Saturday, July 15, 2006

NOUVELLES DU LIBAN: GUERRE OUVERTE

Mardi 18 juillet 2006
21h:
Le nombre de réfugiés du Sud du Liban, de la banlieue Sud de Beyrouth et de la plaine de la Békaa s'élevait aujourd'hui à plus de 100 00.
Une crise humanitaire sans précédent guette le pays. Nous craignons le pire.
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11h30:
7 jours ont déjà passé... 7 jours d'aliénation destructrice, de démence meutrière ...
Ce matin même, Qana est bombardée, ce même village qui fut la cible de l'armée israélienne en 1996... Rappelons-nous:
Qana, Thursday April 18, 1996
In the bloodiest attack by far on this eighth day of Israeli aggression, over 105 civilians were massacred after Israeli artillery pounded a UNIFIL warehouse packed with refugees. The hundreds of men, women and children were seeking shelter from Israeli bombardment with the U.N. in the village of Qana. Foreign Minister Ehud Barak has said Israel would continue the bombardment despite the massacre.
Aujourd'hui encore, des civils se font lyncher sans aucune merci, par dizaines! Des immeubles complets se font dévaster!
Je me permets ici de reproduire des extraits de courriels du Québec:
"Que Dieu soit avec vous durant cette dure épreuve
Nous sommes avec vous dans nos prières.
Nous nous mobilisons ici à Montréal et ailleurs afin de faire pression sur le Gvnmt Canadien pour réagir au plus vite.
Le silence de la communauté internationale est vraiment déplorable" (A., Montréal)
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"Je ne sais pas si tu te souviens de moi (...). Je m'appelle (...), et je suis juive (...). J'ai lu avec beaucoup de tristesse tes nouvelles. J'espère que toi et ta famille êtes toujours vivantes et en sécurité. Je prie que la paix revienne. Je sais que le Liban et son peuple ont déjà beaucoup, beaucoup souffert il n'y a pas si longtemps, et que tout le monde croyait que les choses allaient mieux dans votre pays. Que le bon Dieu vous protège, ainsi que tous les Libanais. Je prie aussi pour l'Israël, et pour la paix et la sécurité dans ce pays que j'aime. Je voudrais que tous les armes, tous les bombes, disparaissent tout de suite et que tout le monde puissent vivre ensemble comme de bons voisins. Avec beaucoup d'amour" (L., Montréal)
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"La famille Akras a courageusement tenu une conférence de presse pour blâmer le gouvernement Harper et Israël. C'était, comme on le comprend aisément, très émouvant. La sœur d'Ali blessé sévèrement, a dit que le Hezbollah protégeait leur maison (enfin! je ne sais pas ce qu'il faut penser de cette protection... puisqu'ils sont tous morts). Le chef du Centre de l'Islam ici a eu un discours percutant qui devrait, un peu réveiller tout le monde je pense. Israël est en train de se mettre tout le monde à dos. Il ne faut pas oublier que l'Iran est derrière le Hezbollah et ne pas oublier que l'Iran a dit haut et fort vouloir exterminer Israël. Le Liban, hélas, se trouve au beau milieu du conflit, le bouc émissaire. L'Iran ne pouvant pas utiliser ses roquettes(recommandation de l'ONU et des dirigeants à l'international) pour atteindre Israël, passe, si je ne m'abuse, par le Hezbollah. Nous sommes de tout cœur avec vous ici. La famille Akras dit avoir reçu un appel de M. Charest qui offre son aide à la famille. Apparemment des gens du Bloc ont offert leurs condoléances, un sénateur... mais du gouvernement du Canada, RIEN. J'ai bien aimé quand la fille a dit qu'ils n'étaient pas Canadiens uniquement quand il s'agit de voter..." (D., Montréal)
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"Conseil oecuménique des Eglises - Pour diffusion immédiate - 17/07/2006 12:32:43 PM: PAIX AU MOYEN-ORIENT: LE COE DEMANDE L'ARRÊT DES VIOLENCES, LA PROTECTION DES CIVILS ET LA FIN DES DISCOURS BELLICISTES Le nouveau déferlement de violence au Moyen-Orient suscite l'inquiétude dans le monde entier, toutes les parties doivent arrêter les confrontations violentes et garantir la protection des populations civiles - tels sont les termes d'un appel lancé aujourd'hui par le Conseil œcuménique des Eglises (COE). "Le COE demande fermement à toutes les parties de stopper sans délai l'escalade du conflit, de faire marche arrière et d'arrêter d'utiliser un discours belliciste" dit le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, dans une déclaration en date du 13 juillet. Cette déclaration se situe dans un contexte de rapide escalade du conflit armé dans cette région à la suite d'une journée marquée par des attaques militaires israéliennes visant des objectifs libanais, des attentats contre les forces armées et des villes israéliennes, et plusieurs semaines de conflit violent à Gaza. "Nous insistons absolument et fermement - dit cette déclaration - sur la nécessité, pour toutes les parties, de protéger les civils, libanais, israéliens, palestiniens, conformément au droit international. Nous demandons qu'il soit mis fin aux actions violentes, nous les condamnons, y compris la destruction des routes, des ponts, des pistes d'aéroports, ainsi que le blocus maritime du Liban, blocus qui existe également à Gaza." La déclaration souligne que le respect du droit international est "la solution majeure pour échapper au cycle des incursions, des actions d'occupation, des contre-attaques violentes et de l'inertie internationale qui menacent à nouveau aujourd'hui le Moyen-Orient." Et le texte reprend les récents appels du COE en faveur de négociations équitables entre israéliens et palestiniens à propos de Gaza ainsi que de la situation en général. Texte intégral de la déclaration à propos de l'escalade du conflit entre Israël et le Liban: <http://www.oikoumene.org/fr/documentacion/documents/general-secretary/messages-and-pastoral-letters/13-07-06-conflict-between-israel-and-lebanon.html>http://www.oikoumene.org/fr/documentacion/documents/general-secretary/messages-and-pastoral-letters/13-07-06-conflict-between-israel-and-lebanon.html
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Pamela: ma soeur Michèle est retournée hier soir au Liban saine et sauve d'Amman via la Syrie après un périple extrêmement dangereux!
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SOS Lebanon.

Tuesday 18 July, 2006.
10h30 a.m.


Seven days of bloodshed, obliteration, hostility and aggression and the law of terror goes on and on. Following more than a decade of national, economic and civil reconstruction, Lebanon is at this moment compelled to relive the atrocities of its 1975 civil, regional and international war; and that with more refined and vicious weapons and minds. The Lebanese people are now lost in a swamp created by Israel and Hezbollah, two dreadful belligerents who had had both the time to strengthen their strategic military tactics, their arsenal and missiles, their regional and international alliances as well as their quest for annihilation in the name of a land, in the name of a people and in the name of God.

Lebanese citizens are now dying, missing under the debris, trying to survive in remote villages without food, medicine, water, shelter and help, being forced to go into a sort of exile to different cities, villages or countries, abandoning their lives to fate, regional and international verdicts and of course God. It is as if the Lebanese were doomed to reside in this world only to go through a series of genocides.

Now, the bombardments have got to cease. Haven’t we all had enough? Haven’t we all learned from previous wars throughout history and from current bloody mistakes? Haven’t we all learned that violence begets violence, extremism and death? Don’t we all crave for peace, freedom and love?

Mark these words: The Lebanese have the right to go on living in their homes, with their families and friends and to enjoy practicing their lately earned yet so suddenly taken away freedom and independence as citizens of the Republic of Lebanon.

We thus urge the International community and the citizens of our world to help us put an end to this tragic and calamitous situation. Only when the violence stops can we go on looking for solutions no matter how complex, improbable and dubious they might seem.

Michèle Chrabieh
Beirut, Lebanon.
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Un article qui me fut acheminé par A. de Montréal:
Initiative 100% israélienne LES BOMBARDEMENTS QUOTIDIENS ISRAÉLIENS À GAZA SONT LA CAUSE DE LA GUERRE. C’EST UNE GUERRE GLOBALE DE RECOLONISATION
18 juillet 2006
par Michel Warschawski

Suite à une opération militaire menée de main de maître par l’organisation libanaise de résistance nationale Hezbollah, et la capture de deux prisonniers de guerre, l’armée israélienne a bombardé la capitale libanaise et de nombreux autres sites au sud du Liban. A l’heure où sont écrites ces lignes, le gouvernement israélien est en train de discuter de l’opportunité d’envahir le territoire libanais pour une opération de longue durée. Certes, les souvenirs du fiasco sanglant qu’avait signifiée l’invasion du Liban en 1982-1985 sont encore vivants dans la mémoire des généraux israéliens qui, à l’époque, n’étaient encore que des officiers subalternes, mais l’humiliation ressentie à la suite de l’opération du Hezbollah est si forte et la volonté de vengeance à ce point ancrée dans leurs têtes obtuses, que l’éventualité d’une telle invasion n’est pas à exclure.

Comme l’indiquait le Cheikh Nasrallah, dirigeant du Hezbollah, la date de l’attaque de la patrouille israélienne n’avait pas été programmée à l’avance, et c’est un concours de circonstances favorables mais imprévues qui l’a provoquée. Pourtant, il ne faisait pas de doute que le Hezbollah ne pouvait rester longtemps les mains croisées, alors que depuis des mois, l’armée israélienne massacre la population de Gaza.

Le centre de gravité du conflit israélo-arabe va vraisemblablement bouger dans les semaines à venir, de Gaza vers le Liban. Mais ne nous trompons pas : il s’agit d’une seule et même campagne, dont l’initiative est 100% israélienne, dans le cadre de ce qu’ils appellent eux-mêmes, à la suite de leur maître et seigneur de la Maison Blanche, « une guerre permanente et préventive contre le terrorisme ».

Il est donc important de remettre les choses à leur place, et les événements dans leur ordre chronologique : ce n’est pas l’opération militaire menée il y a trois semaines par un commando palestinien et l’enlèvement du caporal Gilad Shalit qui ont poussé le gouvernement israélien à lancer son offensive sanguinaire contre les habitants de la Bande de Gaza ; ce sont les bombardements quotidiens de l’artillerie israélienne et les dizaines de morts palestiniens, dont une majorité de civils et de nombreux enfants, qui ont poussé ces militants palestiniens à rompre la trêve déclarée par les principales organisations palestiniennes et scrupuleusement respectée par ces dernières depuis plus d’un an.

La libération du soldat Gilad Shalit est le dernier des soucis de ces mêmes autorités israéliennes, et même le plus stupide des ministres sait parfaitement que les attaques militaires mettent sa vie en danger et risquent sans doute de provoquer son assassinat par ses ravisseurs. La seule chose qui importe aux généraux israéliens et aux marionnettes qui les représentent au gouvernement, c’est de « leur apprendre » ce que cela coûte de s’attaquer à Israël. « Leur apprendre » est le concept le plus utilisé dans les déclarations officielles des dirigeants civils et militaires, dans le plus banal des langages coloniaux. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, et aucune retenue, convention internationale ou lois de la guerre ne sont de mise.

La Suisse vient de le rappeler - l’opération en cours à Gaza est faite de crimes de guerre et de violations systématiques et généralisées de toutes les règles du droit international. D’abord, parce qu’il s’agit d’une punition collective : c’est la population de Gaza toute entière qui doit « apprendre » à bien se conduire, même si celle-ci, n’a évidemment rien à voir avec la capture d’un prisonnier de guerre israélien. Ensuite parce qu’il s’agit d’un véritable massacre, le nombre de victimes civiles « collatérales » étant disproportionné avec le nombre de victimes « ciblées ».

Aux côtés de la prise de position helvétique, le silence de l’Union européenne est éloquent, et sert de contrepoint au soutien déclaré de l’administration américaine à l’agression israélienne. Ce soutien participe de la stratégie du Clash des Civilisations prônée par une partie de l’entourage de Georges W Bush : ce n’est pas le soldat otage qui doit être sauvé, ce n’est pas non plus le commando responsable de son enlèvement qui doit être puni ; ce n’est même pas le parti Hamas ou le gouvernement qu’il dirige qui doivent être sanctionné, mais le peuple palestinien lui-même, peuple voyou appartenant à une civilisation dont le terrorisme est une des caractéristiques.

Ce matin, un ancien des renseignements israéliens expliquait longuement à la radio que le problème israélo-arabe est avant tout un problème culturel : alors que « pour eux » la vie humaine n’avait pas de valeur intrinsèque, pour nous, chaque individu compte. En conséquence, aucun terrain d’entente ne pourra jamais être trouvé entre membres de deux civilisations aux valeurs antagoniques, et la guerre est donc permanente.

A entendre ce personnage, qui reflète une opinion largement partagée par la classe politico-militaire israélienne, on ne comprend pas à quoi sert de vouloir « leur apprendre » quoi que ce soit : culturellement, les Arabes, et plus généralement la civilisations musulmane est hermétiquement fermée au respect de la vie humaine, et les innombrables victimes des bombardements à Gaza ou au Liban ne changeront pas leur orientation.

Tant que les parrains américains d’Israël seront dans la stratégie du choc des civilisations et de la guerre globale et permanente, il ne faut pas s’attendre à un tournant de la politique israélienne, et la « guerre » - qu’il vaudrait mieux appeler pacification permanente - contre les Palestiniens, et plus généralement contre les Arabes - va suivre son cours. Avec son lot croissant de victimes, y compris israéliennes.

Ceci est à prendre en considération par le mouvement social international et plus particulièrement par le mouvement de solidarité : nous sommes tous confrontes non pas à un événement, aussi tragique et sanglant soit-il, mais à une guerre de longue durée. Cette réalité exige des stratégies à long terme et du souffle. Elle exige aussi d’agir dans une perspective globale. Face à la guerre globale de recolonisation du monde, la reconstruction d’un fort mouvement anti-guerre qui englobe la Palestine comme un de ses objectifs les plus emblématiques n’est plus un luxe qu’on peut repousser à plus tard, mais une urgence pour tous les habitants de notre planète.


VERS UN NOUVEAU CONSENSUS PALESTINIEN ?


Dans la mesure où on peut cerner des objectifs politiques dans le déchaînement de violence mise en œuvre dans la Bande de Gaza, la mise en échec de l’accord Hamas-Fatah est l’un d’entre eux. Pendant plusieurs mois, le Premier Ministre palestinien Ismail Haniyeh du Hamas et Mahmud Abbas, Président de l’Autorité Palestinienne et dirigeant du Fatah ont œuvré à la rédaction d’un document programmatique commun, basé sur ce que l’on appelle « le document des prisonniers ». Ce document, rédigé par les dirigeants des deux grandes formations politiques palestiniennes détenus dans les prisons israéliennes, définit le cadre d’un nouveau consensus politique palestinien basé sur la lutte pour un Etat palestinien, libre et indépendant, dans les territoires occupés en juin 1967, ce qui implicitement signifie la reconnaissance de l’Etat d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967.

Pour les autorités de Tel Aviv, un tel document ne devait en aucun cas voir le jour, car il enlevait le prétexte de la non-reconnaissance du gouvernement palestinien et de la guerre permanente contre ceux qui ont osé élire une majorité Hamas au parlement palestinien.

L’attaque spectaculaire contre Gaza a mis fin aux négociations entre Abbas et Haniyeh, alors que les journaux annonçaient un accord... pour le lendemain. Cette même attaque pourrait cependant permettre un autre consensus inter palestinien : celui d’une résistance unie contre la guerre israélienne, sans illusion sur une éventuelle volonté de négocier de la part de Tel Aviv, soi-disant en échange de nouveaux compromis palestiniens.

C’est en tout cas vers un tel nouveau consensus inter palestinien qu’œuvrent les organisations de la gauche palestinienne qui, depuis un certain temps déjà, servent d’intermédiaire entre le gouvernement et la présidence, et surtout entre les partis dont ils sont issus.


RESISTANCE


Quand on compare les événements de ces dernières semaines -les attaques sauvages contre Gaza, d’abord, puis contre le Liban, à des événements similaires des décennies précédentes - la répression brutale de la première Intifada (1988-1990) et l’invasion du Liban (1982), on remarque immédiatement trois différences majeures : l’absence totale de retenue de la part des forces armées israéliennes comparée ; l’absence de pressions internationales, voire de l’éventualité d’une telle pression, et l’absence d’un mouvement de masse en Israël qui remette en question la brutalité des opérations militaires.

Ces trois éléments sont en fait liés les uns aux autres : la « retenue » (certes, toute relative) des forces armées israéliennes résultait de l’existence de règles internationales avec lesquelles Israël se devait de ne pas trop se démarquer, à cause du double risque de pressions internationales et d’opposition internes. Quant au mouvement anti-guerre de masse il était, entre autre, le résultat d’une pression internationale ou, du moins, du sentiment d’être en rupture avec les règles de la guerre et les intérêts de la diplomatie internationale.

Avec la disparition de l’Union Soviétique et l’émergence des Etats Unis comme puissance internationale unique, nous sommes entrés dans une phase de dérégulation du droit international et des modes de comportement des Etats, telles que définis à la suite de la victoire sur le fascisme (Conventions de Genève, Chartre des Nations Unies, résolutions diverses de l’ONU). A la place se sont imposés la loi de la jungle et le droit du plus fort, l’unilatéralisme, et, sous prétexte de guerre permanente et préventive contre le terrorisme, le terrorisme d’Etat sans entrave.

Ces nouvelles valeurs ont été très rapidement intériorisées par l’immense majorité de la société israélienne qui se sent aux premières lignes de la guerre de civilisation contre le terrorisme, lui-même identifiée au monde musulman. C’est ce qui explique pourquoi le mouvement pacifiste de masse a disparu.

La Paix Maintenant, qui avait su mobiliser des centaines de milliers d’Israéliennes et d’Israéliens contre la répression dans les territoires occupés et contre la guerre au Liban, n’existe plus. Depuis 2000, pas une seule manifestation de masse, si ce n’est pour soutenir les « initiatives de paix »... d’Ariel Sharon, et aujourd’hui, alors que Gaza est massacrée et le Liban martyrisé, pas une voix ne s’élève dans la gauche sioniste, pour dénoncer ces crimes et exiger d’y mettre fin immédiatement.

Seules les diverses organisations du mouvement anti-colonialiste protestent, avec détermination et courage, et font entendre, à contre-courant la voix du droit et du respect de la vie.

La Coalition des Femmes pour une Paix Juste, les diverses organisations de réservistes et d’appelés qui refusent de servir l’occupation, les Anarchistes contre le Mur, le mouvement Ta’ayush, le Centre d’Information Alternative, les Rabbins pour les Droits de l’Homme ont, ces dernières semaines, redoublé leurs efforts et leur mobilisation : rassemblements, manifestations, fermeture de rues centrales à Tel Aviv, campagne de graffitis etc.

Aussi honorable soit-elle, cette mobilisation des forces dites radicales n’est en rien comparable à celles de 1982 ou de 1988, non pas par leur nombre (elles sont en fait plus grandes que celles des décennies précédentes) mais parce que leur efficacité provenait précisément de la capacité d’être un catalyseur pour les forces plus modérées et beaucoup plus massives du mouvement pacifiste israélien. Aujourd’hui, malheureusement, pour utiliser une image du journaliste militant Uri Avneri, la grande roue que représentait la Paix Maintenant n’existe pas et notre petite roue, qui avait pour fonction de faire bouger la plus grande, tourne à vide.
S’il faut saluer le courage et la détermination des quelques milliers de militantes et de militants qui dénoncent aujourd’hui l’agression israélienne, on ne peut pas ne pas reconnaître que, du point de vue du front interne, le gouvernement Olmert-Peretz-Peres a les mains libres pour poursuivre ses méfaits.


Initiative 100% israélienne LES BOMBARDEMENTS QUOTIDIENS ISRAÉLIENS À GAZA SONT LA CAUSE DE LA GUERRE. C’EST UNE GUERRE GLOBALE DE RECOLONISATION
18 juillet 2006
par Michel Warschawski


Suite à une opération militaire menée de main de maître par l’organisation libanaise de résistance nationale Hezbollah, et la capture de deux prisonniers de guerre, l’armée israélienne a bombardé la capitale libanaise et de nombreux autres sites au sud du Liban. A l’heure où sont écrites ces lignes, le gouvernement israélien est en train de discuter de l’opportunité d’envahir le territoire libanais pour une opération de longue durée. Certes, les souvenirs du fiasco sanglant qu’avait signifiée l’invasion du Liban en 1982-1985 sont encore vivants dans la mémoire des généraux israéliens qui, à l’époque, n’étaient encore que des officiers subalternes, mais l’humiliation ressentie à la suite de l’opération du Hezbollah est si forte et la volonté de vengeance à ce point ancrée dans leurs têtes obtuses, que l’éventualité d’une telle invasion n’est pas à exclure.

Comme l’indiquait le Cheikh Nasrallah, dirigeant du Hezbollah, la date de l’attaque de la patrouille israélienne n’avait pas été programmée à l’avance, et c’est un concours de circonstances favorables mais imprévues qui l’a provoquée. Pourtant, il ne faisait pas de doute que le Hezbollah ne pouvait rester longtemps les mains croisées, alors que depuis des mois, l’armée israélienne massacre la population de Gaza.

Le centre de gravité du conflit israélo-arabe va vraisemblablement bouger dans les semaines à venir, de Gaza vers le Liban. Mais ne nous trompons pas : il s’agit d’une seule et même campagne, dont l’initiative est 100% israélienne, dans le cadre de ce qu’ils appellent eux-mêmes, à la suite de leur maître et seigneur de la Maison Blanche, « une guerre permanente et préventive contre le terrorisme ».

Il est donc important de remettre les choses à leur place, et les événements dans leur ordre chronologique : ce n’est pas l’opération militaire menée il y a trois semaines par un commando palestinien et l’enlèvement du caporal Gilad Shalit qui ont poussé le gouvernement israélien à lancer son offensive sanguinaire contre les habitants de la Bande de Gaza ; ce sont les bombardements quotidiens de l’artillerie israélienne et les dizaines de morts palestiniens, dont une majorité de civils et de nombreux enfants, qui ont poussé ces militants palestiniens à rompre la trêve déclarée par les principales organisations palestiniennes et scrupuleusement respectée par ces dernières depuis plus d’un an.

La libération du soldat Gilad Shalit est le dernier des soucis de ces mêmes autorités israéliennes, et même le plus stupide des ministres sait parfaitement que les attaques militaires mettent sa vie en danger et risquent sans doute de provoquer son assassinat par ses ravisseurs. La seule chose qui importe aux généraux israéliens et aux marionnettes qui les représentent au gouvernement, c’est de « leur apprendre » ce que cela coûte de s’attaquer à Israël. « Leur apprendre » est le concept le plus utilisé dans les déclarations officielles des dirigeants civils et militaires, dans le plus banal des langages coloniaux. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, et aucune retenue, convention internationale ou lois de la guerre ne sont de mise.

La Suisse vient de le rappeler - l’opération en cours à Gaza est faite de crimes de guerre et de violations systématiques et généralisées de toutes les règles du droit international. D’abord, parce qu’il s’agit d’une punition collective : c’est la population de Gaza toute entière qui doit « apprendre » à bien se conduire, même si celle-ci, n’a évidemment rien à voir avec la capture d’un prisonnier de guerre israélien. Ensuite parce qu’il s’agit d’un véritable massacre, le nombre de victimes civiles « collatérales » étant disproportionné avec le nombre de victimes « ciblées ».

Aux côtés de la prise de position helvétique, le silence de l’Union européenne est éloquent, et sert de contrepoint au soutien déclaré de l’administration américaine à l’agression israélienne. Ce soutien participe de la stratégie du Clash des Civilisations prônée par une partie de l’entourage de Georges W Bush : ce n’est pas le soldat otage qui doit être sauvé, ce n’est pas non plus le commando responsable de son enlèvement qui doit être puni ; ce n’est même pas le parti Hamas ou le gouvernement qu’il dirige qui doivent être sanctionné, mais le peuple palestinien lui-même, peuple voyou appartenant à une civilisation dont le terrorisme est une des caractéristiques.

Ce matin, un ancien des renseignements israéliens expliquait longuement à la radio que le problème israélo-arabe est avant tout un problème culturel : alors que « pour eux » la vie humaine n’avait pas de valeur intrinsèque, pour nous, chaque individu compte. En conséquence, aucun terrain d’entente ne pourra jamais être trouvé entre membres de deux civilisations aux valeurs antagoniques, et la guerre est donc permanente.

A entendre ce personnage, qui reflète une opinion largement partagée par la classe politico-militaire israélienne, on ne comprend pas à quoi sert de vouloir « leur apprendre » quoi que ce soit : culturellement, les Arabes, et plus généralement la civilisations musulmane est hermétiquement fermée au respect de la vie humaine, et les innombrables victimes des bombardements à Gaza ou au Liban ne changeront pas leur orientation.

Tant que les parrains américains d’Israël seront dans la stratégie du choc des civilisations et de la guerre globale et permanente, il ne faut pas s’attendre à un tournant de la politique israélienne, et la « guerre » - qu’il vaudrait mieux appeler pacification permanente - contre les Palestiniens, et plus généralement contre les Arabes - va suivre son cours. Avec son lot croissant de victimes, y compris israéliennes.

Ceci est à prendre en considération par le mouvement social international et plus particulièrement par le mouvement de solidarité : nous sommes tous confrontes non pas à un événement, aussi tragique et sanglant soit-il, mais à une guerre de longue durée. Cette réalité exige des stratégies à long terme et du souffle. Elle exige aussi d’agir dans une perspective globale. Face à la guerre globale de recolonisation du monde, la reconstruction d’un fort mouvement anti-guerre qui englobe la Palestine comme un de ses objectifs les plus emblématiques n’est plus un luxe qu’on peut repousser à plus tard, mais une urgence pour tous les habitants de notre planète.


VERS UN NOUVEAU CONSENSUS PALESTINIEN ?


Dans la mesure où on peut cerner des objectifs politiques dans le déchaînement de violence mise en œuvre dans la Bande de Gaza, la mise en échec de l’accord Hamas-Fatah est l’un d’entre eux. Pendant plusieurs mois, le Premier Ministre palestinien Ismail Haniyeh du Hamas et Mahmud Abbas, Président de l’Autorité Palestinienne et dirigeant du Fatah ont œuvré à la rédaction d’un document programmatique commun, basé sur ce que l’on appelle « le document des prisonniers ». Ce document, rédigé par les dirigeants des deux grandes formations politiques palestiniennes détenus dans les prisons israéliennes, définit le cadre d’un nouveau consensus politique palestinien basé sur la lutte pour un Etat palestinien, libre et indépendant, dans les territoires occupés en juin 1967, ce qui implicitement signifie la reconnaissance de l’Etat d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967.

Pour les autorités de Tel Aviv, un tel document ne devait en aucun cas voir le jour, car il enlevait le prétexte de la non-reconnaissance du gouvernement palestinien et de la guerre permanente contre ceux qui ont osé élire une majorité Hamas au parlement palestinien.

L’attaque spectaculaire contre Gaza a mis fin aux négociations entre Abbas et Haniyeh, alors que les journaux annonçaient un accord... pour le lendemain. Cette même attaque pourrait cependant permettre un autre consensus inter palestinien : celui d’une résistance unie contre la guerre israélienne, sans illusion sur une éventuelle volonté de négocier de la part de Tel Aviv, soi-disant en échange de nouveaux compromis palestiniens.

C’est en tout cas vers un tel nouveau consensus inter palestinien qu’œuvrent les organisations de la gauche palestinienne qui, depuis un certain temps déjà, servent d’intermédiaire entre le gouvernement et la présidence, et surtout entre les partis dont ils sont issus.


RESISTANCE


Quand on compare les événements de ces dernières semaines -les attaques sauvages contre Gaza, d’abord, puis contre le Liban, à des événements similaires des décennies précédentes - la répression brutale de la première Intifada (1988-1990) et l’invasion du Liban (1982), on remarque immédiatement trois différences majeures : l’absence totale de retenue de la part des forces armées israéliennes comparée ; l’absence de pressions internationales, voire de l’éventualité d’une telle pression, et l’absence d’un mouvement de masse en Israël qui remette en question la brutalité des opérations militaires.

Ces trois éléments sont en fait liés les uns aux autres : la « retenue » (certes, toute relative) des forces armées israéliennes résultait de l’existence de règles internationales avec lesquelles Israël se devait de ne pas trop se démarquer, à cause du double risque de pressions internationales et d’opposition internes. Quant au mouvement anti-guerre de masse il était, entre autre, le résultat d’une pression internationale ou, du moins, du sentiment d’être en rupture avec les règles de la guerre et les intérêts de la diplomatie internationale.

Avec la disparition de l’Union Soviétique et l’émergence des Etats Unis comme puissance internationale unique, nous sommes entrés dans une phase de dérégulation du droit international et des modes de comportement des Etats, telles que définis à la suite de la victoire sur le fascisme (Conventions de Genève, Chartre des Nations Unies, résolutions diverses de l’ONU). A la place se sont imposés la loi de la jungle et le droit du plus fort, l’unilatéralisme, et, sous prétexte de guerre permanente et préventive contre le terrorisme, le terrorisme d’Etat sans entrave.

Ces nouvelles valeurs ont été très rapidement intériorisées par l’immense majorité de la société israélienne qui se sent aux premières lignes de la guerre de civilisation contre le terrorisme, lui-même identifiée au monde musulman. C’est ce qui explique pourquoi le mouvement pacifiste de masse a disparu.

La Paix Maintenant, qui avait su mobiliser des centaines de milliers d’Israéliennes et d’Israéliens contre la répression dans les territoires occupés et contre la guerre au Liban, n’existe plus. Depuis 2000, pas une seule manifestation de masse, si ce n’est pour soutenir les « initiatives de paix »... d’Ariel Sharon, et aujourd’hui, alors que Gaza est massacrée et le Liban martyrisé, pas une voix ne s’élève dans la gauche sioniste, pour dénoncer ces crimes et exiger d’y mettre fin immédiatement.

Seules les diverses organisations du mouvement anti-colonialiste protestent, avec détermination et courage, et font entendre, à contre-courant la voix du droit et du respect de la vie.

La Coalition des Femmes pour une Paix Juste, les diverses organisations de réservistes et d’appelés qui refusent de servir l’occupation, les Anarchistes contre le Mur, le mouvement Ta’ayush, le Centre d’Information Alternative, les Rabbins pour les Droits de l’Homme ont, ces dernières semaines, redoublé leurs efforts et leur mobilisation : rassemblements, manifestations, fermeture de rues centrales à Tel Aviv, campagne de graffitis etc.

Aussi honorable soit-elle, cette mobilisation des forces dites radicales n’est en rien comparable à celles de 1982 ou de 1988, non pas par leur nombre (elles sont en fait plus grandes que celles des décennies précédentes) mais parce que leur efficacité provenait précisément de la capacité d’être un catalyseur pour les forces plus modérées et beaucoup plus massives du mouvement pacifiste israélien. Aujourd’hui, malheureusement, pour utiliser une image du journaliste militant Uri Avneri, la grande roue que représentait la Paix Maintenant n’existe pas et notre petite roue, qui avait pour fonction de faire bouger la plus grande, tourne à vide.
S’il faut saluer le courage et la détermination des quelques milliers de militantes et de militants qui dénoncent aujourd’hui l’agression israélienne, on ne peut pas ne pas reconnaître que, du point de vue du front interne, le gouvernement Olmert-Peretz-Peres a les mains libres pour poursuivre ses méfaits.


Michel Warschawski
MICHEL WARSCHAWSKI is director of the Alternative Information Center in Jerusalem and a well-known anti-Zionist activist. His books include Toward an Open Tomb: The Crisis of Israeli Society; Israel-Palestine: le défi binational and an award-winning memoir, Sur la frontière.
Warschawski has the keen eye of an Israeli insider. He develops a powerful critique of Israeli policies with a persuasive power drawn from his own Jewish origins and his deepening devotion to what he regards as the best Jewish traditions.
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Lundi 17 juillet 2006

16h15:

Voici ce qui vient de m'arriver de ma soeur Michèle:

"Monday 17 July, 2006.

I have been told a couple of kamikaze drivers are foolish enough to take mycolleague and I back home. One will drive us to Damascus and the other one toBeirut. Believe it or not the initial fee was USD 4000, but obviously we had tocut a deal. If they think this perilous "covenant" will get us to Wonderland,they are indisputably in the wrong. I giggle, sob and speculate... In fact, itis often alleged that granting power to people will surely reveal their trueself. I would say create war for people and many will without doubt attain thegreediest and most voracious summit. Then again, create war for people and mostwill purely live for the love of their dwelling and territory, for the sake ofhumanity... in other words, for a blissful life.I have to end this "conversation"... The driver is in the lobby. It is check outtime.Lebanon is getting closer and closer by the minute.

Michèle Chrabieh

9:26 a.m.Amman"

Pamela: Nous venons de savoir que Michèle a pu traverser la frontière syro-libanaise! A suivre...

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10h du matin:

Croyez-vous que la guerre s'est arrêtée? Nullement.... Le G8 a-t-il décrété quelque chose là-dessus? Nullement... Les bombardements continuent de plus belle. Et en plus, l'armée israélienne utilise des missiles de plus en plus sophistiqués et interdits au niveau international: des armes de destruction massives quoi! Genre: bombes au phosphore utilisées au Sud du Liban les deux derniers jours... bombes qu'on nomme en arabe 'inchitariyye' c.à.d lorsqu'elles explosent, elles émettent d'autres bombes qui explosent à leur tour dans un périmètre plus large - telles celles qui ont pour la nième fois touché l'aéroport national de Beyrouth hier soir! et d'autres sortes de bombes dont la nomination m'est inconnue. Une fois de plus, nous allons devenir peu à peu des experts en armement. Lorsque j'avais 11-13 ans, les bombes ne pesaient que quelques dizaines de kilos. Aujourd'hui, c'est des tonnes!

Enfin, je me permets ici de reproduire un extrait d'un courriel envoyé par une amie à Montréal:

"J'espère que tu vas bien malgré tout à la montagne. Ils disent qu'à la montagne il n'y a pas de danger, je l'espère. Il y a 8 canadiens de mort au sud du Liban. Le gouvernement Can. va envoyer un bateau, ils ne sont pas vite, en plus que le gouvernement Harper à mit 15 milliards de $ dans l'armée ils pourraient êtres plus rapides. Le sommet du G8 a eu lieu, ils ont enfin eux un consensus : que le Hezbollah redonne les 2 otages, qu'Israël arrête tout. Je ne sais pas ce que cela va donner; il y a eu 25 mort civil aussi en Isr. au Nord. C'est malade contre 150 au Liban. Il y a eu une grosse manifestation à Montréal pour que le gouv. Can. empêche les bombardements Isr. En même était tué une famille canadienne-libanaise de 4 personnes dont 2 enfants en bas âges. Tout le monde pleurait durant la manifestation, car évidemment ils étaient de Montréal, ils allaient passer les vacances au Liban. La famille qui est resté à Montréal était dévastée. C'est morbide, un grand-père pleurait car il avait passé toute sa jeunesse au Liban et était devenu par la suite canadien et voit sa descendance se faire tuer dans le pays qu'il a fuit et qu'il pensait être sauvé de toutes ces horreurs. Jusqu'à Montréal la mort le poursuit comme un fléau" (M., Montreal)

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RDI:

"Sept personnes détentrices de la double nationalité libanaise et canadienne sont mortes dimanche au Liban dans un raid aérien israélien à la frontière avec l'État hébreu, a annoncé le ministre canadien des Affaires étrangères, Peter MacKay. Trois autres sont grièvement blessées, a ajouté le ministre, après avoir exprimé ses condoléances aux proches des disparus.
Au moins six d'entre elles sont des membres d'une famille de Montréal. Quatre enfants, âgés de 1 à 8 ans, ainsi que leur mère, figurent au nombre des victimes. Leur père repose entre la vie et la mort. Les personnes résidaient dans une maison de la ville de Aïtaroun. Des chaînes de télévision ont rapporté qu'elles appartenaient à une même famille, de passage au Liban pour les vacances. L'identité des personnes tuées n'a pas été dévoilée. Un porte-parole israélien, Mark Regev, a indiqué que le ministère israélien des Affaires étrangères avait exprimé tristesse et regrets quant à ces morts, dans un entretien avec l'ambassadeur canadien en Israël, Donald Sinclair. Le ministère a promis de vérifier les faits et de remettre un rapport complet aux autorités canadiennes au sujet de cet incident.

Un plan d'évacuation canadien:

Le ministre Peter MacKay (archives)
Le ministre MacKay a expliqué que le Canada faisait appel à des navires commerciaux bien protégés pour évacuer ses ressortissants. Il a ajouté que du personnel consulaire supplémentaire était mobilisé pour permettre d'accélérer le processus.
Il a assuré que les Canadiens enregistrés à l'ambassade recevaient régulièrement des messages sur l'état des opérations d'évacuation. Il a affirmé qu'Ottawa travaillait étroitement avec les autres pays ayant des ressortissants au Liban.
Ottawa recommande aux Canadiens se trouvant au Liban d'avoir leur passeport et leurs documents importants en règle et à portée de main. Le gouvernement avertit aussi les ressortissants canadiens d'éviter les endroits ouverts.

Le premier ministre Stephen Harper
Au sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, en Russie, le premier ministre Stephen Harper a déclaré que le Canada se consacrait maintenant à assurer la sécurité de ses milliers de ressortissants au Liban.
« Nous sommes en train, ici à Saint-Pétersbourg, à Ottawa et aussi au Moyen-Orient, d'examiner tous les moyens d'actions possibles et nous faisons cela en collaboration avec nos alliés qui font face aux mêmes défis que nous », a commenté M. Harper.
Quelque 16 000 Canadiens sont déjà enregistrés à l'ambassade canadienne à Beyrouth, selon le ministère des Affaires étrangères. Jusqu'à 40 000 ressortissants canadiens pourraient se trouver au Liban à l'heure actuelle.

Pamela: Je tiens à remercier de tout coeur tous nos amis-es à Montréal et au Québec pour leur support continu. En ce qui concerne un cessez-le-feu, personne ne l'a effectivement décrété, même pas le G8. Donc les bombardements continuent... Nous restons tapis chacun dans son coin. Pour le moment, la montagne est 'safe' mais nous ne savons pas ce que nous réserve l'avenir. Nos politiciens sont incompétents: ils ont annoncé ce matin qu'ils vont mettre les affaires politiques de côté - bien sûr puisqu'ils sont incapables de se mettre d'accord - et se concentrer à aider la population - bref ils se regroupent en une ONG humanitaire !!!. Mon Dieu!!!

Une autre 'belle' nouvelle suite aux témoignages de beaucoup de personnes recueillis hier dimanche: c'est vrai que plusieurs pays organisent l'évacuation de leurs ressortissants... Mais là aussi, c'est une hiérarchie qui est mise en place: on évacue en premier lieu les "français", "américains", "canadiens", "suisses", "allemands", etc. qui sont des "touristes" c.à.d "de souche" - ah oui! on emploie le terme 'tourisme' pour faire plus civilisé -; alors que pour les "naturalisés" (c.à.d qui ont la nationalité libanaise), ils vont devoir attendre on ne sait quoi... attendre leur tour à une date indéterminée... Et voilà le beau travail!!! Comment allons-nous le qualifier? De la discrimination? De la sélection 'positive'? Le prix à payer pour la liberté et la paix? Ou alors 'l'ordre naturel' des choses?

Ah oui, signalons qu'il y a plus de 26000 réfugiés-ées du Sud du Liban et de la banlieue Sud de Beyrouth. Certains ont pu se trouver des appartements et des chambres d'hôtels; d'autres moins nantis se retrouvent dans les locaux d'écoles publiques; d'autres encore dans les jardins publics! Et n'oublions surtout pas les villages isolés du Sud du Liban qui appellent à l'aide: manque de nourriture, de médicaments, d'essence, etc.

Et une 'petite' correction:

'Le dernier bilan de l'offensive israélienne depuis ses débuts, mercredi, fait état de la mort de plus de 150 civils libanais, en plus d'environ 350 blessés. Le gouvernement libanais évalue les pertes à environ un demi-million de dollars américains' (RDI, 16 juillet 2006).

En fait, il s'agit d'un demi-milliard de dollars américains! Le ministre des affaires financières l'a annoncé hier aux nouvelles et ce chiffre n'est qu'une première estimation. Les pertes matérielles et économiques sont beaucoup plus élevées.

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Dimanche 16 juillet 2006
20h30:
Les carnages se poursuivent de plus belle...
Les derniers en date: une famille de 7 canadiens venus passer les vacances au Liban cet été fut décimée lors d'un raid aérien israélien.
ET PLUS DE 20 MORTS CIVILES ET PLUS DE 50 BLESSÉS LORS D'UN AUTRE RAID ISRAELIEN A L'ENCONTRE D'UN IMMEUBLE DE DOUZE ETAGES POUR LA DÉFENSE CIVILE (LES POMPIERS) A TYR BONDÉ DE FEMMES, D'ENFANTS, DE VIEILLES PERSONNES...
C'EST AFFREUX!!
et la liste des morts ne fait que s'allonger...
la vie humaine ne compte pas en ce 21e siècle... des "dommages collatéraux", des "accidents", des "faits de la nature", "le lot normal de la guerre"... et j'en passe !!!
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Sunday July 16, 2006.
I find myself on that exact jiffy lettering from an office in Amman. I dream of Lebanon, my home, my family and my friends. Ironically, Iwas scheduled to fly back to Beirut last Thursday evening. But the clock stoppedticking, the nightingales flew, the fairies died and the "spears" flew to hit Lebanese grounds. I find myself trapped in the golden cage of our neighboring cities Cairo andAmman, both very close yet so far away from home. How could I define the"idiosyncrasy" of these moments, fully aware that I am only given the choice ofstaying away from my agonizing country and my fragile yet very brave family andfriends? As they refuse to give in, they trust Lebanon has yet a chance torejoice. I join their ranks and as I am not in my land, I use my pen to remindmyself that we shall not abdicate and that we shall not be annihilated by war, hatred and anger.
Peace...Peace...Peace
Michèle Chrabieh
16/07/06
13h29
Amman, Jordan
Pamela: Michèle, tiens bon ma soeur! Nehna samidoun!
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11h du matin:
Les bombardements se poursuivent sans répit, sans crier gare...
Voici un message qui a été envoyé par le coordonnateur de Helem à Montréal:
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Très chers amis,
C'est avec beaucoup de peine que nous regardons la situation escalader au Liban et dans la bande de Gaza. Nous venons de replonger 20 ans en arrière, en l'espace de quelques jours! Ce qui nous attriste le plus, et qui fait le plus peur aux habitants du Liban, c'est l'incertitude de ce qui les attend ! Nos pensées et prières sont donc avec nos frères, nos soeurs, nos parents, nos familles et amis présentement au Liban, assiégés et emprisonnés dans leur propre pays par les forces ennemies israéliennes. Nos pensées vont aussi aux nombreux Libanais-Canadiens ou autres touristes retournés visiter ce qui était, il y a encore quelques heures, la Suisse du Moyen-Orient ! Une pensée toute spéciale à Dima, vice-coordinatrice de Helem Montreal, qui est allée au Liban pour un voyage d'action bénévole. Nous espérons tous que tu sois saine et sauve!
Nous tentons tant bien que mal de rester en contact avec nos connaissances au Liban. Je communique notamment avec Georges, coordinateur de Helem Beyrouth afin de savoir si nous pouvons les aider d'une quelconque façon. Comme vous le savez, le centre communautaire de Helem Liban est devenu l'un des 3 points référence pour les déplacés de guerres. Les membres de Helem se monopolisent afin d'aider à l'organisation de ces centres référence. Ils auront surement besoin de notre soutien.
Le temps est noir ... mais nous devons garder l'espoir et avoir confiance en le gouvernement Libanais (sic!) et croire que la communauté internationale va se mobiliser pour sauver le Liban et ses habitants d'une guerre inutile.
Nous devons rester forts et solides ! parce qu'il est facile de détruire des infrastructures, des immeubles et des ponts ... mais il est impossible et il ne sera JAMAIS possible de détruire l'âme des Libanais. Restons forts. Et surtout, restons unis !!
Bien à vous,
RémyCoordinateurHelem Montréal
www.helem.net514-806-LGBT (5428)
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Pamela: je partage l'espoir de Rémy, mais quant à croire que la communauté internationale (les Nations Unies tout particulièrement) va bouger son petit doigt... illusion... Ou que le gouvernement Libanais puisse (et veuille) faire quelque chose pour remédier à la situation... illusion... Destruction, désolation, dévastation: là, aucune illusion!
Un autre cri qui fut acheminé par un ami à nous présentement aux États-Unis, Philippe Saad:
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Dear friends and colleagues,
The following is a cry for help from a dear friend of mine, who like most Lebanese living in Lebanon are enduring the barbaric attacks by Israeli air and naval forces. Please forward this to as many people as possible in order to convince the international community to intervene and end this bloodshed and massacre and promote peace.
With hope,
Philippe

"Dear all,
Many thanks to all of you who asked about me and showed their support. I really appreciate it and need it to cope with all the destruction and death surrounding me. I need your support to stop the mass massacre that my people are facing as a result of the Israeli attacks on my country that have been non-stop for 4 days.

My country is under attack with a level of aggression that I have not seen in my entire life. Barbaric acts against civilians, with no attention paid to the difference between children, women, elderly, and the handicapped on one hand, and fighters on the other. Everybody is a target for the bombs that are falling on us like black rain, like fire balls, from military planes that have not left our air since Wednesday July 12th, 2006. Their horrific noises have deafened our ears. Children's cries of horror are tearing our hearts. We asked for the international community's help to broker a cease fire. They did not care. All they care about are their regional interests. Israelis did not stop the bombs! Did not stop deaths! Continued their mass destruction! We are under attack without hope for an end…

The aggression is not only against people, but against infrastructure. All the bridges, tunnels, roads, electricity plants, fuel tanks, IT networks, water dams, and every other aspect of infrastructure has been or is being destroyed. Thousands of people have been displaced. We are currently helping people to settle in schools and other public facilities, and trying to supply them with minimum survival amenities. The entire relief effort is through personal initiatives since there is not yet an aid organization helping with the crisis.

It all started 4 days ago, when Hezbollah took two Israeli soldiers as hostages. We as Lebanese citizens condemned this act. We were surprised by this military operation. We did not want war, but they did not ask us. We Lebanese people are tired of war, we want peace. Too many loved ones have died over 20 years of wars. I was born in war, grew up in war, lived through wars, through Israeli occupation, through assassinations, through horror, through displacements, and I had enough, we had enough, Lebanese people had enough, Lebanon had enough! Enough Destruction….enough!

Unfortunately, two Israeli hostages were taken and three were killed, an operation which I am deeply sorry that we could not stop. But does this justify a barbaric attack that has up until now killed at least 160 people, injured hundreds, displaced thousands, and ruined an entire country? Israel bombed today a bus with 21 women and children fleeing from their village. Innocent people, running for their lives, not terrorists, not military people but women and children were burnt. Today Israel bombed three such buses! The international community remains silent…

This summer was our summer. We were happy to show our beautiful small country to the entire world after we have been rebuilding it for 15 years. We invited friends, family, business people and promised them a lovely time. We were so proud of what we accomplished. In four days Israel shattered our dreams in an unbalanced, crazy, sad, barbaric act of aggression; high-tech military planes high in the air bombing unarmed and defenseless people on the ground. In 4 days, Israel destroyed our country, killed our people… Blind Unjustified Aggression!

We are under siege! We are under attack from the air, from the water, and from land. We are cut off from the entire world, without any form of aid or support. Medical and food supplies are limited. Hunger is already creeping into those villages that have been isolated from the rest of the country. Injured people are stuck under ruins. Lebanon is officially facing a humanitarian crisis. Please help us in spreading the word. I and all Lebanese people need your support.

Thank you very much for your help
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Pamela: Une catastrophe humanitaire! Une catastrophe économique, politique, sociale! Une catastrophe multiforme! Nous en avons assez! Assez de la guerre, des invasions, des massacres, des destructions! Nous aussi sommes nés durant la guerre et n'avons pas connu un autre état que celui de la guerre! Ou sont les droits de l'Homme, les droits fondamentaux à la vie, la dignité, le respect? On se permet de donner des leçons là-dessus et on n'est pas capable d'appliquer effectivement les beaux dires? Le droit à la vie, à une digne vie, est-il sélectif? Toute société, tout peuple, peut sombrer dans ce chaos meurtrier! Nous sommes tous responsables, en tant qu'êtres humains, de nous battre pour notre liberté, notre survie, notre VIE! Mais au prix de quoi? Au prix de qui?
Je me permets ici de reproduire encore des courriels d'amis-es:
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"Salut Pamela, oui les nouvelles nous arrivent ici aux Etats-Unis... Toutes les analyses sont pour justifier ce que font les israélites. (pas de surprise là). Bref c'est le Liban en fait de compte, et je pense bien que c'est le lot des libanais de vivre comme tel. C'est la dure vérité mais l'histoire en est la preuve. Et tant que le cancer existe toujours, la situation ne changera point. Toutes nos prières sont avec vous. Prends bien soin de toi-même et de tout le monde" (Katia, USA)
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"essalam aleikoum. mon amie (...) m'avait fait part de votre douleur quant à l'agression sioniste.il me semble évident qu'en tant que arabe, militant de la cause arabe et palestinienne , je ressente profondément cette douleur.Il ne faut surtout pas se leurrer, de tout temps le sioniste est synonyme de vampire, hier la palestine, aujourd'hui c'es le liban et demain la syrie. les futures règles du jeu impérialo-sioniste vont dans le sens de l'agression du monde arbe et musulman. ce que l'on doit se reprocher, c'est que personne n'ignore ce qui se passe et nous avons tardé à régler notre compte avec nos gouvernants. mais je reste convaincu que le peuple libanais est un grand peuple et il l'a démontré dans le passé. je souhaiterai que ce formidable peuple se ressource de pateince et qu'il doit savoir que les peuples arabes là où ils se trouvent sont à votre côté.vive le liban et vive la palestine" (B.M., Montréal).
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"MIDDLE EAST PEACE: END VIOLENCE, PROTECT CIVILIANS, CEASE RHETORIC OF WAR, URGES WCC The new wave of violence in the Middle East is a cause for alarm around the world, and all sides should cease the violent confrontation and ensure the protection of civilians, the World Council of Churches (WCC) appealed today. "The WCC strongly urges all parties to immediately stop and reverse the escalation of the conflict and all use of the rhetoric of war," the WCC general secretary, Rev. Dr Samuel Kobia, said in a statement issued on 13 July. The statement comes in the context of a rapid escalation of armed conflict in the region, following a day of Israeli military strikes on Lebanese targets, attacks on Israeli armed forces and towns, and weeks of armed conflict in Gaza. "We insist fully and firmly on the need for all parties to protect civilians – Lebanese, Israeli and Palestinian – in accordance with international law. We call for an end to violent actions, condemning these actions including the destruction of roads, bridges and airport runways and the blockade by sea of Lebanon as is already the case in Gaza," the statement says. Implementation of international law is "the essential alternative to the cycle of incursions, occupations, violent counter-attacks and international inaction that now looms over the Middle East again," the statement underlines. Recent WCC calls for equitable Israeli-Palestinian negotiations over Gaza and generally are also reiterated.
RELATED WCC LINKS:
Full text of the statement on the escalation of conflict between Israel and Lebanon http://www.oikoumene.org/en/resources/documents.html WCC comments on the conflict in Israel/Palestine, 30.06.2006 http://www.oikoumene.org/en/news/ WCC executive committee statement on Israel/Palestine, 19.05.2006 http://www.oikoumene.org/index.php?id=2259 Background: WCC efforts for peace in Israel/Palestine http://wcc-coe.org/wcc/what/international/regconcerns-palestine- israel.html Additional information: Juan Michel,+41 22 791 6153 +41 79 507 6363 media@wcc-coe.org The World Council of Churches promotes Christian unity in faith, witness and service for a just and peaceful world. An ecumenical fellowship of churches founded in 1948, today the WCC brings together 348 Protestant, Orthodox, Anglican and other churches representing more than 560 million Christians in over 110 countries, and works cooperatively with the Roman Catholic Church. The WCC general secretary is Rev. Dr Samuel Kobia, from the Methodist Church in Kenya. Headquarters: Geneva, Switzerland"
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1h45 du matin:
Nous n'arrivons pas à dormir... Les bombardements s'intensifient... Nous restons aux aguets...
Certains de nos amis-es qui n'ont pas vécu de guerre auparavant fondent en larmes constamment et sont confus. Pour notre part, la nervosité et la crainte s'exprime tantôt par des rires sarcastiques, de l'ironie, et d'autres fois par un sursaut, un cri et le silence qui survient suite à l'éclatement des missiles... Quelques secondes de répit, le temps de reprendre notre souffle, et la ronde infernale recommence. Carnage après carnage... Le cycle de la violence, qui peut l'arrêter? L'Etat Libanais? Ha! Nos chers politiciens? Ha! Ha! La population civile? Elle se fait lyncher... sans aucun moyen de défense...
Akhh ya baladi...
Ce Liban qui renaît constamment de ses cendres... Serait-ce la cas cette fois-ci?
Souffrance... Souffrance... La souffrance est partout...
Partout....
A tous ces individus, collectivités et peuples qui se font exterminer à travers le monde, pour une raison ou pour une autre: courage!
Courage à nous aussi!
Attendre...
Attendre...
Attendre...
Écrire...
Écrire...
Écrire...
Tant que ce peu de raison qui nous habite encore puisse être d'une quelconque utilité.

Pamela (Liban)

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Samedi 15 juillet 2006
20h:
Ça y est: Tous les ports sont détruits! Tous les aéroports! Tous les radars de l'armée Libanaise! Tous les principaux ponts! Plusieurs stations d'essence (plus de 90% au Sud du Liban) et centrales électriques! Un nombre incalculable de villages du Sud ont été détruits et d'autres sont complètement isolés! Et les bombardements continuent!!! La réunion du G8 n'a rien donné de positif. La réunion de la Ligue arabe non plus. Nous ne savons plus vers qui nous tourner... On parle même d'un possible veto à une résolution des Nations Unies pour un cessez-le-feu; tout comme le veto à l'encontre d'un cessez-le-feu à Ghaza.
Pamela (Liban)
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18h50:
Les sons des missiles et des explosions se rapprochent de plus en plus...
Nous nous trouvons pourtant à 300-400 mètres d'altitude.
MON DIEU....
Le port de Jounieh vient aussi d'être bombardé!
Le port de Amchit de même.
La tour d'al-manarah à Beyrouth.
L'aéroport de Hamat.
Le port de Tripoli.
Le port de Beyrouth.
C'est fou!!!
Ou se trouve la communauté internationale et ses beaux principes de démocratie, de liberté et des droits de l'Homme?? Israël a le droit de se "défendre"? De quelle défense parlons-nous? Le massacre d'un peuple et la destruction d'un pays entier?
Quelle est cette BARBARIE???
Ou se trouve notre gouvernement???
Ou se trouve la Ligue arabe?
Les explosions se rapprochent de plus en plus....
L'armée libanaise est aussi bombardée en plusieurs endroits...
Et l'on parle de viser le Hezbollah??? C'est tout le Liban... Ce sont tous les Libanais... sans exception!
J'ai en ce moment une pensée pour nos confrères palestiniens qui se font quotidiennement massacrer...
Et une pensée pour tous nos amis-es à Montréal...
Pamela (Liban)
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18h35:
Les ports de Beyrouth et de Tripoli viennent d'être bombardés par l'armée israélienne.
Les bombardements continuent sans répit au Sud, au Nord, dans la plaine de la Békaa, à Beyrouth...
On dénombre à présent plus d'une centaine de morts civiles et des centaines de blessés-ées.
Un missile visant l'un des ponts a massacré 17 civils, dont 7 enfants.
Les diverses chaînes télévisées locales présentent à longueur de journée et de nuit des images de destruction, de feu, de sang, de corps déchiquetés et de mort.... de mort actroce!
Que pouvons-nous faire sauf attendre, espérer et écrire tant que nous le pouvons?
Que pouvons-nous faire sauf crier notre souffrance au monde entier?
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9h15 du matin:
Notre 4ème journée blottis dans notre appartement...
Et les bombardements israéliens continuent...
Le Sud, le Nord, la plaine de la Békaa, Beyrouth...
Nos familles ont fui le centre de Beyrouth pour la Montagne.
Hier soir, le Hezbollah a riposté sur le navire de guerre israélien posté en face de Beyrouth et qui bombarde plusieurs quartiers résidentiels sans répit.
On dénombre à chaque minute des morts et des blessés civils.
Les politiciens Libanais ne sont pas unis. Certains appellent à une défense nationale envers l'invasion israélienne; d'autres responsabilisent le Hezbollah; d'autres encore restent silencieux.
Et le peuple Libanais? Tout comme le peuple Palestinien et tout autre peuple qui paye les pots cassés de ses dirigeants corrompus, qui paye le prix du jeu des pouvoirs régionaux et internationaux au Proche-Orient depuis des décennies, tente tant bien que mal de survivre.
Nous qui croyions que l'ère des combats, des abris, des carnages, des destructions massives, du sauve-qui-peut était révolue... La plupart des analystes parlaient de "post-guerre". Lors d'une conférence sur la guerre au Liban en juin 2006 à l'hôtel Al-Bustan (Liban), j'ai qualifié la période allant de 1990 à aujourd'hui de "guerre continue sous sa forme non-physique" (excepté les combats qui se poursuivaient au Sud du Liban jusqu'au retrait de l'armée israélienne de la plupart des terres Libanaises en 2000).
Eh bien, la guerre continue effectivement sous toutes ses formes! Elle ne s'est jamais arrêtée. Il n'y avait qu'un statut-quo, un pauvre cessez-le-feu qui ne pouvait durer.
Je suis née durant la guerre, j'y ai grandi, et j'y survis jusqu'à présent... Je n'ai pas connu l'état de paix que d'autres acclament... Qu'est-ce que la paix?
Même en étant à Montréal, la guerre me rattrape d'une manière ou d'une autre.
Victimes? Nous le sommes tous et toutes... Mais nous avons la responsabilité de nous entraider pour sortir de ce cycle infernal de la violence meurtrière.
MERCI A TOUS NOS AMIS-ES AU QUEBEC pour leur encouragement, leur support moral, leurs prières... Merci à tous nos frères et soeurs. Merci également à nos amis-es Palestiniens. Vous nous armez de patience face aux feux de la Géhenne.
Espérons que cette fameuse paix qui n'arrive pas à pointer son petit doigt dans la région proche-orientale à feu et à sang depuis des décennies puisse advenir...!
Pamela Chrabieh (Liban)
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Extraits d'articles du quotidien Libanais francophone L'Orient-le-Jour:
La population du Liban-Sud et de la banlieue sur les routes de l’exode
Israël élargit le cercle de ses bombardements : 21 ponts détruits
(OJ, 15 juillet 2006)

L’offensive israélienne contre le Liban s’est poursuivie pour la troisième journée consécutive hier faisant plusieurs tués et blessés parmi la population libanaise. Ceux parmi les citoyens qui ont été épargnés ont tenté de fuir les bombardements qui se sont progressivement intensifiés, notamment dans la Békaa et au sud de Beyrouth. Pour la énième fois dans l’histoire trouble du pays, les citoyens se sont vus contraints de plier bagage pour fuir vers des destinations plus sûres, envahissant les écoles et les locaux vides de la capitale. Israël a ainsi intensifié et étendu ses raids destructeurs en différents endroits du pays, soumis à un blocus aérien, maritime et terrestre quasiment hermétique, menaçant de mort le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans une escalade de la violence qui fait désormais craindre un conflit régional.Les raids contre les principales infrastructures ont immobilisé l’aéroport de Beyrouth, coupé les principaux axes routiers, touché une centrale électrique. Au total et selon un bilan provisoire, 62 tués et 150 blessés ont été dénombrés parmi la population civile depuis mercredi, date du déclenchement des opérations israéliennes contre le Liban. Mettant à exécution leurs menaces, les forces israéliennes ont bombardé et touché dans la soirée le siège du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah et sa maison, dans la banlieue sud. La chaîne de télévision al-Manar, du Hezbollah, a indiqué que le bombardement a « détruit l’immeuble qui abrite dans un de ses étages le domicile du secrétaire général » du mouvement. Quelques minutes plus tard, le leader chiite a fait une apparition à la télévision pour annoncer la destruction imminente d’une vedette israélienne (Voir par ailleurs). Dans un autre bulletin, al-Manar a précisé en outre que les avions israéliens ont également ciblé un appartement jouxtant le bâtiment de la radio du Hezbollah. Un incendie s’est déclaré dans l’appartement atteint et d’épais nuages noirs se dégageaient d’une des fenêtres.Pour la première fois depuis le début des combats mercredi, l’État hébreu a ciblé dans la nuit de jeudi à vendredi la banlieue sud, en réponse à la multiplication des roquettes lancées contre son territoire par le parti chiite.Au moins 46 civils dont des enfants ont été tués dans les bombardements de l’aviation, de l’artillerie et de la marine israéliennes qui ont visé à deux reprises l’aéroport international de Beyrouth, 21 ponts, des bases du Hezbollah et de l’armée libanaise, des routes et des habitations.Un couple et leur huit enfants ont péri dans leur maison à Doueir, de même que sept membres d’une même famille dans leur maison à Baflay, dans le Sud.L’aviation israélienne avait auparavant largué des tracts au-dessus du pays appelant les Libanais à éviter les lieux où se trouve le Hezbollah.Les raids ont également visé dans la banlieue sud un pont qui mène à l’ancienne route de l’aéroport international de Beyrouth. Ce pont a été entièrement détruit. Un autre pont a été touché à plusieurs endroits à Bir el-Abed.Un troisième pont dans la banlieue sud a été bombardé à deux reprises.La place de Ghbayré a été détruite dans les bombardements. Des façades de magasins et de bureaux, dont des banques, ont été éventrées. Les bombardements se sont, par ailleurs, poursuivis sur la banlieue sud, et la défense antiaérienne est entrée en action.L’aviation israélienne a bombardé en outre dans la nuit de jeudi à vendredi le pont Sfeir dans la banlieue sud de Beyrouth, a annoncé la police libanaise.L’AIB, trois fois ciblé. Dans la matinée, l’aéroport international de Beyrouth avait été bombardé une nouvelle fois, tandis qu’un de ses réservoirs de fuel, touché durant la nuit, brûlait encore intensément.Une source gouvernementale libanaise a toutefois démenti qu’un bâtiment de l’aéroport international de Beyrouth ait été touché hier, précisant que les nouveaux raids avaient seulement visé les pistes.Selon un officier de l’armée libanaise sur place, « un hangar de la Middle East Airlines (MEA, la compagnie aérienne libanaise) situé sur les pistes a été visé mais pas le bâtiment » lui-même.C’est la quatrième fois que l’aéroport est bombardé depuis le début de l’offensive israélienne.Coupures électriques. Entre-temps, les Libanais se sont retrouvés comme aux pires heures des 15 ans de guerre qui ont secoué le pays, sans électricité dans certaines zones, après le bombardement de la centrale de Jiyé dans la nuit de jeudi à vendredi.À Beyrouth hier, la plupart des commerces avaient leurs rideaux baissés, après le bombardement de la banlieue sud.Les raids israéliens par air et mer ont été dévastateurs : outre la centrale électrique et l’aéroport de Beyrouth, 21 ponts au total ont été détruits depuis mercredi, non seulement sur les principaux axes, mais sur des voies parallèles également. À sept reprises dans la nuit de jeudi à vendredi, la route internationale Beyrouth-Damas, comme l’avaient craint de nombreux Libanais, a été bombardée et coupée à la circulation.Israël a en outre effectué des raids sur des centres du Hezbollah aux abords du Hermel, touchant également une base du mouvement palestinien prosyrien FPLP-CG dans la Békaa, située à Qoussaya, à moins de deux kilomètres de la frontière syrienne.C’est la première fois que des positions palestiniennes prosyriennes sont prises pour cible par Israël depuis le début de son offensive au Liban mercredi.Par ailleurs, l’aviation israélienne a bombardé hier à l’aube la région de Naqoura, proche de la frontière libano-israélienne, tirant quatre missiles air-sol.
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3 comments:

Katia said...

Chère Pamela,
mes parents sont bien au Liban. Et comme vous tous, ils restent bien cloués devant la télévision et tout blottis dans la maison. Mes pensées s'en vont pour toutes les familles et surtout pour tous les jnoubieh (moi qui en suis une). A peu près, rien de tes nouvelles n'arrivent aux Etats-Unis. C'est l'ignorance totale de la gravité de la situation. Oui on n'en parle un peu dans les nouvelles, mais tout juste pour justifier les attaques israélites et condamner Hesbollah. Surtout ne perdez pas courage dans ce temps difficile. Nous savons comment survivre. La vie nous en a bien appris. La guerre horrible nous rend le gout amer et c'est ca...rien que de l'amertume qui subsiste dans notre coeur, à voir toute cette destruction. Et quand ce sont des gens qui meurent, c'est dévastant.
Vous tous etes dans nos prières et nos pensées.
Et si l'histoire de notre pays est à croire: Le Liban, le Phoenix se relève toujours de ses cendres en dépit de tous les évènements...
A bientot
katia

Anonymous said...

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Anonymous said...

En parlant de prière, regardez cela au Kotel : www.tzetel.com