Friday, August 11, 2006

« Œil pour œil, dent pour dent »? Guerre au Liban 2006


11 août 2006



Un secouriste tient le bébé Waad âgé de 10 mois retiré des décombres, décédé le 9 août 2006 (AFP)
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Les pourparlers en vue d’une résolution onusienne ont échoué pour le moment, a déclaré hier soir le délégué russe. Et la trêve humanitaire de 72h qu’il a proposée a été refusée par le gouvernement israélien. Quant à l’armée israélienne, rien ne semble l’arrêter dans son pilonnage ininterrompu et systématique du territoire libanais depuis plus de trente jours et nuits. Ce matin, mon oncle qui demeure à Beyrouth m’a fait part de l’inquiétude grandissante des habitants de la capitale quant à l’émanation d’odeurs suspectes suite aux bombardements de la nuit et de ce matin. Il est possible que les armes utilisées soient chimiques, tout comme celles larguées au Sud du Liban. Au même moment, plusieurs ponts sont détruits au Sud, dans la Békaa et au Nord du pays (dans la région de Akkar tout particulièrement où un nouveau massacre a été perpétré : on y dénombre au moins 12 morts civils et des dizaines de blessés).
Quand les israéliens seront-ils repus de la destruction du Liban? La loi du Talion « œil pour œil, dent pour dent » fut établie depuis des millénaires pour régulariser l’esprit de vengeance qui consistait à rendre 100 maux pour un mal, « c.à.d un meurtre pour un coup de poing, ou le massacre d’un peuple pour un meurtre » (Paul Riscalla, OJ, 10 août 2006). Ce n’est donc pas revenir 30 ans en arrière, mais à la nuit des temps!!!
Face au sang versé chaque jour gratis, aux horreurs, aux femmes qui pleurent, agenouillées devant les dépouilles de leurs enfants, aux corps déchiquetés… Face à l’emprisonnement d’un peuple, son errance, sa détresse…. Comment ne pas croire à une malédiction qui frappe le Liban, ses générations passées, présentes et futures?

Dernier décompte:
Plus d’un millier de civils ont été tués au Liban jusqu’à présent au cours de l’offensive d’Israël, a annoncé hier le Haut Comité de secours dans un communiqué. Au moins 1 002 civils [1100 aujourd'hui le 11 août 2006], dont 30 % d’enfants de moins de 12 ans, ont péri, ainsi que 30 militaires et agents des FSI depuis le début de l’opération militaire israélienne. Le nombre global de blessés se monte à 3 580 [3600 le 11 août 2006], selon la même source. En outre, la mort de 58 combattants du Hezbollah a été annoncée par cette formation et celle de sept autres par Amal. Le FPLP-CG d’Ahmad Jibril a fait état de la mort d’un combattant de cette formation palestinienne prosyrienne.Le conflit a aussi coûté la vie à quatre observateurs de l’ONU et à un membre de la Force intérimaire des Nations unies (Finul).Le bilan du Haut Comité de secours porte sur « des cadavres identifiés et ne tient pas compte des personnes qui se trouvent toujours sous les décombres », précise le communiqué. Aucun chiffre global de victimes n’est disponible dans la banlieue sud où des quartiers entiers ont été pilonnés. Des victimes se trouvent en outre sous les décombres d’au moins une trentaine de maisons au Liban-Sud, selon la Défense civile. Les combats ont en coutre fait plus de 915 792 déplacés, dont 220 000 ont quitté le pays, selon le Haut Comité de secours.Ce chiffre comprend les quelque 100 000 étrangers ou binationaux qui ont été évacués, selon un décompte de l’AFP.

An interesting tv interview that took place on SKY NEWS, with MP Galloway, exposing media manipulation. Click below to watch. Galloway: 'The Violence Will Go On'
George Galloway has spoken out in support of Lebanon, saying he believes Hizbollah is justified in attacking Israel. The Respect MP also lambasted media coverage of the war and said the UN resolution means nothing.
http://news.sky.com/skynews/video/videoplayer/0,,31200-galloway_060806,00.html
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TEMOIGNAGES D'AMIS-ES, LECTEURS ET LECTRICES
On croirait rêver… Et les principes de vie alors? Je n’en reviens pas du narcissisme de certains pays. Beaux principes qui veulent qu’on assure la sécurité de son pays en allant tuer toute une population, détruire tout un pays, déchiqueter des enfants… et j’en passe! Monsieur Cutler et tous ceux qui pensez comme vous, que faites-vous alors du principe de l’AMOUR? L’Amour des autres, quels que soient leur race, couleur, idéologie, religion, sexe? La nécessaire légitime défense Histoire ordinaire : quelqu’un s’introduit chez moi et menace les miens; il est armé. Bien sûr, j’affronte et je défends les miens, je les protège et, s’il le faut, j’assène un bon coup à cet intrus malfaisant et mal intentionné (encore qu’on me dira qu’il ne faut pas utiliser une force trop grande…). Mais ai-je pour autant le droit de me rendre chez lui, de lui rendre la pareille, de le tuer ou de lui faire beaucoup de mal? NON! Car CE N’EST PLUS DE LA LةGITIME DةFENSE, c’est une ATTAQUE, une pure VENGEANCE. Ce qui se passe dans cette guerre au Liban, c’est que oui, il y a eu des menaces ouvertes à l’endroit d’Israël et qu’Israël s’est sûrement dit qu’il n’allait pas attendre qu’on le détruise. Israël a donc décidé de plutôt détruire avant qu’on ne le détruise. Donc, si je comprends bien, ce n’est pas un acte raisonnable, mais gouverné par la peur. C’est comme si un mari menaçait son ex-épouse de la tuer et que pour éviter que cela ne se produise, cette épouse décide la première à le tuer, lui et ceux qui sont avec lui, même si ceux qui sont avec lui n’y sont pour rien. Je me demande comment réagirait un juge devant une telle situation. Nous connaissons d’avance la réponse. Le juge jugerait la personne ayant commis le ou les meurtres. Les menaces à son endroit ne feraient qu’apporter une circonstance atténuante, mais c’est elle qui irait en prison n’est-ce pas? Même raisonnement dans le cas de Bush et de son attaque de l’Irak (de terroristes) après le 11 septembre. En légitime défense, sur son sol, Bush aurait eu le droit de réagir et de défendre son pays. Mais, après coup, se rendre dans le pays des autres pour riposter, ce n’est pas de la légitime défense… désolée… Ah ! « quand les hommes vivront d’amour… il n’y aura plus… » mais les Libanais seront morts, les Palestiniens seront morts, les Irakiens seront morts, les soldats seront morts… et que restera-t-il de vos beaux principes messieurs les faiseurs de guerres? Que des corps ensevelis, des cœurs meurtris, des vies traumatisées à jamais… Tout cela au nom du terrorisme? Monsieur Cutler, en tout respect, vous ne vous êtes pas posé les bonnes questions. Si vous voulez que le terrorisme cesse et les guerres avec lui, commencez par leur demander POURQUOI, DIALOGUER, essayer de COMPRENDRE leurs motivations profondes. Peut-être qu’ils n’ont pas du tout envie d’éliminer Israël. Peut-être qu’ils ne savent plus avec leurs faibles moyens comment survivre sur leur propre terre. Je ne sais pas, moi. Mais au moins je m’interroge dans le bon sens. La vie est faite pour être vécue… et non pour être détruite… Peut-être qu’en fin de compte seules les femmes (et certains hommes, fort heureusement) peuvent comprendre son importance, car elles la donnent la vie. En aucun cas, elles ne veulent voir qu’on enlève la vie à leur enfant. Enfantez donc de meilleurs principes, plus justes et équitables, peut-être qu’alors on finira par avoir un vrai pays, notre Terre à tous! AIMEZ! Ne soyez pas si narcissiques! AIMEZ! AIMEZ encore plus! AIMEZ l’autre dans sa différence, même si pour l’instant c’est un terroriste déclaré. Il possède au fond de lui une étincelle divine qui ne demande qu’à pouvoir éclairer. AIDEZ-le à parvenir à son essence (sans jeu de mots), à faire jaillir son étincelle, essayez de comprendre ses besoins, parlez-leur, donnez-leur ce qu’ils veulent si c’est raisonnable. AIMEZ! Divya (Montreal)
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Bonjour,
SVP écrivez au maire de Montréal, Gérald Tremblay, pour lui dire que vousêtes choqué par sa présence à une manifestation de soutient à Israël.
Voici le lien vous permettant d'écrire au Maire:
Voici mon texte si vous voulez vous en inspirer:
Monsieur le Maire,
Je vous écris aujourd’hui pour vous faire connaître mon indignation d’apprendre que vous vous êtes rendu à une manifestation de soutient à Israël au moment précis où cet État commet une agression barbare envers le Liban.En agissant de la sorte vous cautionnez les massacres aveugles commis par l’État hébreux. Israël a pourtant été presque unanimement décrié sur la scène internationale. Montréal compte pourtant suffisamment de personnes d’origine libanaise — y compris parmi vos proches collaborateurs ! — et une presse libre pour que vous soyez au courant de la catastrophe humanitaire, économique et écologique que vit ce pays !Drôle d’attitude pour le maire d’une des villes les plus pacifistes au monde.
Salutations.
Karim LEBNAN (Montréal)
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QUELQUES ARTICLES DE LA PRESSE


A Terrible Thought Occurs To Me - That There Will Be Another 9/11
By Robert Fisk
05 August 2006
The Independent
The room shook. Not since the 1983 earthquake has my apartment rocked from side to side. That was the force of the Israeli explosions in the southern suburbs of Beirut - three miles from my home - and the air pressure changed in the house yesterday morning and outside in the street the palm trees moved. Is it to be like this every day? How many civilians can you make homeless before you start a revolution? And what is next? Are the Israelis to bomb the centre of Beirut? The Corniche? Is this why all the foreign warships came and took their citizens away, to make Beirut safe to destroy? Yesterday, needless to say, was another day of massacres, great and small. The largest appeared to be 40 farm workers in northern Lebanon, some of them Kurds - a people who do not even have a country. An Israeli missile was reported to have exploded among them as they loaded vegetables on to a refrigerated truck near Al-Qaa, a small village east of Hermel in the far north. The wounded were taken to hospital in Syria because the roads of Lebanon have now all been cratered by Israeli bomb-bursts. Later we learnt that an air strike on a house in the village of Taibeh in the south had killed seven civilians and wounded 10 seeking shelter from attack. In Israel two civilians were killed by Hizbollah missiles but, as usual, Lebanon bore the brunt of the day's attacks which centred - incredibly - on the Christian heartland that has traditionally shown great sympathy towards Israel. It was the Christian Maronite community whose Phalangist militiamen were Israel's closest allies in its 1982 invasion of Lebanon yet Israel's air force yesterday attacked three highway bridges north of Beirut and - again as usual - it was the little people who died. One of them was Joseph Bassil, 65, a Christian man who had gone out on his daily jogging exercise with four friends north of Jounieh. "His friends packed up after four rounds of the bridge because it was hot," a member of his family told us later. "Joseph decided to do one more jog on the bridge. That was what killed him." The Israelis gave no reason for the attacks - no Hizbollah fighters would ever enter this Christian Maronite stronghold and the only hindrance was caused to humanitarian convoys - and there were growing fears in Lebanon that the latest air raids were a sign of Israel's frustration rather any serious military planning. Indeed, as the Lebanon war continues to destroy innocent lives - most of them Lebanese - the conflict seems to be increasingly aimless. The Israeli air force has succeeded in killing perhaps 50 Hizbollah members and 600 civilians and has destroyed bridges, milk factories, gas stations, fuel storage depots, airport runways and thousands of homes. But to what purpose? Does the United States any longer believe Israel's claims that it will destroy Hizbollah when its army clearly cannot do anything of the kind? Does Washington not realise that when Israel grows tired of this war, it will plead for a ceasefire - which only Washington can deliver by doing what it most loathes to do: by taking the road to Damascus and asking for help from President Bashar al-Assad of Syria? What in the meanwhile is happening to Lebanon? Bridges and buildings can be reconstructed - with European Union loans, no doubt - but many Lebanese are now questioning the institutions of the democracy for which the US was itself so full of praise last year. What is the point of a democratically elected Lebanese government which cannot protect its people? What is the point of a 75,000-member Lebanese army which cannot protect its nation, which cannot be sent to the border, which does not fire on Lebanon's enemies and which cannot disarm Hizbollah? Indeed, for many Lebanese Shias, Hizbollah is now the Lebanese army. So fierce has been Hizbollah's resistance - and so determined its attacks on Israeli ground troops in Lebanon - that many people here no longer recall that it was Hizbollah which provoked this latest war by crossing the border on 12 July, killing three Israeli soldiers and capturing two others. Israel's threats of enlarging the conflict even further are now met with amusement rather than horror by a Lebanese population which has been listening to Israel's warnings for 30 years with ever greater weariness. And yet they fear for their lives. If Tel Aviv is hit, will Beirut be spared. Or if central Beirut is hit, will Tel Aviv be spared? Hizbollah now uses Israel's language of an eye for an eye. Every Israeli taunt is met by a Hizbollah taunt. And do the Israelis realise that they are legitimising Hizbollah, that a rag-tag army of guerrillas is winning its spurs against an Israeli army and air force whose targets - if intended - prove them to be war criminals and if unintended suggest that they are a rif-raff little better than the Arab armies they have been fighting, on and off, for more than half a century? Extraordinary precedents are being set in this Lebanon war. In fact, one of the most profound changes in the region these past three decades has been the growing unwillingness of Arabs to be afraid. Their leaders - our "moderate" pro-Western Arab leaders such as King Abdullah of Jordan and President Mubarak of Egypt - may be afraid. But their peoples are not. And once a people have lost their terror, they cannot be re-injected with fear. Thus Israel's consistent policy of smashing Arabs into submission no longer works. It is a policy whose bankruptcy the Americans are now discovering in Iraq. And all across the Muslim world, "we" - the West, America, Israel - are fighting not nationalists but Islamists. And watching the martyrdom of Lebanon this week - its slaughtered children in Qana packed into plastic bags until the bags ran out and their corpses had to be wrapped in carpets - a terrible and daunting thought occurs to me, day by day. That there will be another 9/11.
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La dernière bataille
L'article de Michel HAJJI GEORGIOU

« Ô vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtresMourez donc les premiers, nous vous cédons le pasMais de grâce, morbleu, laissez vivre les autres,La vie est, à peu près, leur seul luxe ici-bas. »Georges Brassens, Mourir pour des idées, 1972.Las de renvoyer dos à dos tous ces « saint jean bouche d’or qui prêchent le martyre », puisque, paraît-il, faire de la contestation, rejeter la violence et défendre le droit à la vie, c’est, en temps de guerre, servir la cause de « l’ennemi »...N’est-ce d’ailleurs pas ce qu’a insinué hier le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans sa dernière apparition télévisée ? Que ne pas vouloir jouer les Malbrough s’en va-t-en-guerre, voire même les désavouer, c’est méphistophélique, criminel... ?Dysfonctionnement éthique ou hyperrationalisme de survie ? En temps de guerre, il faut, nous dit-on, nécessairement mettre ses facultés critiques en suspens, avaler tout ce que la propagande du dedans comme du dehors raconte, au risque d’être un traître. « Trahison ». Quel mot sournois qui brille comme un poignard au clair de lune, prêt à s’abattre sans états d’âme sur sa victime ! En temps de guerre, il faut, paraît-il, s’aligner, s’abêtir, bêler comme un mouton de Panurge...Non, le patriotisme, c’est d’aimer son pays, pas de se résigner à le voir mourir sous les bombes, qui plus est sans qu’il n’y ait aucun acquis potentiel en perspective...Depuis 1975, ce pays se fait écharper au nom d’idées qui, en fin de compte, sont toutes entre elles ressemblantes, dans la mesure où elles nous conduisent à la mort, la mort toujours recommencée, alors même que l’âge d’or est invariablement remis aux calendes. Ça suffit. Il est temps que les Libanais cessent d’être les victimes expiatoires de régimes archaïques, de tentations totalitaires, de chefs prépolitiques. Il est temps que cette démence générale prenne fin.Il faudra un jour comprendre qu’il n’y a pas de dignité dans la destruction, encore moins dans la déportation. Aucune dignité dans le fait d’attendre des heures, sous le soleil de Satan, pour remplir quelques litres d’essence, de passer des nuits à la lueur des bougies.La seule dignité à laquelle sont promis les Libanais depuis le 12 juillet, c’est celle de mourir pour une gloire chimérique, illusoire. D’autant qu’Israël, puisqu’il est question d’inhumanité, semble déterminé à poursuivre les massacres et les abominations, de Cana à Kaa. D’autant qu’Israël prouve, depuis ce triste 12 juillet, qu’il n’a que faire du droit international, du droit à la vie, des droits de l’homme. Qu’il prouve qu’il peut annihiler sauvagement, assassiner impunément, sans qu’aucune main angélique ne se lève enfin pour le ramener à la raison.Une fois de plus, le problème au Liban est d’ordre culturel. Il oppose des groupes qui, s’ils ont tellement en commun – en l’occurrence un si beau pays –, ne semblent pas manifester également le même amour de la vie et de la beauté, le même respect de la personne humaine. Comment comprendre autrement ce fatalisme à relever le défi de la guerre totale avec la machine infernale et sanguinaire israélienne ?Il est faux de penser que l’avenir du Liban est celui des ténèbres de la guerre civile. Assez de l’épouvantail de la fitna, de la discorde confessionnelle, rêve des ennemis de ce pays, Tel-Aviv en tête. L’avenir du Liban est fait de vie, n’en déplaise à tous ceux qui souhaitent conduire ce pays à l’abattoir et profiter de sa faiblesse pour l’immoler une fois de plus sur l’autel de la violence et de la dévastation.Il y aura en effet une nouvelle bataille une fois cette guerre terminée. Une bataille pacifique, démocratique, vitale. L’antiguerre civile par excellence. Elle opposera, immanquablement, ceux qui veulent continuer à jouer les boutefeux jusqu’au dernier Libanais, jusqu’à ce que le pays soit réduit en cendres, et ceux qui veulent refaire du Liban ce qu’il a un jour été, un pôle de rayonnement culturel, un arbre florissant, palpitant de vie (OJ, 11 août 2006).
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Beaucoup de Libanais sont fiers de la Résistance, mais craignent pour l’avenir du pays


Beaucoup de Libanais se disent fiers que le Hezbollah tienne tête à l’armée israélienne plus longtemps que ne l’ont fait les armées arabes, mais certains estiment qu’il les a entraînés dans un conflit risquant de détruire le pays, écrit Nayla Razzouk de l’AFP.«Je ne suis pas pour le Hezbollah. Je suis contre son programme islamiste, mais je dois reconnaître, en tant que Libanais, que je me sens fier », dit Tarek Naaman, un sunnite qui se dit laïque.« Les armées de plusieurs pays arabes ont été vaincues en quelques jours en 1967 et en 1973 par l’armée israélienne, une des armées les plus puissantes », rappelle ce Libanais de 27 ans qui dirige une entreprise d’informatique. « Nous en sommes au 29e jour (de l’offensive israélienne), et le Hezbollah continue de tirer des roquettes sur Israël, et tout ce que peut faire Israël, c’est tuer des civils, et détruire nos routes, nos maisons et nos ponts », dit-il.Malgré les énormes pertes, en vies et en matériel, qu’a subies la population dans le sud du pays et dans la banlieue sud, de nombreuses personnes font toujours bloc derrière cette formation. « Avant le 12 juillet, j’étais contre le Hezbollah, mais maintenant, nous sommes dans la situation où nous devons choisir : Israël ou le Hezbollah. La réponse est claire, c’est le Hezbollah », dit Ali Mohammad, du Liban-Sud.Une foi aveugle« J’ai peut-être tout perdu, ma maison, mon village, mon travail, ma moisson et des membres de ma famille », explique de son côté Wehbé Baddah, employé de l’aéroport de Beyrouth. « Mais j’ai une foi aveugle dans le chef du Hezbollah », sayyed Hassan Nasrallah, déclare ce père de quatre enfants, contraint de fuir sa maison de la banlieue sud et qui s’est réfugié avec sa famille dans un parking souterrain. « Ce sont les chiites qui ont le plus souffert d’Israël (...), nous refusons de rendre nos armes », dit-il.Si, pour tous les Libanais, Israël est l’ennemi commun, la campagne anti-israélienne du Hezbollah ne fait pas l’unanimité.« Ce n’est pas juste qu’il revienne au Hezbollah de prendre la décision de faire la guerre ou la paix au nom de toute une nation », estime Patrick Salem, un architecte. « Il est temps qu’Israël respecte ses voisins et leurs droits, il est temps que le Hezbollah devienne uniquement une force politique », ajoute-t-il.Pour Hala Itani, « les Libanais sont fatigués de payer le prix des guerres des Arabes » contre Israël. « Nous haïssons Israël parce que c’est un pays agressif, mais nous voulons aussi vivre. Que d’autres Arabes le combattent. »
(OJ, 11 août 2006)
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Catastrophique depuis plusieurs jours, la situation humanitaire ne cesse d’empirer au Liban-Sud
Le CICR obtient des garanties de sécurité d’Olmert, le MSF passera outre à l’interdiction israélienne de circuler

Soumises à un bombardement israélien de plus en plus violent, les populations du Liban vivent un véritable enfer, terrés dans des abris de fortune, où ils ne reçoivent même plus l’aide des organisations humanitaires depuis que l’armée israélienne a menacé de frapper tout véhicule en mouvement. Le CICR, dont le président, Jakob Kellenberger, se trouve en Israël, a cependant reçu des assurances de Tel-Aviv pour faciliter l’accès des équipes de la Croix-Rouge aux secteurs sinistrés, ce qui n’est pas le cas pour d’autres organisations humanitaires, notamment Médecins sans frontières, qui a décidé de braver l’interdit israélien, et le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM).M. Kellenberger a annoncé, au terme d’un entretien avec le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, que son interlocuteur a promis de faciliter l’accès au Liban pour les équipes de la Croix-Rouge. « J’ai reçu des assurances personnelles du Premier ministre Olmert que tout ce qui est possible sera fait pour faciliter l’accès de nos équipes sur le terrain », a déclaré M. Kellenberger dans un communiqué publié à Genève. « Je note que certaines mesures ont déjà été prises, et j’ai l’intention de surveiller de près ce dossier-clé. Améliorer l’accès est essentiel, étant donné la situation humanitaire critique », a-t-il ajouté.La porte-parole du CICR à Genève, Antonella Notari, a précisé que les discussions avaient porté sur l’évacuation des blessés et des populations fuyant les zones de combat, ainsi que sur l’acheminement de l’eau et de la nourriture.Un peu plus tard, un navire du CICR était en route vers Tyr, et des équipes du CICR et de la Croix-Rouge Libanaise étaient également en train d’aider à l’évacuation de civils fuyant des villages du sud de Tyr, à la suite des garanties de sécurité reçues de la part des Israéliens.Parallèlement, Médecins sans frontières (MSF) a annoncé son intention de passer outre à l’interdiction israélienne de circuler au Liban-Sud. « Interdire toute forme de déplacement, sans distinction, entraînera la mort de plus de civils encore », a déclaré Rowan Gillies, président de MSF International, cité dans un communiqué. « Nous refusons cette paralysie de l’aide humanitaire, et nous continuerons à porter assistance à ceux dans le besoin », a-t-il ajouté.Le manque de soinsmédicauxAu sud du pays, a souligné MSF, les hôpitaux seront bientôt à bout de fournitures médicales, d’essence et de nourriture. MSF s’est dit « très préoccupé par son manque d’accès aux cliniques et par le nombre important de personnes privées de soins médicaux d’urgence ».L’organisation souligne que même avant l’interdiction de circuler, la sécurité des humanitaires « se faisait de plus en plus précaire ». Ainsi lundi, précise le communiqué, deux convois de MSF circulant ont « presque été atteints » par l’artillerie ou des frappes aériennes, alors que les autorités israéliennes et libanaises avaient été informées de leurs déplacements et que les convois étaient clairement identifiables.« Nous à MSF, on n’a aucune information que nous pouvons circuler au sud du Liban », a déclaré à ce propos Aymeric Peguillan, un porte-parole de MSF à Genève. Auparavant dans la journée, le PAM et la Commission européenne ont demandé une cessation des hostilités pour faciliter l’acheminement de l’aide alimentaire, notamment au sud du fleuve Litani. Le commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis Michel, avait jugé capital que le sud du pays puisse de nouveau recevoir de l’aide humanitaire, « la pénurie de produits de première nécessité y devenant plus aiguë de jour en jour ». Louis Michel a indiqué qu’il se rendrait au Liban et en Israël la semaine prochaine pour des entretiens avec le Premier ministre, Fouad Siniora, et avec le chef de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni, ainsi qu’avec le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz. « Un accès humanitaire en toute sécurité aux victimes du conflit et un arrêt des hostilités, telles sont les priorités que je réclamerai », a-t-il dit.« Par-dessus tout, nous avons besoin d’une cessation des hostilités des deux parties pour permettre l’aide humanitaire. Notre opération de secours ressemble à un malade privé d’oxygène (...) si nous ne pouvons fournir nos vivres pour aider quelque 100 000 personnes coincées au sud de la rivière Litani », a indiqué le coordinateur d’urgence du PAM au Liban, Zlatan Milisic, dans un communiqué.« Cette semaine, nous avons été incapables d’envoyer le moindre convoi d’aide au sud de Saïda, et aujourd’hui (hier), un convoi prévu pour Nabatiyeh s’est vu refuser les “garanties de sécurité” par les forces israéliennes. Il partira pour Nabatiyeh demain (aujourd’hui) si le PAM obtient le feu vert de la partie israélienne », ajoute le communiqué (OJ, 11 août 2006).
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UN rights chief calls for probe of civilian attacks in Lebanon, Israel
By Agence France Presse (AFP)
Friday, August 11, 2006
GENEVA, Aug 11, 2006 (AFP) - UN human rights chief Louise Arbour on Friday called for a United Nations probe of attacks on civilians in the conflict in Lebanon and northern Israel, warning that commanders may face charges of war crimes.
"There is a clear and urgent need to bring clarity to a situation in which facts and allegations are now given the same credit but without the benefit of systematic, independent, thorough and credible scrutiny," she told a special session of the 47-member UN Human Rights Council.
"Nearly a month from its beginning and worsening by the day, this crisis demands a firm and meaningful response from this Council," Arbour said.
Her statement came after Islamic nations tabled a draft resolution at the Council calling for an urgent "high level" commission of inquiry into "systematic" Israeli attacks on civilians in Lebanon.
However, Arbour cautioned that an inquiry must also cover the actions of Hezbollah.
"The independence, impartiality and objectivity of such an inquiry must be guaranteed not only by the credibility of the panel members, but also the scope and methodology of their mandate," she added.
The UN rights chief said deadly "Israeli attacks affecting civilians continue unabated".
"Also unrelenting is Hezbollah's indiscriminate shelling of densely populated centers in northern Israel which has brought death and destruction," Arbour added.
She also highlighted "repeated allegations of Hezbollah's use of human shields".
Humanitarian agencies and other UN officials have repeatedly appealed for respect of legal obligations to protect and spare civilians in conflicts. Arbour joined those calls Friday, warning that "indiscriminate attacks" and human shields were prohibited, while advance warnings of attacks did not relieve the warring sides of their obligation to spare civilians.
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Documenter l'absurde

Dans sa chanson The News, l'Hawaïen Jack Johnson chante à propos des médias: "Why don't the newscasters cry when they read about people who die?" C'est vrai. Pourquoi les présentateurs de nouvelles ne versent-ils jamais une larme lorsqu'ils parlent de gens qui meurent? La suggestion semble absurde. Consacrons-y une chronique...
Depuis quelques semaines, Israël et le Hezbollah (au Liban) argumentent à coups de roquettes. C'est la guerre. Et je suis d'avis que toutes les guerres, celle d'aujourd'hui comme celles d'hier, sont absurdes. Tout comme le suicide est un mauvais remède pour soigner la migraine, la guerre représente une anti-solution à un problème. C'est un aggravant.
Or, comment les grands médias couvrent-ils ce spectacle absurde? Chaque soir, les envoyés spéciaux nous la jouent classique. Poker face sous leurs gilets pare-balles, ils font le compte rendu de la journée: résultats des bombardements, scène de voitures calcinées, bilan des morts, présentation d'une carte géographique piquée de petits dessins pour symboliser les endroits touchés par le conflit. Au bout d'un moment de ce régime à haute teneur en objectivité, on finit par croire que la guerre est un exercice sensé, raisonné, voire justifiable.
Pourtant, la guerre reste irrationnelle. En ce sens, elle devrait susciter des réactions tout aussi irrationnelles. Une colère irrépressible, une violente indignation, des cris, des pleurs. Imaginez seulement un Bernard Derome ou une Sophie Thibault qui,
comme dans la chanson de Jack Johnson, se laisseraient aller à l'empathie. Imaginez qu'ils se permettent quelques sanglots imprévus en parlant des morts de la guerre au Liban.
La chose est improbable. Si les chefs d'antenne montraient leurs sentiments au bulletin de 22 h, on les accuserait certainement de faire preuve d'humanité mal placée.
Néanmoins, je persiste à croire que des réactions irrationnelles à une guerre irrationnelle sont utiles... pour saisir l'irrationalité de la guerre! C'est peut-être ici qu'Internet a son plus grand rôle à jouer...
Sur le Web, depuis que la guerre au Liban a éclaté, des dizaines de warblogs sont apparus pour témoigner des douleurs ressenties dans les camps rivaux. Sur le Web, les réactions sont souvent irrationnelles. On y va de messages de haine, de paix, mais surtout d'incompréhension. On y montre des images d'enfants à ne pas montrer aux enfants. La guerre s'exprime en mots, en musique, en photos prises à l'aide de téléphones cellulaires. Tous ces sites prétendent colporter la "vérité". Et Winston Churchill qui disait justement que la vérité était la première victime de la guerre...
La guerre sur Internet dépasse le stade de la pure information. En ce sens, le Web fait contrepoids aux médias de masse qui, grâce à leur prétendue objectivité, finissent par donner à la guerre des airs d'un spectacle propre et cohérent.
Ce n'est pas tout noir: la justesse et la retenue des médias demeurent nécessaires pour documenter l'Histoire. Par contre, pour que l'on tire des leçons de l'Histoire, il faudra peut-être se frotter davantage à l'irrationalité de la guerre... Voilà ce que documente Internet.

LE CONFLIT ISRAÉLO-LIBANAIS SUR LE WEB:

Le blogue de l'auteure Pamela Chrabieh pchrabieh.blogspot.com
BloggingBeirut.comwww.bloggingbeirut.com
Live from an Israeli Bunkerisraelibunker.blogspot.com
Le blogue du journaliste Dahr Jamaildahrjamailiraq.com/weblog/
July 06 War Lebanonjuly2006waronlebanon.blogspot.com
The Lebanese Bloggerslebanesebloggers.blogspot.com
From Israel to Lebanonfromisraeltolebanon.info
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ANNONCES
This is just to remind you that on Monday August, 14th, we’re inviting you to join us to demonstrate our will to live by cycling through the streets of Beirut carrying a long banner stating: Long live Lebanon…
The gathering will take place at Cyclo Sport Gemayzé at 4:30pm.

Route: Martyrs Square – Nahr Road- Mathaf- Ras el Nabeh- Sodeco – Martyrs Square.


For reservation, please contact Bachir: 03-743265, Sonya 03- 760891 or Sahar 03-738457
Or send us an email on
info@na-am.org
Please wear white and refrain from carrying any flags other than the Lebanese.


Sahar Frangieh
Program Coordinator

Nahwa al-Muwatiniya
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Il est 22h30:

Nous venons de savoir que le convoi humanitaire provenant du village de Marjaayoun (comprenant des membres de l’armée libanaise, de la Sécurité Interne, et des centaines de civils fuyant le Sud du Liban) a été pilonné par l’aviation israélienne (8 raids) au barrage de l’armée libanaise de Kefraya dans la Békaa. Selon les informations préliminaires, il y aurait 4 morts et 19 blessés civils… Et pourtant, le convoi avait déjà obtenu la permission des israéliens. A suivre….

Entretemps, le gouvernement israélien annonce que l’invasion terrestre de grande envergure du Sud du Liban débutera d’ici quelques heures. A suivre également…

Par ailleurs, nous attendons tous impatiemment les résultats du vote du Conseil de Sécurité de l’ONU concernant le nouveau projet de résolution de la guerre israélo-libanaise. Si la résolution est adoptée, ce serait un premier pas vers la cessation des massacres et destructions, dépendamment bien sûr du contenu de la dite résolution. Le cas échéant, nous devrions attendre alors de nouveaux pourparlers, ce qui signifie une extension du feu-vert en faveur d’Israël pour poursuivre son offensive. Et même si la résolution est adoptée, sera-t-elle appliquée ? Rappelons que la résolution 425 (adoptée en 1978) enjoignant Israël de mettre fin à son action militaire contre l’intégrité territoriale du Liban et de retirer ses forces de l’ensemble du territoire libanais n’est pas encore appliquée. Il en est de même pour plusieurs autres résolutions sur les opérations militaires successives d’Israël au Liban et sur son occupation de territoires libanais adoptées depuis (Ex : résolution 509). Selon l’Institut Européen de Recherche sur la Coopération Méditerranéenne et Euro-Arabe (avec le soutien de la Commission Européenne), « Israël occupe encore actuellement le sud du Liban (voir "zone de sécurité") et s'octroie le droit de lancer régulièrement des attaques contre la résistance du Hezbollah installée dans cette région ».
http://www.medea.be/

1 comment:

ursule said...

Pamela,

Hélàs, il semble que « LE peuple Élu » ait tous les droits ! Par les temps qui courent, c'est celui de tuer auquel il aime bien s'adonner.
Il ne faut surtout pas le critiquer, ça le blesserait...

André.