son propre président et privé désormais de chef d’État. C’est dire que la guerre terroriste menée contre le Liban vient d’atteindre ce qui est peut-être son ultime palier, et cela au moment précis où l’impasse politico-constitutionnelle, la faillite du système et les graves fissures apparues dans la formule de coexistence libanaise se conjuguent pour faire d’un militaire, le commandant de la troupe Michel Sleimane, l’unique candidat de consensus à la présidence de la République.

Plus que quiconque, le général François el-Hajj, natif du village frontalier de Rmeich, était au fait de la puissance dévastatrice de l’ennemi israélien, laquelle s’est exercée des décennies durant contre la terre cuite et recuite du Liban-Sud. Il était non moins conscient toutefois des périls mortels – et même particulièrement mortels pour un pays pluriconfessionnel comme le Liban – que représentent toutes les dérives idéologiques qui, du message céleste, ont fait un instrument de haine, de crime, de terreur. Chef d’opérations de l’armée, el-Hajj fut ainsi le moteur et coordinateur de la campagne du camp palestinien de Nahr el-Bared où s’étaient retranchés les activistes du Fateh el-Islam.

Mais surtout, le général el-Hajj était naturellement promis à la succession du commandant de l’armée si celui-ci était élu président, et c’est là où son assassinat revêt valeur de message hors-série : la sanglante missive se trouvant adressée non plus seulement au peuple libanais, mais spécifiquement aussi, en pli recommandé, au général Michel Sleimane lui-même. Au premier, l’implacable machine de mort a voulu signifier une fois de plus qu’elle est toujours là, terriblement efficace, jouissant d’une insolente impunité en dépit de toutes les injonctions internationales, appliquée à tuer, par-delà les hommes, les volontés, l’esprit de résistance, les aspirations de tout un peuple à l’harmonie étatique, à la liberté, à la souveraineté et à la justice.

À Michel Sleimane qui s’est fait fort – président ou non – de préserver en toute circonstance l’ordre public, qui entend être un président à part entière, libre de toute hypothèque consensuelle, notamment en ce qui concerne les nominations de nouveaux responsables sécuritaires, sans doute a-t-on voulu rappeler qu’il n’existe pas a priori – c’est-à-dire hors de toute concertation régionale – de sanctuaire au Liban. Et que cette forme suprême d’insécurité qu’est le terrorisme peut frapper à sa propre porte, sévir contre les plus proches de ses proches.

Enfin, la brutale élimination de François el-Hajj, qui joua un rôle actif dans les funestes combats entre chrétiens et dont la perte a été durement ressentie d’ailleurs par son ancien supérieur le général Michel Aoun, pourrait servir, si l’on n’y prend garde, à raviver les tensions au sein de cette même communauté.

D’une pierre plus d’un coup : le raffinement, c’est aussi l’affaire des assassins.

Anonymous said...

C'est comme si les Libanais s'étaient résignés à leur sort... Il fallait voir la tête des gens hier dans les rues. Un spectacle triste car les attentats font désormais partie du 'décor', comme en Irak. Il faut vivre avec...
Mais personnellement, je suis révolté et répugné et je me demande à chaque instant que faire pour y remédier. Ce ne peut être notre sort d'attendre notre tour d'être lynchés.

L.

Pamela Chrabieh Badine said...

A tous mes amis-es, lecteurs et lectrices,

je vous souhaite un très beau temps de fêtes et une nouvelle année empreinte de véritables paix (paix physique et paix de l'âme)et convivialité.

Sociétés et Décadence said...

C'est aussi ce que je te souhaite, Pamela, de même qu’à tous les membres de ta famille et à tous tes proches !

Ton ami virtuel dans la Paix et la Liberté,

André