Friday, September 02, 2011

LA JEUNESSE CHRETIENNE MOYEN-ORIENTALE: ARTISANE DE PAIX



Jeunes universitaires (USEK, Liban, Hiver 2011) - Atelier 'Construction de la paix'
Cours de Dr. Pamela Chrabieh Badine

Le Moyen-Orient ne se réduit pas à un espace de conflits et de polémologies, mais il présente aussi de multiples lieux où s’inventent et se réinventent des protocoles de paix, de négociations, d’ententes et de convivialité. Une partie de ces lieux est investie par les initiatives de jeunes chrétiens : artistes, journalistes, internautes, écrivains, activistes au sein d’organismes non-gouvernementaux, membres de groupes de dialogue interreligieux et interculturel, membres de pastorales universitaires… Les luttes de ces jeunes démontrent que les sociétés civiles moyen-orientales ne sont pas faites que de désespoir et d’affaissement socio-politique, mais aussi de volontarisme social et politique et de capacité d’agir sur soi-même et sur l’environnement.
Toutefois, et afin d’élargir ces lieux de paix, l’ensemble de la jeunesse chrétienne est appelé à tirer les leçons des guerres successives qui ont marqué l’histoire du Moyen-Orient, à briser la culture de la guerre, à créer des lieux de réconciliation entre une diversité d’appartenances, qu’elles soient ethniques, religieuses, politiques ou sociales. Cette jeunesse est appelée à opérer un retournement d’attitude de la victime à celle d’une responsabilité partagée qui favorise une citoyenneté actrice de paix. Elle est donc appelée à témoigner de sa foi en devenant artisane de paix.
En ce sens, elle contribuerait à assigner au fait religieux - le fait chrétien au Moyen-Orient -  sa fécondité culturelle et ses apports pertinents dans la définition et le fonctionnement de la dette de sens. Il serait ainsi possible d’édifier un vivre ensemble en tant que communion qui proviendrait de l’intérieur des espaces confessionnels-religieux (intra-catholique en particulier et intra-chrétien en général), et qui s’élargirait à l’interhumain; une communion qui permettrait de désapprendre ce qui fut inculqué. Désapprendre n’implique pas d’être en rupture totale, ni d’adopter une pédagogie libertaire, mais de favoriser des lieux de questionnement, et de là, de création suivant une démarche critique et ouverte.
Dans l’Apocalypse de Jean, Jésus-Christ ouvre la voie au Salut. Pour l’apocalypse moyen-oriental, c’est en fonction de la communion plurielle que pourraient se dessiner les multiples visions de l’avenir portées par des sociétés complexes, changeantes et traversées par des dynamiques identitaires polymorphes. En d’autres termes, seule cette communion serait capable de prolonger l’itinéraire humain à voix multiples, en tenant compte du flou des frontières, et cet autre encore à advenir, qui nous échappe. Grâce à cette communion, il serait possible de construire et de renforcer au Moyen-Orient des espaces communs, des intelligibilités communes, sans nier les spécificités, ni ériger celles-ci en singularités absolues. 

2 comments:

Roland said...

Je tenais a vous remercier chere Dr. pour le cours que j'ai suivi avec vous l'hiver passe. Je vous souhaite tout le courage possible pour la suite de vos travaux.

Roland

Dr. Pamela Chrabieh Badine said...

Merci Roland! A toi pareillement!