Wednesday, October 17, 2007

Third world war

Vers une troisième guerre mondiale?
Octobre 2007
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"Alors que le président Poutine avait accordé, mardi, son soutien à l’Iran, dans le cadre du sommet des États riverains de la Caspienne, le président Bush a mis en garde, hier, contre une troisième guerre mondiale au cas où Téhéran se doterait de l’arme nucléaire" (OJ, 18 oct. 2007).
Une 'belle' nouvelle qui annonce un automne chargé de promesses de guerres non seulement locales (conflit intra-Palestinien, Israéliens et Palestiniens, Israéliens et Libanais, conflits intra-Irakiens, et possibilité de conflit intra-Libanais suite aux élections présidentielles) et régionales (Turquie et Kurdes, Iran-Syrie-Israël...), mais aussi internationales (États-Unis et Russie - dossier du bouclier anti-missile -, Iran - dossier nucléaire -, etc.).
A cet effet, les médias diffusent régulièrement des allégations - souvent non confirmées - afin de créer l'impression que tel ou tel autre État, groupe ou communauté se dotent ou fabriquent en secret des armes nucléaires, préparent un attentat terroriste, etc. En fait, toutes ces annonces tonitruantes de « guerre généralisée », de « choc des civilisations » découlent de l’appétit des médias pour « l’instantané, le sensationnel » et la « sinistrose ». A ce jour, et dans la plupart des cas, il a été prouvé que ces assertions sont dénuées de fondement et il convient de les prendre pour ce qu'elles sont: un élément de plus dans le processus mondial de propagande et de désinformation.
Est-il trop tard pour faire marche arrière? Peut-être pas... Tant aux niveaux locaux qu'international! Je fais partie de ceux et celles qui espèrent encore un meilleur avenir entre les êtres humains, empreint de paix et de convivialité. Une idéaliste? Peut-être... Mais comment survivre, vivre et assurer une continuité sans idéaux et sans une multitude d'actions sur le terrain en vue de l'incarnation de ces idéaux? Dans cette perspective, on comprend bien qu'il ne suffit pas de se contenter de prédire la fin de l'humanité pour se réveiller de notre torpeur collective et pour agir, même si certaines prédictions comme celles d'Albert Einstein sont empreintes d'une forme d'humour irrésistible - rappelons ses fameuses citations: " Je ne sais pas quelles armes seront utilisées pour la troisième guerre mondiale, si elle a lieu. Mais la quatrième se réglera à coups de massues"; et "Je ne sais pas s’il y aura la troisième guerre mondiale, en tout cas, si elle a lieu, il n'y en aura pas une quatrième".
Par ailleurs, on comprend qu'il ne suffit pas de blâmer Samuel Huntington pour sa fameuse vision du "choc des civilisations". Critiquer les failles de théories ne constitue qu'une étape dans le long chemin vers une humanité pacifiée. Une autre étape, encore plus importante, est d'oeuvrer sur soi, autour de soi et avec d'autres. Pas de panique et de 'Sauve qui peut' face à l'épouvantail de la guerre! L'heure est au dur labeur en vue de la construction de ponts et de de la création de "lieux" de convivialité entre les diversités.
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Beirut on October 16th, 2007: All roads do not lead to work
By Michèle Chrabieh in Beirut
Tuesday October 16th, 2007


October 16th, 2007, a memorable date thanks to our blistered feet! A forced “rally paper” Lebanese had to go through because of one surprise session/meeting the parliamentarians decided to summon.
For security reasons the country was shut down, mainly downtown Beirut and the roads leading to it. I spent my entire morning hunting for the street that will lead to work: from home to the port, to Manara, to Hamra, to Achrafieh, to Gemmayze and finally to Mar Mikhael. Security forces were scattered around “overcrowding” all possible exits to Downtown Beirut. When asked which way to go, they could simply respond: “the road is blocked and drive till the next intersection…”, and the next intersection was yet to come!
Hundreds of cars tried to make their way through a “bewildered” traffic in search for a parking spot. I found mine in Mar Mikhael (Saint Michael), my salvation indeed together with my flip-flops i.e. my jogging shoes for the day. Walking to work was a blessing, yet a path filled with Lebanese army soldiers searching purses and checking identification papers.
Such an interesting way of making us forget the most deep rooted problems Lebanon is facing today: swearing at the traffic, concentrating on your feet, on the blisters and on the cramps you’re having!

Wednesday, September 19, 2007

Bloody murder in Lebanon - Horch Tabet



Un carnage à Horch-Tabet!
Bloody Wednesday Nearby Home

Septembre 2007


(Source: L'Orient-le-Jour, Beyrouth, 19 septembre 2007)


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Il est 5h30 du matin heure de Beyrouth, le 20 septembre 2007. Hier, dans l'après-midi, vers 17h20, un attentat à la voiture piégée a secoué la région de Horch-Tabet (Sin-el-Fil). Mes parents y habitent. Mon mari Nicolas m'avait déposé chez eux vers 17h. Nous attendions ma soeur Michèle qui retournait de son lieu de travail pour assister au lancement d'une exposition de peintres-sculpteurs Libanais. Cela faisait si longtemps que nous n'étions pas sortis pour assister à un événement culturel, vu la situation précaire du pays. Nous nous contentions des urgences, tout en croyant que les deux-trois mois de "répit" sans attentats à la voiture piégée inauguraient une nouvelle ère plus ou moins paisible du côté sécuritaire. Mais nous nous trompions... Car au Liban, lorsqu'il vous semble que c'est calme, la tempête se prépare... C'est toujours le même refrain, mais on dirait que les Libanais ont la mémoire courte, ou alors c'est une question d'instinct de survie: espérer un meilleur lendemain, débarrassé de la violence meurtrière et de la folie des Hommes.

Assis tranquillement devant la télé, mon père, ma mère et moi regardions un film. Soudain, le son et le souffle d'une énorme explosion nous projettent les uns sur les autres, alors que l'immeuble est fortement secoué. Ma mère cria: 'un tremblement de terre'! Mon père et moi rétorquèrent: 'Un missile, des bombardements, ou... un attentat... proche, très proche!'. Et là, les événements s'enchaînèrent comme dans un film hollywoodien... Ma mère hurla: 'Michèle!' et s'effondra en larmes, ne sachant plus que faire, tournant en rond dans la maison, cherchant à appeler ma soeur à son portable (cellulaire), mais les lignes étaient congestionnées.

J'ai pu rejoindre Nicolas, tremblant de peur mais essayant de garder un semblant de sang-froid devant ma mère pour l'encourager. Nous nous sommes dirigés mon père et moi du côté de la terrasse: d'énormes colonnes de fumée noire, les cris de personnes, le feu... à moins de 200 mètres. Je sentais mon coeur chavirer, mais je me ressaisissais, pour mes parents, et pour notre petite fille à Nicolas et moi qui allait bientôt naître. Je tenais mon ventre, inquiète et se voulant rassurante, appelant doucement ma mère au calme. En vain...

Ne tenant plus sur place, mes parents décidèrent de rechercher Michèle. Je devais rester à la maison près du téléphone. Celui-ci sonna: c'était Nicolas. Il avait pu, par miracle, rejoindre Michèle. Celle-ci passait justement près du lieu de l'attentat (à quelques mètres de la route qu'elle emprunte chaque jour), mais elle n'avait pas senti l'explosion vu qu'elle avait les fenêtres de la voiture fermées et de la musique au son élevé! Tout en parlant avec Nicolas qui a essayé de ne pas lui dire ce qui se passe pour qu'elle puisse garder son sang-froid et se diriger immédiatement à la maison, elle aperçut le feu, la fumée, des hommes et des femmes qui accouraient de tous les sens... Heureusement que mes parents l'ont retrouvé près de la maison, saine et sauve. Mais malheureusement, ce ne fut pas le cas de beaucoup d'autres personnes, ayant eu le malheur de passer au mauvais moment et au mauvais endroit... Une question de chance? La loterie de la mort? Nul ne sait... Et dire qu'il a fallu quelques secondes pour ma soeur, et quelques minutes pour nous tous... Nous aurions fait partie du lot des 'martyrs' de la guerre...

L'attentat a certes visé un député chrétien maronite du parti Kataëb (les Phalangistes), Antoine Ghanem, mais celui-ci provoqua un carnage parmi les habitants du quartier et les passants. La charge de 50 kg d’explosifs a été actionnée à distance : "5 tués et 75 blessés outre l’élu Kataëb" (OJ, 20 septembre 2007) - 9 personnes tuées selon les derniers recensements. En une fraction de seconde, le secteur où l’explosion a eu lieu, et qui est une zone mixte commerçante et résidentielle, s’est transformé en champ de ruines. "Au milieu de la chaussée, une vingtaine de voitures ont été endommagées, certaines entièrement calcinées ; l’asphalte est devenu glissant à cause de l’essence se déversant des véhicules touchés. L’explosion a causé des dégâts matériels dans quatre rues adjacentes au lieu de l’attentat. Les vitres des immeubles ont volé en éclats et les cadres des portes et des fenêtres ont été défoncés. Les façades des bâtiments très proches de l’explosion ont été soufflées, laissant entrevoir les salons ou les chambres à coucher des appartements" (OJ, 19 septembre 2007).

Or, tout ce que nous pouvions entendre aux nouvelles - tant des journalistes que des politiciens -, ce sont les condoléances adressées à la famille du député Ghanem... Les 'autres', pauvres infortunés, relevant de la 'masse populaire', n'étaient pas dignes d'êtres cités par leurs noms... Des nombres sur une liste sanglante qui ne fait que s'allonger jour après jour... Des 'dommages collatéraux'... Une grève générale fut décrétée pour deux jours, mais croyez-vous qu'il s'agit d'une réponse à l'horreur ayant frappé les familles de toutes les victimes de l'attentat en question? Nullement, puisqu'il semble que l'hiérarchie socio-économique de rigueur sur terre est reproduite 'au royaume des 'martyrs'. Comment ne pas s'indigner devant tant d'injustices? Comment ne pas lutter pour la paix, mais aussi pour une convivialité inter-humaine, n'excluant aucun être humain, quel que soit son 'statut'?

En attendant les fameuses élections présidentielles prévues pour le 25 septembre, nos 'chers leaders' vont sûrement continuer à s'attaquer (verbalement, pour le moment) mutuellement, faisant fi des besoins et des intérêts du peuple. Quant à nous, 'pauvres bougres' faisant partie justement de ce peuple, nous avons intérêt à nous réveiller de notre torpeur et de transformer notre souffrance en une renaissance, une révolution.
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Bloody Wednesday Nearby Home: Looking Upon Life as a “Loterije”
By Michele Chrabieh in Beirut
Thursday September 20, 2007


Hundred meters away from home, in one of the busiest roads in the Christian neighborhood of Horch-Tabet, a car bomb killed another pro-government MP from the Christian Phalange Party, Antoine Ghanem, and at least 9 other innocent souls.

I was coming back from work as most Lebanese do every afternoon around five and I was at the Hayek roundabout nearby the blast and home. I heard nothing, maybe because of the proximity of the explosion or because of the loud music in my car, but one phone call from my brother in law made me realize why people were moving with haste. I saw shattered glass, smoke and a neighbor running towards the blast shouting: “So many people are being extracted from their cars, burnt alive”.
My parents were coming out of our elevator; it turned out to look for me fearing the unspeakable. My mother cried her eyes out when she saw me…
For a couple of hours people were trying to trace family members and friends who could have been there. Mobile phones were dead as everyone else’s mind and soul.

Almost three months after the last assassination of another MP, we turned to our television sets listening to the breaking news. It appears as if all the dead innocent civilians were meaningless “collateral damage”; an unforeseen death and a price to pay for the survival of our nation long after it has lost its “original meaning” or usefulness. A natural process resulting in our evolution best adapted to a hostile yet familiar environment.

Today is declared an official day of mourning and we hang around waiting for the next loterije.